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Toute vérité n'est que perception

La leçon de management de David Bowie

Toute sa vie, David Bowie fut un caméléon musical et artistique.

Son audace n’eut de limites que son talent – c’est dire qu’elle fut infinie. Contrairement à tant d’artistes qui finissent par se caricaturer par peur de déplaire à leur public, Bowie prit souvent ses fans à contre-pied.

C’est finalement son point commun le plus saillant avec les deux icônes de mon Panthéon musical personnel, Paul McCartney et Prince.

Avec les Beatles, Macca inventa presque toute la pop music moderne puis continua son exploration dans sa carrière solo, par exemple avec son premier album (qu’il faillit dénommer “McCartney Goes Too Far1) ou son duo expérimental The Fireman.

Quant à Prince, il refusa toujours de produire de la musique ressemblant exclusivement à l’étiquette funk que ses premiers succès lui avaient accolée2. Ses albums et incomparables concerts – où il hésite moins que toute autre star à revisiter l’oeuvre de ses devanciers – sont de perpétuelles expéditions en “terra musica incognita“.

Comme Bowie, McCartney et Prince sont des multi-instrumentistes dont l’inspiration ne peut être entravée par une quelconque limitation technique. Comme McCartney et Prince, Bowie imprégna tous les styles musicaux qu’il explora de sa personnalité profonde. La réelle sincérité ne se travestit pas même lorsqu’elle se transforme.

En se réinventant continûment, David Bowie inventa les autres. Il conçut plus souvent qu’à son tour des alchimies musicales qui devinrent – plus ou moins rapidement selon la vitesse de maturation du public et des autres musiciens – des courants créatifs.

Bowie fut d’ailleurs parfois perturbé par sa propre réussite, comme lors de la sortie de l’album “Let’s Dance” en 1983. Il n’imaginait pas que ce son très innovant rencontrerait un tel succès populaire, succès qui le conduisit à s’interroger sur son intégrité artistique. Il se sentit obligé de “nourrir la bête” commerciale, ce qui le plongea pendant quelques années dans une impasse créative3.

Il expliqua plus tard qu’il regardait alors les foules qui venaient le voir en concert en se demandant si elles partageaient vraiment ses goûts musicaux, ce qui tendait à le déprimer. Il sortit de cette crise en 1989 en formant le groupe Tin Machine, précurseur de la vague grunge. En clair, il redevint leader au lieu de suivre ses fans.

(CC) Jon Phillips

(CC) Jon Phillips

Au fond, la leçon de David Bowie est double : c’est en changeant que l’on reste soi-même et c’est en se mettant en danger que l’on se sauve.

C’est un enseignement précieux pour les patrons d’entreprise et les managers. Exclure d’évoluer, en effet, c’est refuser tout à la fois de se développer et de s’adapter à un monde en perpétuel mouvement.

Or la vie n’est rien d’autre qu’un apprentissage sans fin et, partant, une remise en question sans limite. Apprendre, expérimenter, se transformer, ce n’est pas se renier mais progresser afin de se donner toutes les chances de se réaliser et s’accomplir.

Il s’agit d’une démarche d’autant plus vitale que le monde bouge sans cesse. L’irruption de nouveaux pays sur la scène économique internationale, les innovations technologiques permanentes et la révolution numérique rendent la concurrence à laquelle sont confrontées les entreprises toujours plus âpre. Dans ce contexte, le plus grand danger est l’immobilisme.

1 “McCartney va trop loin”.

2 Quoi de commun par exemple, outre le génie de Prince, entre “Diamond and Pearls”, “Kamasutra“, “One Nite Alone“, “Sign ‘o’ the Times“, “Truth” et “Xpectation“?

3 Steve Pond, “Beyond Bowie”, Live!, mars 1997 / David Fricke, “Art Crime”, Rolling Stone, 19 octobre 1995 / Scott Cohen, “David Bowie Interview”, Details, septembre 1991 (via Wikipedia).

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