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Toute vérité n'est que perception

Sens de l’existence : la vie imite le sport bien plus que le sport n’imite la vie

Le football américain nous a offert deux leçons de vie ces derniers jours et il n’est pas nécessaire d’être amateur de ce sport pour les savourer.

Il y a un mois, l’Université d’Alabama (Crimson Tide) affrontait celle de Géorgie (Bulldogs) en finale du championnat national. Au début de ce match, Jalen Hurts, le quarterback (ou “quart arrière”, poste le plus important d’une équipe de football américain) d’Alabama comptait 26 victoires en 28 matches comme titulaire. Pourtant, à la mi-temps, alors qu’Alabama était mené 0 à 13, son entraîneur lui signifia qu’il devait laisser sa place à un débutant, Tua Tagovailoa. Celui-ci réalisa alors une prestation d’anthologie.

Tous les joueurs, à la place de Jalen Hurts, auraient plus ou moins agressivement fait connaître leur rage d’être ainsi supplantés par un coéquipier beaucoup moins coté qu’eux. D’ailleurs, les caméras de la grande chaîne de sports américaine ESPN cadrèrent très régulièrement le visage de Hurts durant toute la seconde mi-temps pour ne pas rater le moindre geste d’humeur de sa part (images que ne montre pas le résumé du match reproduit ci-dessous).

Le comportement du jeune joueur fut à l’inverse de ce que tout le monde attendait : il ne cessa d’encourager, de féliciter et de prendre dans ses bras son rival à chaque succès de celui-ci. Après que ce dernier eut réalisé durant la prolongation une exceptionnelle passe de 41 yards pour donner la victoire à son équipe, Hurts participa au tour d’honneur avec ses coéquipiers, arborant un sourire éclatant et faisant preuve d’une joie de vivre sans pareille.

Votre réaction, en lisant ces lignes, est peut-être de me prendre pour un grand naïf et de penser que Jalen Hurts a simulé toutes ses réactions pour ne pas ruiner davantage sa carrière. C’est en effet la perception à laquelle l’attitude de tant de sportifs professionnels (logiquement) égoïstes nous a programmés depuis des années.

Jalen Hurts – (CC) Thomson200

Après le match, le jeune joueur expliqua sa réaction :

Il était important pour moi de rester fidèle à moi-même, d’être qui je suis, d’être le leader que je suis, quelles que soient les circonstances. C’est mon devoir de me comporter ainsi et de faire les choses avec authenticité.

En tant que compétiteur, il est évident que je voulais rester en jeu. Mais en tant que membre d’une équipe et leader, vous devez faire ce qui est préférable pour l’équipe. Si cette décision était ce qu’il y avait de mieux pour l’équipe, je la soutiens complètement”.

L’attitude de Jalen Hurts trouva un écho lors du Super Bowl, la finale du championnat professionnel de football américain, dans les déclarations de Nick Foles, le quarterback des Philadelphia Eagles dont l’époustouflante prestation aida son équipe à défaire les favoris New England Patriots et être élu meilleur joueur du match.

La relation entre les deux épisodes est d’autant plus forte que Nick Foles est en quelque sorte le Tua Tagovailoa des Eagles. Ballotté de club en club au cours de sa carrière, il était remplaçant à Philadelphie jusqu’à ce que le titulaire du poste, Carson Wentz, se blesse gravement dans la dernière partie de la saison régulière. Il le remplaça alors et offrit au club le premier titre de son histoire.

Nick Foles à la fin du Super Bowl avec sa fille – (CC) Patrick Smith/Getty Images

Au terme du Super Bowl, cet anonyme du football devenu sa plus grande star du moment déclara :

Je pense que l’aspect le plus important est de ne pas avoir peur d’échouer. Dans notre Société, on expose toujours ses meilleurs moments sur Twitter et Instagram. Quand vous consultez ces réseaux et que vous avez eu une mauvaise journée, que vous vous comparez avec ce que les autres mettent en ligne, vous vous dites que vous êtes en situation d’échec.

L’échec fait partie de la vie. Cela aide à développer son caractère et progresser. Sans échecs, qui serions-nous ? Je ne serais pas ici si je n’avais pas chuté des milliers de fois. Fait des erreurs.

Nous sommes tous humains, nous avons tous des faiblesses et je pense que, dans cette aventure, il a été important pour moi d’être transparent à ce sujet. Je sais que, pour ma part, j’écoute lorsque d’autres personnes parlent de leurs faiblesses. Parce que cela résonne.

Je ne suis pas parfait. Je ne suis pas Superman. Certes, je viens de gagner un Super Bowl mais j’ai encore des difficultés au quotidien“.

Ces deux histoires nous offrent des leçons de vie qui motivent mon emprunt à Oscar Wilde pour le titre de cet article. La vie n’a d’intérêt que dans le sens que nous lui donnons, sens que le sport, comme l’art1, magnifie.

A cet égard, rien ne remplace la sincérité, cette vérité de l’âme. Sincérité vis-à-vis de soi-même comme dans le cas de Jalen Hurts et sincérité vis-à-vis des autres comme dans celui de Nick Foles. Les sincérités de ces deux joueurs se rejoignent dans leur appréhension de l’échec, non pas comme une fin mais comme le début d’une phase d’apprentissage2.

Or les deux joueurs parviennent à cette conclusion à partir de situations opposées : Jalen Hurts, le prodige déchu, commence son parcours d’apprentissage alors que Nick Foles, le héros improbable, achève le sien… pour l’instant.

De fait, un revers n’est rien d’autre que le côté opposé de la réussite.

1 Sujet de la phrase d’Oscar Wilde.

2 Et je crois savoir de quoi je parle en matière de dépassement de revers.

2 commentaires sur “Sens de l’existence : la vie imite le sport bien plus que le sport n’imite la vie”

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Cher Christophe, c’est toujours un plaisir de vous lire ! Je me permet d’échanger à propos de votre toute dernière phrase : “un revers n’est rien d’autre que le côté opposé de la réussite.”
Si j’ai bien compris la morale de l’histoire ici, c’est que l’échec (ou le revers) n’est qu’une étape VERS la réussite.
Loin d’être son opposé, l’échec est nécessaire et incontournable. Aussi, plus on échoue, et plus on se rapproche de la réussite, au contraire de s’en éloigner.
J’imagine que c’est ce que vous avez voulu dire ici, mais c’était simplement pour préciser.
Merci de nous régaler avec vos articles de grande qualité, je ne cesse de promouvoir votre blog !
Amicalement, Cédric

Cher Cédric,

Merci pour votre message et votre fidélité.

Vous avez parfaitement compris. 🙂

Bien à vous.

Xophe

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