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Toute vérité n'est que perception

La principale erreur de communication d’Obama

Et, désormais, lui-même en est conscient.

Barack Obama a été interviewé aujourd’hui sur la chaîne américaine CBS. Répondant à Charlie Rose qui lui demandait quelle fut sa plus grande erreur au cours des trois années et demie écoulée (cf. vidéo ci-dessous), il expliqua :

L’erreur de mon premier mandat a été de penser que le rôle de Président consistait seulement à mettre en oeuvre des politiques pertinentes. C’est important. Mais, en tant que Président, il faut aussi raconter au peuple américain une histoire porteuse d’unité, de vision et d’optimisme, surtout durant ces temps difficiles.

Lorsque j’étais candidat, tout le monde disait que je pouvais prononcer de grands discours mais les gens s’interrogeaient sur ma capacité à assumer la fonction présidentielle. Puis, au cours de mes deux premières années de mandat, l’opinion générale était que je prenais à bras le corps des enjeux lourds pour le pays mais que je ne savais pas indiquer aux Américains où je voulais les mener. Et je pense que c’était une critique légitime“.

Puis, relancé par Charlie Rose, il indiqua qu’il devait améliorer sa capacité à inspirer ses concitoyens et à expliquer sa politique.

C’est naturellement une excuse facile – et régulièrement utilisée par les dirigeants politiques – que de mettre en exergue comme principale faiblesse la forme de leur communication pour s’exonérer sur le fond de leur politique. Mieux vaut accepter d’être pris en défaut sur ses prises de parole que sur ses prises de décision relatives à la résorption du chômage ou à la relance de l’économie…

Le 12 janvier 2009, lors de sa dernière conférence de presse au terme de son second mandat, George W. Bush avait lui aussi cité sa communication comme son principal regret lorsqu’un journaliste lui avait demandé quelles avaient été les erreurs de sa Présidence : “Clairement, mettre une bannière ‘Mission accomplie’ sur un porte-avions fut une erreur. Cela convoya un message différent de celui que nous voulions communiquer. Il est évident qu’une partie de ma rhétorique a été inopportune“.

Ce recours facile d’Obama à ses erreurs de communication pour s’extraire d’un débat sur les résultats obtenus durant son magistère n’a évidemment pas échappé au candidat républicain à la Maison-Blanche, Mitt Romney. Sa réponse, cinglante et elle aussi assez facile, n’a pas tardé : “Le Président Obama considère que des millions d’Américains ont perdu leur maison, leur emploi et leur niveau de vie parce qu’il n’a pas su leur raconter une belle histoire. Etre Président ne consiste pas à raconter des histoires. Etre Président consiste à diriger son pays. Or le Président Obama n’a pas été un bon leader. Il n’est donc pas étonnant que les Américains aient perdu foi dans sa Présidence“.

Au-delà des facilités tactiques des uns et des autres, il demeure une réalité que j’avais déjà soulignée il y a plus d’un an : face au déluge d’informations et d’émotions auquel nous sommes soumis de la part des médias en tout genre, l’une des premières missions d’un leader est de donner du sens à son action, et ce d’autant plus lorsque celle-ci a une influence aussi grande sur la vie de ses publics cible que celle d’un chef d’Etat.

Or la seule manière de donner du sens est de suivre un fil rouge et de maintenir une cohérence dans sa communication. Un leader qui change de message régulièrement n’a aucune chance de convaincre son audience de la pertinence et de la crédibilité de ses décisions. C’est pourquoi la capacité à communiquer une vision – même si elle simplifie le projet mis en oeuvre – différencie souvent les grands leaders des managers à la petite semaine. Mitt Romney le réalisera s’il accède à la Maison-Blanche après une campagne dans laquelle lui aussi rencontre des difficultés à cet égard.

Quoi qu’il en soit, il est indéniable que le talent de communication dont Obama a fait montre au cours de sa double campagne contre Hillary Clinton puis John McCain s’est évaporé aussitôt les portes du Bureau ovale franchies. S’il ne veut pas les franchir prématurément dans l’autre sens, Obama va devoir se reprendre rapidement ou compter sur les insuffisances (significatives) de son adversaire pour l’emporter le 6 novembre prochain.

 

* Référence à son discours du mois de mai 2003 sur le pont du porte-avions Abraham Lincoln au cours duquel il déclara que les opérations de combat en Irak étaient terminées… plusieurs années avant leur terme effectif.

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