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Toute vérité n'est que perception

Kobe Bryant, Donald Trump et la force de la vérité

Cette semaine, avec le décès de Kobe Bryant et le procès de Donald Trump, illustre les différences de caractère révélées par le rapport des individus aux faits.

C’est une réalité trop souvent occultée, y compris dans les médias : le mensonge est l’arme des faibles, ceux dont les actes et les arguments ne se suffisent pas à eux-mêmes. A chaque fois que quelqu’un travestit les faits à son bénéfice, il croit projeter sa force en manipulant ses contradicteurs. En fait, il signale son impuissance à emporter l’adhésion sur ses seuls mérites.

Cette vulnérabilité concerne la relation du menteur aux autres et sa vision de lui-même : il est aussi inapte à convaincre ses interlocuteurs qu’à s’accepter tel qu’il est. Le mensonge à soi-même est d’ailleurs le plus grave car il est la matrice de toutes les manipulations.

Le domaine politique illustre parfaitement ce rapport entre vérité et mensonge : ce sont les leaders qui se revendiquent les plus forts qui mentent le plus pour conquérir et conserver le pouvoir. Les dictateurs de tout poil, qui se présentent comme les sauveurs de leur pays, sont incapables de démontrer la pertinence de leur magistère autrement que par le travestissement de la réalité.

L’apprenti autocrate qu’est Donald Trump nous fournit un énième exemple de ce phénomène à l’occasion de son procès en destitution au sein du Sénat. Tandis que les preuves s’accumulent du chantage qu’il a effectué l’été dernier auprès du Président ukrainien pour que celui-ci annonce le lancement d’une enquête judiciaire (sans le moindre fondement) contre Joe Biden, alors candidat démocrate présumé à la prochaine présidentielle, Donald Trump empile les mensonges.

Ses avocats (Alan Dershowitz, Kenneth Starr…) et thuriféraires au Congrès (Lindsey Graham, Mitch McConnell…) vont même jusqu’à déclarer exactement l’inverse, en matière de principes constitutionnels et juridiques, de ce qu’ils affirmaient lors du procès en destitution de Bill Clinton. En définitive, leur malhonnêteté intellectuelle expose davantage la faiblesse de leur position que la force de leur caractère.

Kobe Bryant au Staples Center de Los Angeles en 2009 – (CC) Christophe Lachnitt

En sport, la force de caractère ne peut se fonder sur des mensonges, sauf, évidemment, dans le cas des adeptes du dopage tels que Lance Armstrong. On n’entend ainsi pas Simone Biles, Roger Federer ou Lionel Messi exagérer leur palmarès.

La compétition sportive repose sur des faits objectifs et c’est ce qui la rend si difficile et admirable : la seule manière pour les champions d’améliorer leur performance est de prendre conscience de leurs déficiences et consentir le travail physique, technique et mental nécessaire pour les surpasser.

Il se trouve que Kobe Bryant était connu pour son éthique de travail et son refus du moindre compromis à cet égard : son exigence personnelle le conduisit par exemple à marquer deux lancers francs après s’être rompu un tendon d’Achille.

Son obsession de l’excellence l’isola parfois des autres joueurs et du public. Mais elle finit par lui gagner le respect de tous et lui permit de se construire un palmarès hors du commun : cinq titres de champion NBA conquis dans la même équipe, deux titres de meilleur joueur des finales et quatrième meilleur marqueur de l’histoire de la ligue.

Il expliquait à ce sujet :

Quand on dit que quelque chose ne peut pas être réalisé, on réduit ses chances de l’accomplir. Mon cerveau ne peut pas traiter l’échec. Il refuse d’admettre l’échec. Car, si je devais m’asseoir, faire face à moi-même et me dire que je suis un échec, je pense que ce serait presque pire que la mort. […]

Lorsque vous vous levez tôt et que vous travaillez dur, lorsque vous veillez tard et que vous travaillez dur, lorsque vous n’avez pas envie de travailler, que vous êtes trop fatigué, que vous ne voulez pas vous dépasser mais que vous le faites quand même. C’est en réalité là que vous vivez votre rêve. Ce n’est pas la destination qui importe, c’est le voyage. Et si vous pouvez comprendre cela, vous ne réaliserez pas vos rêves ; vous accomplirez quelque chose de plus grand encore“.

Kobe Bryant ne se mentait pas à lui-même. Il travaillait plus que quiconque pour valoriser un talent naturel déjà extraordinaire. C’est cette force, née du respect de la vérité des faits, qui explique certainement que, au contraire de Donald Trump qui divise les Américains, “Kobe” les réunit depuis son décès dans un hommage unanime.

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