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Toute vérité n'est que perception

L’orgueil est-il vraiment la condition de l’intégrité ?

Nos valeurs contribuent à définir qui nous sommes.

C’est ce que montrent par exemple les travaux de David Barker et Morgan Marietta, deux chercheurs américains en sciences politiques, relatés dans leur livre One Nation, Two Realities: Dueling Facts In American Democracy qui vient de paraître.

Les données qu’ils ont collectées à partir de sondages réalisés durant cinq ans (2013-2017) outre-Atlantique signalent que le premier indicateur de la réaction des électeurs à l’égard du racisme n’est ni leur idéologie ni leur affiliation partisane ni leur type de consommation médiatique ni même leur appartenance ethnique : il s’agit du degré auquel ils considèrent la compassion comme une valeur importante. Il en va de même pour la certitude, partagée mêmement chez les Démocrates et les Républicains malgré l’absence totale de preuves, que les vaccins causeraient l’autisme : elle s’explique par le seul corpus de valeurs des intéressés.

De fait, comme David Barker et Morgan Marietta le soulignent, nos valeurs ne déterminent pas seulement ce que nous voyons mais aussi ce que nous cherchons à voir : c’est ce qu’ils appellent “l’épistémologie intuitive”. Nos valeurs influencent donc notre perception du monde qui nous entoure car nous les projetons sur les faits que nous observons (cette théorie de l’épistémologie intuitive rejoint d’ailleurs le postulat exprimé dans le manifeste de Superception).

(CC) Tumisu

Ainsi donc, nos valeurs nous définissent-elles. De ce fait, les individus qui renient leurs principes pour plaire à la puissance en place renoncent à une partie d’eux-mêmes. Ils considèrent que leur identité a peu de prix ou qu’elle peut être sacrifiée au service d’un objectif de pouvoir. C’est ce qui amène nombre de commentateurs américains à s’interroger sur l’amour-propre des politiciens qui abjurent leurs convictions les plus anciennes pour obtenir un poste dans l’Administration de Donald Trump.

Les personnes qui se comportent ainsi, dans l’univers politique ou le monde corporate, privilégient leur identité extérieure – celle projetée par leur statut – sur leur identité intérieure – celle constitutive de leur personnalité. Ils font primer l’estime des autres à leur endroit sur leur estime de soi ou, dans certains cas, compensent un déficit de la seconde par un supplément de la première.

Faut-il en déduire que les orgueilleux, qui ont une estime de soi hypertrophiée, seraient moins enclins à renier leur identité et, partant, leurs principes ? L’orgueil, comme la sagesse populaire le souligne, peut jouer un rôle à cet égard mais d’autres facteurs entrent également en ligne de compte, tels que l’empathie, le courage et la loyauté.

En définitive, je suis convaincu que c’est le sens que nous donnons à notre vie qui, plus que tout autre critère, conditionne le respect de nos valeurs. Comme l’a énoncé Bill Bernbach, cofondateur de l’agence DDB,

Un principe n’est un principe que s’il vous coûte quelque chose“.

Pour quelle(s) valeur(s) sommes-nous prêts à consentir un réel sacrifice ?

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