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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Capulet et Montaigu des temps modernes

Comment reconnaît-on un héros dans une entreprise ?

Peter Thiel a donné ces dernières semaines une série de cours aux étudiants du département de Sciences informatiques de l’Université de Stanford (plus d’informations disponibles sur le blog de Blake Masters) que j’ai évoquée à plusieurs reprises sur Superception. Thiel fut l’un des co-fondateurs de PayPal et le premier investisseur extérieur dans Facebook. Génie pluridisciplinaire, milliardaire, libertaire et visionnaire, il est à 44 ans l’une des figures les plus respectées de la Silicon Valley.

Il tint récemment les propos suivants devant ses élèves : “Pour être vraiment grand, vous devez être prêt à vous battre pour des raisons aussi fines qu’une coquille d’oeuf. N’importe qui peut se battre pour des choses qui comptent. Les vrais héros se battent pour ce qui n’a aucune importance“.

A l’appui de son assertion, il cita “Roméo et Juliette”, une tragédie dans laquelle deux familles semblables se haïssent et se combattent, finissant même par perdre de vue l’objet de leur querelle.

William Shakespeare – (CC) Books18

Est-ce là un modèle recommandable pour le monde de l’entreprise ? Certainement pas.

En premier lieu, Thiel, peut-être trop centré sur lui-même, se trompe malheureusement lorsqu’il affirme que n’importe qui peut se battre pour des choses qui comptent. Il n’a en effet jamais été démontré que le courage était proportionnel à l’ampleur de l’enjeu. On pourrait même penser que la pression – et donc la peur – croît avec l’importance de l’enjeu (sauf naturellement pour les cas extrêmes ou sa survie est en cause).

Mais, au-delà de ce constat, il importe surtout de souligner que les Capulet et Montaigu sont les pires ennemis de la réussite de toute entreprise. Ils font perdre au collectif le sens des priorités en se mobilisant pour des sujets sans importance. Et ils entretiennent stérilement une ambiance belliqueuse qui ne peut qu’aller à l’encontre de la cohésion indispensable à la performance de tout corps social.

Dans l’entreprise, le vrai héros est celui qui fait passer l’intérêt collectif avant ses petits sujets d’attention individuelle, celui qui ne se concentre pas sur la coquille d’oeuf mais sur la préparation de l’omelette.

Se battre pour des vétilles est, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, un signe d’oisiveté extrême, pas d’héroïsme.

Un commentaire sur “Capulet et Montaigu des temps modernes”

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“To be truly great, you have to be willing to fight for reasons as thin as an eggshell. Anyone can fight for things that matter. True heroes fight for what doesn’t matter. ”

Pas tout à fait d’accord avec votre interprétation. Je pense que pour Thiel n’importe qui peut se battre pour les choses qui comptent, sous-entendu, ce n’est pas pour autant que tout le monde le fait. Le vrai héros, lui, le fait mais en plus il est prêt à se battre pour des choses sans importance en transcendant l’éventuelle absence de motivation objective. N’est-il en effet pas plus “grand” de faire les choses pour rien ?

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