Best Of Internet
- communication (IA) 35% des pages web publiées depuis le lancement de ChatGPT ont été rédigées ou fortement éditées par l’intelligence artificielle générative selon une recherche du Pew Research Center : How Much Of The Internet Is Written With AI?
- communication (IA) Au-delà des risques qu’ils présentent en matière de désinformation (géo)politique, les vrais-faux sites web créés avec des intelligences artificielles peuvent aussi perturber les activités de relations presse des marques : Fake Forbes Websites And The PR Agency Offering Guaranteed Coverage – At A Price
- communication (IA) Toujours à propos d’intelligence artificielle et de journalisme, cet exemple montre que des “journalistes” algorithmiques produisent désormais des scoops, à condition, à ce stade, qu’ils concernent des éléments existants accessibles en ligne : Oh Lord, AI Reporters Are Actually Breaking Big News
- communication (IA) Anthropic a dévoilé son projet de mise en œuvre, dans le monde entier, pour les textes générés par Claude (avec retrofit progressif pour les anciennes versions du modèle) des exigences de transparence de l’AI Act européen, lequel concerne les textes dépassant 200 tokens (soit environ 150 mots) : How Claude’s Text Watermark Works. Sa méthode consiste à faire en sorte que Claude choisisse certains mots afin de marquer statistiquement ses productions, ce qui permettra leur détection. Cette technique assure que cette identification demeurera possible lorsque les textes concernés seront copiés-collés. Mais la sémantique et la logique des textes générés par Claude seront impactées car l’optimisation de leur pertinence ne sera plus le seul objectif du modèle. C’est évidemment très problématique. En outre, un contenu pourra être identifié comme généré par Claude même s’il a été créé par un humain avant d’être traité par Claude et il restera identifiable même s’il est retravaillé par un humain après avoir été généré par Claude. A l’inverse, il n’est pas garanti que tous les contenus traités par Claude puissent être détectables. Le filet lancé par la Commission européenne est donc à la fois trop grand et troué. Quoi qu’il en soit, sa disposition renforce naturellement l’attrait pour les modèles privés ou ouverts
- communication (IA) Plusieurs mois après avoir reçu une mise en demeure de sa part, ByteDance a mis en place un cadre formel avec la Motion Picture Association (MPA) de Hollywood afin d’intégrer des protections du droit d’auteur dans ses modèles Seedance et Seedream : Hollywood Strikes First AI Copyright Truce With ByteDance. Souvenons-nous que le clip montrant Tom Cruise en train de se battre qui avait fait grand bruit avait été généré avec Seedance 2.0
- communication (IA) Alors qu’une mesure équivalente a été prise puis rejetée par le Conseil constitutionnel en France, il est intéressant de noter que les plates-formes numériques échouent, en Australie, dans la mise en œuvre des contrôles d’âge de leurs utilisateurs, ce qui rend inefficace l’interdiction locale des réseaux sociaux aux adolescents : Exclusive: Australia’s Teen Social Media Ban Fails To Clear First Hurdle In Age Checks, Says Study
- communication (IA) Ce fut une énième démonstration de l’absence de retenue des entreprises d’intelligence artificielle (“un homme, ça s’empêche”, écrivit fameusement Albert Camus) : l’outil de génération d’images Nano Banana 2 fut intégré à Google Earth, permettant de créer de fausses-vraies images satellite de scènes (géo)politiquement sensibles : How To Plant A Nuclear Plant In Iran. Après avoir initialement réfuté les critiques qui saluèrent son initiative délétère, Google prit enfin conscience de la gravité du problème et retira Nano Banana 2 de Google Earth : Google Withdraws New Earth AI Tool After Warnings Over Misinformation Risks. Il reste que le projet initial – fondé sur un pitch naïf consistant à offrir aux internautes la possibilité de recréer des lieux historiques ou de visualiser un projet immobilier – est à classer dans la catégorie des décisions dont il est difficile de comprendre comment elle a pu passer tous les stades de validation auxquels elle a dû être soumise
- communication (IA) Backstory, un outil algorithmique expérimental de Google, aide les journalistes à vérifier l’exactitude des images auxquelles ils sont exposés : Google’s New AI Tool Helps Fact-Checkers Investigate AI Fakes. En clair, l’intelligence artificielle générative aide à mitiger les risques qu’elle créée, une dynamique que l’on devrait voir se développer dans un nombre croissant de domaines, de la consommation énergétique à la cybersécurité en passant, donc, par la modération de contenus
