Fermer

Ce formulaire concerne l’abonnement aux articles quotidiens de Superception. Vous pouvez, si vous le préférez, vous abonner à la newsletter hebdo du site. Merci.

Abonnement

Fermer

Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

La chimère d’une absence de hiérarchie

A ses débuts, le studio de production cinématographique DreamWorks voulut établir une organisation sans hiérarchie*. Ce fut un bide.

DreamWorks SKG fut fondé en 1994 par Steven Spielberg, Jeffrey Katzenberg (ancien adjoint de Michael Eisner chez Disney) et David Geffen (producteur de musique), trois des plus prestigieuses figures d’Hollywood. Le credo de DreamWorks lors de sa création était de faire passer l’art – et les artistes – avant le business. Les collaborateurs du studio croyaient avec ferveur dans cette mission et considéraient leur emploi davantage comme une vocation que comme un travail

(CC) Dan Farber

(CC) Dan Farber

Pris dans ce mouvement idéaliste, Jeffrey Katzenberg – qui manageait opérationnellement l’entreprise – décida de mettre en place une organisation sans titres afin de favoriser la démocratie dans le travail. Cette belle intention se révéla à l’origine de maintes difficultés :

  • à l’extérieur du studio, plus personne ne comprenait qui était en charge de quoi chez DreamWorks ;
  • au sein du studio, c’était pire encore. Les collaborateurs empiétaient sans cesse sur le territoire des autres. En outre, de petits empires – en clair des hiérarchies auto-établies – se formèrent. Enfin, en l’absence de structure hiérarchique, tout le monde rendait compte à Katzenberg : chaque collaborateur pouvait lui proposer un projet ou demander son arbitrage en court-circuitant allègrement sa ligne hiérarchique effective mais non officialisée. Certes, les employés appréciaient l’incroyable accessibilité du patron quel que soit le statut du quémandeur mais cette organisation – ou plutôt cette absence d’organisation – donna naissance à un culte de la personnalité ; le meilleur moyen de survivre était alors de s’adonner avec ferveur audit culte. DreamWorks devint de ce fait une entreprise où la politique interne prit le pas sur la performance.

Fort heureusement, Katzenberg eut l’intelligence de se rendre compte de son erreur et corrigea le tir, revenant à une organisation moins innovante mais plus efficace. En management comme en cinéma, les grands classiques tiennent le haut de l’affiche…

* Histoire tirée du livre de Nicole LaPorte, The Men Who Would Be King: An Almost Epic Tale of Moguls, Movies, and a Company Called DreamWorks.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Remonter

Logo créé par HaGE via Crowdspring.com

Crédits photos carrousel : I Timmy, jbuhler, Jacynthroode, ktsimage, lastbeats, nu_andrei, United States Library of Congress.

Crédits icônes : Entypo