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Toute vérité n'est que perception

Le combat des Horaces et des Curiaces de la presse à La Nouvelle-Orléans

A la différence de la légende narrée par Tite-Live, ils se battent dans une seule ville. Mais leur duel n’en est pas moins féroce.

Le paysage de la presse de la capitale mondiale du jazz a beaucoup évolué ces dernières années.

En mai 2012, The Times-Picayune, une institution locale depuis 177 ans, annonça qu’il passait d’une publication papier quotidienne à une parution seulement trois jours par semaine pour se focaliser sur son édition numérique. Il licencia 200 collaborateurs dont 80 journalistes.

La Nouvelle-Orléans devint ainsi la première grande ville américaine dénuée de presse quotidienne. La population et les élites locales réagirent en manifestant virulemment leur désapprobation. Celle-ci était d’autant plus amère que The Times-Picayune avait joué un rôle décisif dans la gestion de l’ouragan Katrina.

The Advocate, le grand journal de Bâton-Rouge, la capitale de l’Etat située à 130 kilomètres au Nord des rives du Lac Pontchartrain, saisit alors cette opportunité pour lancer une édition locale, The New Orleans Advocate, livrée quotidiennement chez ses lecteurs. Quelques mois plus tard, The Times-Picayune contre-attaqua en créant TP Street, un tabloïd vendu dans la rue les jours où son édition-mère n’est pas diffusée.

Le duel entre The New Orleans Advocate et The Times-Picayune incarne les deux approches les plus répandues aujourd’hui dans l’appréhension par la presse écrite de la crise qui la frappe. Comme The Orange County Register par exemple, The New Orleans Advocate parie sur la fidélité des lecteurs au média papier, alors que The Times-Picayune mise sur leurs nouveaux usages numériques.

La Nouvelle-Orléans - (CC) Christophe Lachnitt

La Nouvelle-Orléans – (CC) Christophe Lachnitt

Ainsi que le relate USA Today qui y consacrait récemment un article, ce duel conduit ses deux protagonistes à innover et proposer de nouveaux services à leurs lecteurs. The New Orleans Advocate renforce sa couverture de l’actualité locale grâce aux importants investissements consentis par son nouveau propriétaire (30 journalistes recrutés, souvent parmi ceux congédiés par son concurrent). De son côté, The Times-Picayune bâtit sur sa brillante tradition de journalisme d’investigation. Conséquence : les deux titres progressent au rythme de leur rivalité.

Sur le plan économique, le bilan est plus contrasté. Certes, The New Orleans Advocate est rentable, grâce à des tarifs publicitaires, moins chers que ceux de son concurrent, qui ont attiré de gros annonceurs locaux. Cependant, il demeure une activité de niche (25 000 exemplaires quotidiens), The Times-Picayune étant plus connu sur ses terres (115 000 exemplaires les jours où il paraît). Mais, même ce dernier connaît une situation financière tendue, et ce malgré les mesures d’économies prises en 2012.

Quelle que soit la stratégie adoptée, la vie est aujourd’hui difficile pour les groupes de presse écrite. C’est peut-être le dernier point commun entre les Horaces et les Curiaces de La Nouvelle-Orléans.

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