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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

“Instant Articles” de Facebook profite bel et bien aux médias

Une meilleure expérience est synonyme d’un plus fort engagement.

Le nom de la fonctionnalité d’intégration de contenus tiers sur les “murs” des membres de Facebook insiste sur la rapidité d’accès auxdits contenus par rapport au temps (8 secondes en moyenne selon le groupe de Mark Zuckerberg) nécessaire pour charger une page web dont le lien URL a été publié sur notre “mur”.

En effet, avec “Instant Articles“, les contenus sont hébergés sur les serveurs du premier réseau social de la planète et sont dépourvus de nombreux modules publicitaires et statistiques qui ralentissent habituellement le chargement des pages Internet.

Plusieurs données communiquées par des producteurs de contenus montrent que cette meilleure expérience favorise l’engagement des internautes. En effet, depuis qu’ils utilisent “Instant Articles“,

(CC) Facebook

(CC) Facebook

Ces statistiques confirment ce que j’écrivais sur Superception lors du lancement de la fonctionnalité “Instant Articles :

Ce lancement suscite beaucoup de débats sur les relations entre Facebook et les producteurs de contenus.

A mon sens, la plus élémentaire lucidité impose en premier lieu de constater que, au premier trimestre 2015, Facebook comptait 1,44 milliard d’utilisateurs actifs et qu’un tiers des Américains y découvrent régulièrement l’actualité. La puissance médiatique du groupe de Mark Zuckerberg n’est donc ni un mirage ni une ambition ni la vue d’un esprit paranoïaque : elle représente une réalité incontournable pour des groupes de presse en grande difficulté du fait de la double révolution des usages des internautes et des vecteurs de monétisation publicitaire.

Comme je l’expliquais dans l’analyse détaillée que j’avais publiée sur Superception lors des premières fuites relatives à “Instant Articles“, les producteurs de contenus n’ont d’autre choix que d’accepter l’offre de Facebook, et ce d’autant plus que nous savons désormais qu’elle est extrêmement attractive.

Selon The Wall Street Journal, le groupe de Mark Zuckerberg laisserait aux médias 100% des revenus générés par les publicités qu’ils vendront pour les contenus publiés avec “Instant Articles” et 70% de ceux produits par des publicités vendues par ses propres soins.

En outre, les médias pourront utiliser leur propre système de publication et appliquer leur charte graphique à leurs contenus. Last but not least, ils auront accès aux données statistiques relatives à leurs contenus.

Il faudra naturellement surveiller si ces conditions contractuelles seront durables ou si elles constituent le moyen pour Facebook d’appâter les médias avant de les durcir ultérieurement lorsque le succès des “Instant Articles” auprès de ses membres rendra un retour en arrière trop préjudiciable.

Mais, dans le contexte actuel de déclin des groupes de presse et de surpuissance de Facebook dans la redirection de trafic vers les sites web des médias, “Instant Articles” constitue rien moins qu’une bouée de sauvetage pour beaucoup de producteurs de contenus.

Une aide n’a pas besoin d’être désintéressée pour être utile à son destinataire. Que cette approche soit mercantile de la part de Facebook et que celui-ci profite de sa puissance n’a rien d’étonnant : c’est la loi du business. Il est d’ailleurs aberrant que les dirigeants de groupes de médias et les journalistes qui professent une aversion pour Mark Zuckerberg attendent qu’il se comporte comme Mère Theresa.

Parfois, les acteurs du monde de la presse semblent encore être aveuglés par leur mission démocratique (informer les citoyens pour qu’ils votent en toute connaissance de cause). Ils se montrent réticents à accepter un environnement concurrentiel qui ne reconnaît pas leur exceptionnalisme et les oblige à abandonner le monopole publicitaire dont ils ont longtemps joui.

Facebook n’est pas une fondation à but non lucratif destinée à guérir la presse des maux causés par les erreurs qu’elle a commises ces vingt dernières années. Elle est une entreprise qui lutte avec ses concurrents (Google, Snapchat, Tencent…) et construit son propre avenir.

Ce faisant, il se trouve qu’elle propose aux producteurs de contenus un accord très avantageux. Sera-t-il pérenne ? Rien, dans le monde des affaires, n’offre jamais une garantie de durabilité absolue. Par contre, l’immobilisme de la presse lui promettrait une mort certaine”.

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