- communication (IA) LinkedIn a introduit un bouton permettant à ses utilisateurs de signaler qu’une publication “semble avoir été médiocrement générée par une intelligence artificielle” : LinkedIn Introduces A ‘Seems Like AI Slop’ Button. Pour y accéder, il vous faut cliquer sur les trois points en haut à droite d’un post. Ce dispositif rencontre déjà un succès certain : One More Follow Up On AI Slop
- communication (IA) Le développeur américain Eric Lu a créé une police que seuls les humains peuvent lire – assez difficilement – et qui échappe donc à l’intelligence artificielle : Ghost Font
- communication (IA) Les annonceurs ne sont pas convaincus de la valeur ajoutée de l’outil d’intelligence artificielle que Meta les incite à utiliser pour leurs publicités : Meta’s AI Advertising Dreams Have Become A Nightmare For Brands
- communication (IA) Meta embrasse davantage encore l’extrême-droite américaine en concluant un partenariat avec Newsmax, une chaîne de télévision pro-Trump connue pour ses innombrables mensonges et récits complotistes, dont le groupe de Mark Zuckerberg va pourtant utiliser les contenus pour entraîner ses intelligences artificielles : Newsmax And Meta Enter AI Content Partnership
- communication (IA) Netflix a indiqué lors de la présentation de ses résultats trimestriels que l’intelligence artificielle générative avait été utilisée dans plus de 300 de ses productions depuis le début de l’année, un choix de communication qui est aussi intéressant que l’information qu’il révèle : Netflix, Inc. FQ2 2026 Earnings Call Transcripts
- communication (IA) OpenAI a indiqué que son activité publicitaire avait atteint un rythme de chiffre d’affaires annualisé d’un milliard de dollars, très loin de son objectif de collecter 2,5 milliards de dollars sur l’année 2026 : OpenAI’s Advertising Business Hits $1 Billion Annualized Revenue Run Rate
- communication (IA) Incidemment, OpenAI a annoncé, après six mois de tests outre-Atlantique, l’extension de son offre publicitaire sur ChatGPT à 31 marchés, dont la France et un grand nombre d’autres pays européens : ChatGPT Ads Expands Across Europe. En France, les annonceurs devront passer, à ce stade, par l’une de ces six agences : Dentsu, Havas, MediaPlus, Omnicom, Publicis ou WPP. Mais une plate-forme en libre-service destinée aux petites entreprises et aux entrepreneurs sera bientôt proposée
- communication (IA) La haine de la presse libre a conduit Donald Trump à une nouvelle absurdité civique : il a publiquement pris le parti d’OpenAI contre The New York Times dans le procès qui va les opposer pour violation du droit d’auteur du second par la première : US Government Backs OpenAI In New York Times Copyright Case. Cette déclaration pourrait évidemment influencer, directement ou indirectement mais certainement iniquement, l’appareil judiciaire qui va conduire ce procès
- communication (IA) Un nombre record de lauréats (cinq) et finalistes (trois) du prix Pulitzer ont déclaré avoir utilisé l’intelligence artificielle : A Record-Breaking Eight Pulitzer Awardees Disclosed AI Use This Year
- communication (IA) Runway, initialement spécialisée dans la génération de vidéos, a dévoilé Solaris, un modèle qui génère des interfaces visuelles interactives (e.g. sites web) en temps réel, image après image, plutôt que de s’appuyer sur une interface programmée : Introducing Solaris
- communication (IA) Quatre musiciens américains ont déposé plainte contre Suno devant un tribunal fédéral du Massachusetts : Musicians Sue A.I. Music Company For Imitating Their Voices. La plainte ouvre un nouveau front juridique contre l’Entreprise : elle ne porte pas sur le droit d’auteur, mais sur ce que les plaignants considèrent comme une imitation illicite du style personnel et de la voix de certains artistes. Selon eux, Suno aurait “encodé l’identité de musiciens dans son modèle d’intelligence artificielle afin de créer son produit commercial sans leur consentement et exploite désormais ces identités en utilisant publiquement les noms des musiciens pour engranger un considérable bénéfice”
- communication (IA) C’est une pratique astucieuse qui pourrait se développer dans les médias à travers le monde. The Food Section, un organe numérique qui couvre les enjeux liés à l’alimentation dans le sud des Etats-Unis, n’accepte plus les pitches que par téléphone (et via un formulaire Google) pour cesser d’être submergé par des propositions de sujet rédigées par l’intelligence artificielle : Facing A “Deluge” From AI, This Publication Will Only Take Pitches By Phone
