Christophe Lachnitt

Passionné par les nouvelles technologies, emballé par les Etats-Unis, intrigué par les neurosciences. Ignorant de tant de choses, curieux d’autant. Drogué aux flux RSS. Savoure chaque jour comme une vie précipitée et privilégiée depuis que, en 2001, mon destin faillit basculer à jamais un jour de mai. A l’aise dans le changement et la prise de risques qui permettent de progresser… ou pas. Convaincu que nous sommes moins responsables de ce qui nous arrive que de la manière dont nous réagissons à ce qui nous arrive.

Resent PostsView all

Lecture : “Why America Is Not a New Rome” par Vaclav Smil (2010, 240 pages)

23
Oct

Un livre qui ne répond pas vraiment à la question qu’il pose.

Vaclav Smil, un professeur de l’Université de Winnipeg, est considéré par Foreign Policy comme l’un des penseurs les plus influents au monde. C’est donc encore plus modestement que d’habitude que je vais me permettre d’émettre un avis pas très éclairé sur son livre. :-)  Cet avis, en l’occurrence, sera plutôt négatif.

Smil s’attaque bille en tête à la comparaison éculée entre l’Amérique moderne et la Rome impériale pour juger qu’elle n’a aucune valeur car les deux Etats sont par trop différents. Il nous assène des monceaux de données historiques, économiques, sociétales et environnementales pour soutenir son point de vue. Et il écrit dans sa conclusion que l’émergence de l’Amérique moderne et de la Rome antique, deux événements uniques en soi, constitue à la fois la similitude entre les deux sociétés et la raison de leurs différences fondamentales. C’est une rhétorique habile mais cela ne nous fait pas beaucoup progresser quant à la pertinence de l’analogie qu’il est censé analyser.

En démontant ladite comparaison, Smil, certes, nous instruit mais il ne répond pas vraiment à la question que son livre est supposé traiter. Deux entités peuvent être très différentes et pourtant être comparables. Si tel n’était pas le cas, il faudrait retirer toute analogie de notre système de pensée ce qui, vous l’avouerez, serait fort dommage.

Son ouvrage est donc très intéressant dans une certaine mesure mais il m’a semblé étriqué intellectuellement en refusant l’idée même de la comparaison qui est pourtant à son origine. “Why America Is Not a New Rome” aurait beaucoup gagné à ce que Vaclav Smil y intègre un minimum d’uchronie.

NOTE : D.

 

    Leave your comment