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Toute vérité n'est que perception

Le journalisme citoyen, menace sous-estimée par les politiques ?

Des dirigeants parmi les plus expérimentés ont été piégés.

Roger Simon, l’éditorialiste politique en chef de POLITICO, faisait une remarque très intéressante il y a quelques jours : éloigner les leaders politiques des journalistes ne suffit désormais plus à éviter un dérapage médiatique car chaque citoyen peut devenir un reporter.

En effet, les deux principaux écarts de langage relatés par les médias lors des deux dernières campagnes présidentielles américaines furent commis par les candidats dans des cénacles où aucun journaliste n’était présent.

En 2008, Barack Obama exposa lors d’une réunion privée de récolte de fonds organisée à San Francisco (Californie) avec un prix d’entrée de 1 000 dollars par personne que, “lorsque les électeurs des petites villes sont gagnés par l’amertume, ils s’accrochent aux armes, à la religion, à l’antipathie contre les gens différents d’eux, au sentiment anti-immigration ou anti-libre commerce pour expliquer leurs frustrations“.

Mayhill Fowler, une donatrice d’Obama présente à cette session, enregistra les propos du candidat et les publia sur son blog (qui est repris par The Huffington Post) après avoir hésité quelques jours à ce faire en raison de leur teneur. Obama fut obligé de reconnaître qu’il s’était mal exprimé. Blâmée par l’équipe du futur Président, Fowler expliqua qu’elle avait réagi comme journaliste citoyenne plutôt que comme supportrice d’Obama (à la campagne duquel elle avait pourtant versé 2 300 dollars). Dernier détail non négligeable et qui illustre l’ampleur du phénomène : Mayhill Flower avait 61 ans au moment des faits.

Mitt Romney et Barack Obama, piégés à quatre ans d'intervalle par le journalisme citoyen - (CC) Barack Obama

Mitt Romney et Barack Obama, piégés à quatre ans d’intervalle par le journalisme citoyen – (CC) Barack Obama

En 2012, la même mésaventure arriva cette fois à Mitt Romney. Au cours d’un déjeuner privé de récolte de fonds tenu à Boca Raton (Floride) avec un prix d’entrée de 50 000 dollars par personne, il déclara que “47% des Américains voteront pour le Président en exercice quoi qu’il arrive : 47% des Américains qui sont avec lui, qui sont dépendants du Gouvernement, qui croient qu’ils sont des victimes, qui considèrent que le Gouvernement est responsable de prendre soin d’eux, qui croient qu’ils ont droit à l’assurance maladie, à des repas, à un logement, etc. Mon travail ne consiste pas à m’inquiéter au sujet de ces personnes. Je ne les convaincrai jamais qu’ils doivent devenir responsables et assumer leur propre vie“.

Un barman enregistra une vidéo de l’événement et les images furent publiées sur le site de Mother Jones, un magazine libéral (au sens américain du terme, c’est-à-dire à la gauche de l’échiquier politique outre-Atlantique). Romney fut contraint, comme Obama, d’avouer avoir mal formulé sa pensée.

On notera pour conclure que, en ligne avec la distinction que j’opérais hier, Obama fut impacté moins longtemps par son dérapage car celui-ci correspondait très peu à son image dans l’électorat américain que l’incartade de Mitt Romney, laquelle fit au contraire résonner les attributs de perception les plus négatifs du candidat républicain.

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