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Cordée alpine et esprit d’équipe : la tarte à la crème

Je blogue ce soir depuis Chamonix où je passe le week-end pour grimper. L’occasion de tuer l’un des mythes les plus éculés de la littérature managériale : l’idée que la cordée alpine incarnerait la quintessence de l’esprit d’équipe.

Il n’est pas question pour moi de nier le formidable lien qui unit les membres d’une cordée : on ne confie pas sa vie à quelqu’un et ne prend pas la responsabilité de sa vie sans qu’une relation particulière s’établisse. Cette relation peut être limitée au temps de l’escalade s’il n’y a pas d’affinités autres que la montagne pour la cimenter une fois les alpinistes revenus sur la terre plate. Elle peut être le ferment d’une relation amicale plus profonde si les hasards de la vie le décident.

(CC) emkladil

L’esprit d’équipe existe donc dans la cordée. Mais il n’est pas aussi pertinent qu’on le dit souvent comme modèle managérial pour deux raisons au moins :

  • une raison qui tient au collectif tout d’abord : on n’entretient pas la même relation au travail et en paroi. En cordée, l’esprit d’équipe est imposé si l’on veut survivre alors que, dans un groupe professionnel, il constitue toujours une option. Cela change absolument tout dans la manière dont la relation se développe : on peut grimper pour la première fois avec un inconnu qui nous exaspère et pourtant devoir forger avec lui instantanément un esprit d’équipe assez fort pour que l’on se fasse mutuellement confiance en engageant nos vies. Si tel était le cas en entreprise, la vie de manager en serait éminemment simplifiée 🙂 ;
  • ensuite et surtout, une raison qui tient à l’individuel : l’alpinisme est un sport solitaire pratiqué en équipe. Même encordé, il est toujours un moment où le grimpeur, quel que soit son niveau, se retrouve confronté à lui-même, à ses insuffisances, à ses peurs – et c’est ce qui le motive. Les moments de vérité, en montagne, sont des moments de solitude : personne ne pourra faire le prochain pas à votre place, personne ne pourra vous abstraire d’un moment de doute. Dans ces moments-là, le mensonge n’a pas sa place. On peut se mentir au pied d’une voie, on ne se mentira pas lorsqu’on sera parvenu au passage clé. En montagne, on ne triche pas ou du moins pas longtemps.

Au final, je crois que ce que l’alpinisme apprend le plus n’est donc pas tant l’esprit d’équipe que le dépassement de soi – on ne se bat jamais contre la montagne mais contre soi-même – et la responsabilité – chacun de nos actes en paroi peut avoir de graves conséquences.

C’est précisément pourquoi l’alpinisme est un si beau sport !

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