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Toute vérité n'est que perception

Etonnante décision de la justice néo-zélandaise sur le distinguo entre blogueur et journaliste

L’affaire jugée concernait une plainte pour diffamation déposée par Matthew Blomfield, l’un des dirigeants de Hell Pizza, contre Cameron Slater, auteur du blog Whale Oil Beef Hooked*.

Ainsi que le relate la Fondation Nieman pour le journalisme de l’Université de Harvard, Slater avait accusé Blomfield de vol, fraude, corruption, trafic de drogue et pornographie. Excusez du peu ! En première instance, il avait été jugé qu’il n’était pas journaliste et qu’il devait donc révéler l’identité des sources lui permettant de porter ces accusations.

Slater fit appel, soulignant qu’il avait révélé dans le passé plusieurs informations sur son blog et qu’il traitait régulièrement avec des informateurs désirant rester anonymes, toutes pratiques qui devraient lui permettre d’être considéré comme un journaliste.

La Cour d’appel se rangea à ses arguments, faisant valoir que “la définition (d’un média) n’impose pas de critères de qualité et ne requiert pas la diffusion des informations dans un format particulier”. Le juge souligna que Whale Oil Beef Hooked, même si son style et son fonctionnement sont critiquables, rend bien compte de l’actualité dans certains domaines.

(CC) Whale Oil Beef Hooked

(CC) Whale Oil Beef Hooked

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En effet, le paradoxe est que les journalistes néo-zélandais, comme dans d’autres pays, peuvent se voir imposer par la justice la révélation de l’identité de leurs sources lorsque le juge considère que cela sert l’intérêt général. C’est la position qui fut prise dans cette affaire par la Cour d’appel qui, après avoir déclaré que Cameron Slater était bien un journaliste, lui demanda de trahir la confiance de ses informateurs afin que “sa défense puisse être évaluée de manière appropriée“.

Au-delà des contradictions de ce jugement, je reste circonspect sur l’attribution de la qualité de journaliste aux blogueurs. A mes yeux, le champ de compétences des journalistes ne doit pas être réduit à la seule relation de l’actualité (lire ici et ici).

Ainsi que je l’ai déjà expliqué sur Superception, la profession journalistique doit aussi reposer sur une rigoureuse éthique : le compte-rendu le plus honnête possible des faits, l’évitement de toute confusion entre relation factuelle et opinion, la parole donnée à toutes les parties concernées par un dossier, le respect des sources, la prise en compte des conséquences de ses actes…

Ma conviction est que cette éthique fait partie intégrante de la compétence journalistique. Or il me semble très naïf de penser qu’elle est appliquée par tous ceux qui sont aujourd’hui honorés du titre de journaliste parce qu’ils rendent compte, d’une manière ou d’une autre, d’un fait d’actualité.

* Whale Oil suit l’actualité politique néo-zélandaise avec une optique de centre droit et compte deux millions de visiteurs uniques par mois.

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