- communication (IA) Nous avons probablement vécu un tournant dans la relation de la presse à l’intelligence artificielle générative avec l’acceptation du Wall Street Journal, cet été, que l’un de ses éditorialistes ait utilisé cette technologie, sans le signaler aux lecteurs, pour l’aider à rédiger l’un de ses éditoriaux. Une fois démasqué, Stanley Druckenmiller, fondateur de Duquesne Capital, a expliqué : “Bien sûr que j’ai utilisé l’intelligence artificielle. Il y a une raison pour laquelle je suis passé des études de littérature anglaise à l’économie. Je n’en ai pas honte. J’écris désormais tout avec l’intelligence artificielle, pour la même raison que j’utilise une calculatrice lorsque je fais des exercices de mathématiques” : Billionaire Stanley Druckenmiller’s WSJ Op-Ed Criticizing Bessent Was Written With AI. Or Paul Gigot, responsable des pages Opinions du Wall Street Journal, a défendu cette pratique, affirmant que “l’intelligence artificielle est une réalité de la vie moderne” et que “personne ne peut douter que cette tribune exprime réellement l’opinion de Stanley Druckenmiller” : Billionaire Admits Wall Street Journal Op-Ed Was Written Using AI: ‘I’m Not Embarrassed’. C’est une approche qui ignore que :
- Le fonctionnement de l’intelligence artificielle la pousse vers une forme de moyenne statistique de ce qu’elle a appris. Accepter benoîtement son emploi comme Paul Gigot peut représenter un renoncement à toute exigence en matière d’originalité rédactionnelle et stylistique (et sur le fond si elle est aussi mise à profit pour produire des idées)
- La presse écrite (dans ses formats papier et numérique) a déjà du mal à trouver des lecteurs : leur indiquer qu’une partie de ses contenus est écrit par l’intelligence artificielle générative ne paraît pas le meilleur argument pour les dissuader de consommer des contenus gratuits
- communication (IA) De manière beaucoup moins problématique, The Wall Street Journal et WIRED utilisent désormais l’intelligence artificielle pour personnaliser les prix de leurs abonnements : “This Price Was Set By An Algorithm”: News Subscribers Are Surprised By A New Line In Their Renewal Emails
- communication (IA) Face à la prolifération en ligne de “deepfakes” de leur père, les enfants de Robin Williams ont décidé de réactiver son compte Instagram afin de ne diffuser que des clips authentiques du génial acteur : As We Recognize What Would Be Our Dad’s 75th Year, We’re Grateful To See New Generations Discovering His Work
- communication (IA) xAI poursuit en justice un utilisateur, l’accusant d’avoir utilisé Grok pour créer des contenus pédopornographiques : Elon Musk’s xAI Sues User Over Allegedly Creating Child Sexual Abuse Materials With Grok. Cette démarche représente à la fois un retournement complet pour l’Entreprise, connue jusqu’à présent pour ses dérives éthiques avec Grok, et l’une des premières actions en justice intentées par une entreprise contre des utilisateurs soupçonnés d’avoir générés des contenus illégaux à l’aide de l’intelligence artificielle
- communication (IA) X est envahie par des “subtlefakes”, des images de célébrités légèrement modifiées avec l’intelligence artificielle pour les rendre plus provocantes : Subtlefakes: Slightly Altered Nonconsensual AI Images Are Taking Over X. Naturellement, ces contenus moins évidemment faux sont beaucoup plus dangereux et vont requérir des outils de vérification également plus subtils (cf. supra l’article consacré à Backstory)
- communication Dans la lignée des décisions incompréhensibles, BMW a obligé les propriétaire de ses véhicules de récente génération à visionner une publicité pour le dernier Spiderman en date avant qu’ils ne puissent utiliser leur voiture : BMW Owners Angry ‘Spider-Man: Brand New Day’ Ads Are Suddenly In Their Cars: “F*** This”
- communication Google a remporté une victoire juridique inespérée, à la manière de Meta (cf infra), avec le rejet par une juge fédérale américaine de la demande du ministère de la Justice visant à contraindre le Groupe à céder certaines parties de son activité d'”ad tech” pour corriger sa position anti-concurrentielle dans ce secteur : Google Avoids Breakup As Judge Orders Ad Tech Unit Changes. La juge a préféré des remèdes moins draconiens (pas encore rendus publics), alors même que, en avril 2025, elle avait reconnu Google coupable d’avoir monopolisé certaines parties du marché des technologies publicitaires, un secteur dans lequel Google aide notamment des sites indépendants à vendre des espaces publicitaires
