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Management : le dilemme dit de Neymar

Sur quelle passion fonder sa carrière ?

Le talent de Neymar n’est plus à démontrer. Sa passion du jeu, que j’analysais après son arrivée au Paris Saint-Germain, non plus. Mais cette passion demeure individuelle au sein du club francilien où le génie brésilien ne s’est pas (encore) affirmé comme le leader sportif1.

A mon sens, cette absence de leadership s’explique largement par son manque d’exemplarité. De fait, un individu ne peut prétendre guider les autres s’il ne leur montre pas la voie à suivre. Or, dans ce domaine, le comportement de Neymar laisse significativement à désirer.

Un individu ne peut prétendre guider les autres s’il ne leur montre pas la voie à suivre.

Sa soirée d’anniversaire au bout de la nuit à moins de dix jours du premier choc contre le Real Madrid, son tournage d’une publicité plusieurs heures durant dans le froid suivi d’une gastroentérite plus ou moins imaginaire pour sécher un entraînement l’avant-veille de sa blessure2 et ses autres écarts ne l’ont pas empêché d’étaler sa classe sur le terrain face aux petites équipes. Mais cet éclat ne s’est jamais retrouvé dans les matches les plus importants du PSG en Ligue 1 et Champions League3.

On n’imagine pas les plus grands tels que Roger Federer (lire ici le témoignage de Fabrice Santoro à son propos), Michael Jordan ou Tom Brady se comporter ainsi en intermittents du professionnalisme.

Neymar – (CC) Ricardo Nogueira @ Instagram

A cet égard, l’exemple de Tom Brady mérite qu’on s’y arrête.

Brady est sans conteste le meilleur quarterback (quart arrière, le poste le plus important) de l’histoire du football américain. Son mariage avec le mannequin Gisele Bundchen ajoute une perspective glamour à son statut d’immense star.

Or Tom Brady organise sa vie quotidienne hors du terrain en fonction de sa soif inextinguible de victoire sur le terrain. La série “Tom vs Time” (diffusée sur Facebook Watch) qui le suit durant une saison est riche d’enseignements dans ce domaine.

Au sein de son équipe des New England Patriots, son statut de monument de son sport pourrait aisément lui conférer une condition exceptionnelle faite de déférence extrême et de passe-droits. Sa vision de son rôle de leader fait que c’est tout l’inverse : non seulement Tom Brady est traité comme tous ses coéquipiers par son coach mais il est plus souvent qu’à son tour soumis à des critiques particulièrement acerbes de la part de ce dernier afin de montrer que personne n’est au-dessus du collectif, pas même sa plus grande star. C’est ainsi que Brady s’est constitué probablement le plus beau palmarès de l’histoire du premier sport professionnel américain.

Chez Neymar, il semble que la passion du jeu prévale sur la passion de la victoire. Ce yin et ce yang du sport sont souvent complémentaires chez les plus grands champions mais pas toujours. A cet égard, la vedette du PSG se rapproche davantage de Ronaldinho que de Ronaldo.

Cette préférence ne justifie aucun jugement de valeur sauf possiblement de la part du Paris Saint-Germain qui n’est pas certain de récupérer sa mise sur le plan sportif si le surdoué brésilien ne change pas d’approche. Mais le PSG est un club trop faible et trop faisandé pour faire montre de quelque exigence que ce soit vis-à-vis de sa tête de gondole.

Ce que l’on peut appeler le dilemme de Neymar – l’opposition dialectique entre passion d’une activité et passion de la performance – se retrouve dans le monde de l’entreprise. Ici aussi, l’apophtegme de Jean Cocteau, “le talent sans travail n’est qu’une sale manie“, doit être une boussole en matière de recrutement et d’avancement.

Trop nombreux en effet sont les managers qui se laissent éblouir par les dons d’un collaborateur sans examiner avec rigueur leur traduction concrète dans ses résultats.

1 A cet égard, la réaction de ses coéquipiers lors de sa sortie sur blessure il y a quelques jours fut révélatrice : son équipe ne se souda pas autour de lui pour l’accompagner hors du terrain, faisant montre d’une quasi indifférence.

2 Avec un lien de causalité entre ces épisodes qui ne sera jamais ni confirmé ni infirmé.

3 Alors qu’il fut l’auteur de prestations décisives dans les grands rendez-vous au sein des équipes de Barcelone et du Brésil, ce qui questionne au fond sa motivation pour rejoindre notre capitale.

2 commentaires sur “Management : le dilemme dit de Neymar”

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Très juste. Cela s’applique également en politique ou en entreprise. Combien de fois entendons-nous les médias commenter au sujet d’une nomination: “c’est un esprit brillant” etc. et au final la personne en question s’avère décevante dans son job.

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