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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Un désaccord est un signe de respect

Dans l’écrasante majorité des structures pyramidales, il est convenu de manifester le respect que l’on porte à un supérieur hiérarchique avant de lui exprimer un désaccord1. Cette pratique ne rend service à personne.

En premier lieu, le respect ne se décrète pas ; il se mérite. Ce n’est pas parce qu’un collaborateur proclame aussi artificiellement que mécaniquement sa considération pour la personne à laquelle il s’adresse qu’il éprouve véritablement cette estime.

En outre, cette déférence obligée avilit le débat en mettant le collaborateur en situation d’infériorité vis-à-vis du manager dans la discussion qu’ils s’apprêtent à avoir. Ainsi, consciemment ou inconsciemment, celle-ci sera-t-elle influencée par le rapport de forces qui vient d’être rappelé.

De ce fait, la conclusion de leur échange pourra ne pas dépendre uniquement de la valeur de leurs idées mais résulter par exemple du manque d’écoute du manager ou de sa propension à utiliser des arguments d’autorité, de la retenue du collaborateur à challenger son éminent interlocuteur ou de sa crainte d’être pris en défaut en assumant un risque intellectuel.

(CC) gwaar

(CC) gwaar

Au contraire, le vrai respect, à mon sens, consiste à donner son meilleur et à dire sa vérité. Je suis à cet égard du même avis que Ted Kennedy qui demandait :

Quelle utilité d’avoir des conseillers qui se contentent d’être d’accord avec moi ? Je peux être d’accord avec moi si c’est ce que je veux“.

J’ai toujours appliqué cette approche en tant que managé vis-à-vis de mes patrons, en cherchant davantage à les servir qu’à leur plaire, et en tant que manager vis-à-vis de mes collaborateurs, en leur demandant de me remettre en question pour me faire progresser.

Il ne s’agit naturellement pas d’être en désaccord systématique avec son supérieur hiérarchique mais simplement d’être soi-même avec lui. En effet, c’est toujours de l’échange de vues, pas de l’obséquiosité, qu’émerge l’étincelle.

Par ailleurs, tous les managers peuvent s’enrichir des compétences ou de l’expérience de leurs collaborateurs : comme l’écrivait en 2004 le gourou américain du management, Peter F. Drucker, dans l’un de ses articles de référence pour The Harvard Business Review, “le dirigeant universellement génial n’existe pas“. Si les managers ne prennent pas l’habitude d’être ouverts dans toutes leurs discussions avec leurs subordonnés, ils en auront perdu le réflexe lorsque celui-ci leur sera le plus utile.

Last but not least, le désaccord est un signe de respect car la franchise induit un dévoilement de soi, de ses idées, de ses intentions et de ses émotions. Or ce dévoilement ne peut se faire que dans un climat de confiance réciproque entre les interlocuteurs. Sinon l’affirmation d’une divergence tourne immanquablement au pugilat.

On l’observe aussi dans notre vie personnelle : on intègre d’autant mieux une contradiction qu’elle émane d’une personne que l’on respecte. Le respect autorise et s’enrichit de l’expression d’un désaccord.

Mais, pour boucler ce cercle vertueux, le manager et son collaborateur ont chacun une responsabilité :

  • le manager doit écouter ;
  • le collaborateur doit comprendre que, après l’avoir entendu, le devoir du manager est de trancher et que sa décision n’ira pas forcément dans son sens.

Au fond, l’intelligence du désaccord est aussi mutuelle que l’exigence du respect.

1 On dit ainsi en français “sauf votre respect” ou “avec le respect que je vous dois” et en anglais “I respectfully disagree.

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