- communication La contestation des centres de données aux Etats-Unis connaît une nouvelle forme d’expression médiatique avec le spot publicitaire, aussi vulgaire que viral, de la fort sympathique ancienne star du football américain Jason Kelce (le frère de Travis) qui, pour promouvoir sa marque de bière, encourage les Américains à en boire davantage et à envoyer leur surplus d’urine (!) afin d’aider au refroidissement desdits centres, lesquels sont notamment vilipendés pour leur grande consommation des ressources locales d’eau : Liquid Death x Garage Beer x Jason Kelce Want Your Pee
- communication Meta a comparu cet été devant un tribunal fédéral dans ce qui devait constituer le défi judiciaire le plus lourd de conséquences jamais lancé contre un géant des réseaux sociaux : Meta Faces ‘Astronomical’ Consequences As Legal Fight Reaches Critical Moment In California. Une coalition de 48 Etats américains menée notamment par la Californie – et son très actif procureur général Rob Bonta (également en pointe dans le dossier Paramount/Warner Bros. Discovery, cf. infra) à l’avenir politique local, voire national, certain – arguait que Facebook et Instagram ont été délibérément conçus pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants, tout en minorant et en dissimulant les risques créés pour les mineurs et en collectant des données sur eux. Il était possible que ce procès revête l’importance des grandes procédures intentées successivement contre les fabricants de tabac et les entreprises impliquées dans la crise des opioïdes, à la différence notable qu’il n’y a pas, contre Meta, les mêmes preuves scientifiques que celles qui existaient contre ces deux secteurs d’activité. Et, sans jeu de mots, cela n’aurait été que justice. J’écris depuis longtemps que, si le système politique et judiciaire américain fonctionnait normalement, Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg auraient tous deux fait un long passage derrière les barreaux – qui ne serait d’ailleurs probablement pas terminé – en raison de leurs responsabilités écrasantes dans les infamies qu’ils ont volontairement encouragées à travers les services de Meta : déstabilisation de démocraties, promotion de deux génocides/atrocités de masse, organisation de trafics humains, harcèlement d’innombrables personnes fragiles et commission de violences en tout genre, pour ne considérer que quelques exemples. On le constate avec cette liste incomplète, les effets de Facebook et Instagram sur les jeunes ne sont pas les pires offenses sur lesquelles ils devraient rendre des comptes à la Société. Or ce procès s’est terminé prématurément, avant l’audition de Mark Zuckerberg, par un accord qui verra Meta payer 18 milliards de dollars aux Etats et mettre en place de nouvelles protections sur Facebook et Instagram pour protéger les mineurs, en particulier l’instauration par défaut d’une limite quotidienne de deux heures, d’un mode nuit qui bloquera par défaut l’accès aux applications entre minuit et 6 heures du matin et d’un mode école désactivant les notifications push pendant les heures de classe, ainsi que l’interdiction de montrer des données d’engagements aux mineurs. Le mécanisme financier est très inhabituel : Meta ne versera que 70% du montant prévu tant que TikTok et YouTube n’auront pas accepté d’imposer par défaut aux mineurs une limite quotidienne et de verser chacun 5,3 milliards de dollars aux Etats. Meta verserait alors les 30% restants, soit également 5,3 milliards de dollars. Il s’agit d’une amende record pour le secteur de la Tech outre-Atlantique – le précédent record, déjà détenu par Meta, était de 942 millions – mais qui reste loin des 206 milliards d’amende infligés aux entreprises du tabac en 1998. Dans le reste du monde, le record de la Tech est détenu par Google qui dut payer 4,7 milliards de dollars à l’Union européenne pour abus de position dominante à propos de l’installation forcée de Chrome et Google Search dans Android. En réalité, ces 18 milliards de dollars, dont le paiement sera échelonné sur dix ans, représente une babiole : l’EBITDA de Meta pour l’année fiscale 2025 s’est élevé à 102 milliards de dollars ! La valeur de l’action de Meta a d’ailleurs augmenté à la suite de l’annonce de cet accord. Plus significatifs pourraient être les changements précités dans le fonctionnement de Facebook et Instagram. Et Meta reste exposé à plusieurs milliers d’autres procès potentiels. Au final, espérons que les mesures négociées avec le Groupe auront un réel effet sur l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes – l’expérience australienne (cf. supra) montre que le contournement des règles est aisé en l’absence d’un contrôle plus effectif -, tout en regrettant que les dirigeants de Meta s’en sortent à vil prix. Dernier bémol digne d’être noté : si j’ai bien compris, cet accord ne concerne pas l’application d’intelligence artificielle de Meta : l’ensemble du travail de régulation et de supervision judiciaire devra donc être accompli à nouveau pour ce service, sachant naturellement que les dangers induits par l’intelligence artificielle sont plus importants encore
