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Toute vérité n'est que perception

Le droit à l’erreur, indissociable du droit de savoir

La Société de la transparence peut-elle aussi être celle de la tolérance ?

Nous vivons plus que jamais à l’époque du droit de savoir dans laquelle chaque fait et geste du moindre acteur de l’actualité est soumis au jugement du tribunal de l’opinion publique.

Ce règne de la transparence absolue déboulonne les plus belles statues. En effet, comme le disait Hegel, “il n’y pas de héros pour son valet de chambre“. La raison en est toute simple : la perfection n’étant pas de ce monde, l’intimité est le plus sûr tueur de mythes.

Or, à l’ère d’Internet, la planète médiatique est devenue une gigantesque chambre dans laquelle chacun découvre avec effroi les petites et grandes faiblesses de ceux qui pouvaient jadis passer pour des demi-dieux.

Il est donc indispensable, si nous ne voulons pas que nos perceptions se réduisent à des aigreurs, que nous tempérions ce droit de savoir par une reconnaissance de l’imperfection humaine et, partant, du droit à l’erreur.

Uli Hoeness - (CC) Harald Bischoff/Lizenz

Uli Hoeness – (CC) Harald Bischoff/Lizenz

Un épisode de l’actualité nous fournit une parfaite occasion de mettre cette bonne résolution en pratique.

Il concerne la chute d’Uli Hoeness, joueur éminent de l’équipe de football d’Allemagne de la plus belle époque et jusqu’à ce jour Président de l’un des plus grands clubs européens, le Bayern Munich.

Hoeness est un héros outre-Rhin pour son palmarès brillant et sa reconversion exemplaire. Il avait remporté tous les titres possibles sur le terrain et gagné le respect de tous en dehors. Son entreprise de saucisses était florissante. Il avait fait du Bayern Munich l’un des clubs les plus sains financièrement (une rareté) et les plus performants sportivement du monde, et ce sans le soutien d’un investisseur milliardaire. Last but not least, il était apprécié pour ses valeurs humanistes et leur concrétisation dans son activité philanthropique.

Son parcours était donc exemplaire jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par une énorme fraude fiscale (plus de 27 millions d’euros) causée par son goût immodéré – et son talent indéniable – pour la spéculation boursière. Il a été condamné hier à trois ans et demi de prison ferme et a annoncé aujourd’hui qu’il ne ferait pas appel et qu’il démissionnait de la direction du Bayern Munich.

Sa déclaration officielle est remarquable de dignité : “après une discussion avec ma famille, j’ai décidé d’accepter la décision du tribunal de Munich. J’ai demandé à mes avocats de ne pas former de pourvoi en cassation. Cela correspond à ma conception de la décence, de la responsabilité personnelle. Cette évasion fiscale, c’est l’erreur de ma vie. Je tire les conséquences de cette erreur“*. Plutôt, comme tant d’autres, que de se chercher des excuses, Uli Hoeness assume ses responsabilités.

La Société de la transparence donne à sa disgrâce le même éclat que celui dont elle ceignait ses succès. Son parcours jusque-là exemplaire et l’honneur dont il fait preuve suffiront-ils pour que cette transparence se double de tolérance ? La deuxième chance est-elle encore un idéal vraisemblable alors que le miroir que nous tend la sphère médiatique est de plus en plus déformant ?

* Source de la déclaration d’Uli Hoeness : Le Monde.

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