- Soulignons d’ailleurs, dans le même domaine, qu’OpenAI a lancé cet été un ChatGPT dédié aux adolescents, avec la promesse, identique à celle de Meta dans ses différentes initiatives comparables, de renforcer la sécurité de son service pour ce public spécifique : OpenAI Launches ChatGPT For Teens. Nous pourrons juger sur pièces ce qu’il en sera vraiment, mais, pour dire le moins, le bilan éthique et sécuritaire d’OpenAI ne rassure pas a priori
- communication Cet accord est une nouvelle illustration des mutations à l’œuvre dans le secteur de la télévision et de la vidéo. NBCUniversal et YouTube ont signé un partenariat qui permettra notamment aux abonnés premium de la plate-forme vidéo de Google d’accéder à Peacock, le service de streaming du géant du divertissement : NBCUniversal And YouTube Ink Deal To Embed Peacock In The Video Platform For Premium Subscribers. Ce rapprochement placera YouTube en concurrence plus directe encore avec Netflix et elle aura accès à des programmes sans avoir à les financer
- communication Après avoir challengé les offres de bouquets de chaînes télévisées notamment proposées par les câblo-opérateurs américains, les plates-formes de streaming cherchent, pour limiter le taux de désabonnement de leurs clients, à se transformer en bouquets en mettant en place à leur tour des offres groupées : The Biggest Dogs In Streaming Want You To Use Only Their App
- communication La famille Ellison (Paramount) a accepté de reporter la finalisation de son projet d’acquisition de Warner Bros. Discovery pour 111 milliards de dollars jusqu’à l’issue d’un procès antitrust qui débutera en mars 2027 ou jusqu’en juin 2027 (selon l’échéance qui surviendra en premier) : Paramount Delays Closing Warner Buyout While Judge Considers States’ Challenge. C’est la conséquence de l’action judiciaire d’une coalition de douze procureurs généraux d’Etats américains qui cherchent à bloquer l’opération. Ce développement expose Paramount au paiement potentiel de plusieurs milliards de dollars d’indemnités de retard
- communication Cette interview du détestable Robert F. Kennedy Jr. (qui fait honte à son nom et son prénom) par l’excellente Dana Bash (CNN) est à la fois une leçon de journalisme et un remarquable exemple de la manière dont les complotistes ne peuvent s’en sortir qu’en mentant et en agressant leurs contradicteurs : Sparks Fly When RFK Jr. Is Pressed On Vaccines, Pandemic Prevention During CNN Interview. Le fait que les mensonges de RFK Jr. concernent le domaine médical les rend naturellement plus pitoyables encore
- communication Un juge du Nouveau-Mexique a statué que Meta doit verser 567 millions de dollars dans un fonds destiné à remédier à son rôle dans la crise de santé mentale des jeunes, en complément des 375 millions de dollars de pénalités déjà édictées : New Mexico Judge Orders Meta To Pay $567 Million Into A Child Mental Health Fund. Il s’agit de la dernière conséquence en date de la décision du juge, prise en mars, ayant reconnu la responsabilité de l’Entreprise à l’issue d’un procès portant sur la sécurité des enfants (voir la Newsletter Superception #479). Le Groupe devra également supprimer les comptes et toutes les informations personnelles recueillies à partir de comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 13 ans
- communication La nouvelle identité visuelle de TBWA vise à se distinguer très explicitement de la création algorithmique : TBWA Refreshes Global Visual Identity, Emphasizing The Human Touch
- communication The New York Times a perdu son premier procès en diffamation outre-Atlantique depuis plus de 50 ans : Jury Sides With Kai Spears In NYT Defamation Trial, Awards $9.25M In Damages. Un jury de l’Alabama a estimé que le Journal avait diffamé le basketteur Kai Spears dans un article de 2023 qui indiquait à tort qu’il se trouvait sur les lieux d’une fusillade mortelle à Tuscaloosa. Ledit jury lui a accordé 9,25 millions de dollars de dommages et intérêts, en attendant l’appel que le quotidien new yorkais ne va pas manquer de former
- communication L’activité publicitaire de X a généré 367 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, contre 1,08 milliard de dollars au deuxième trimestre 2022, avant l’acquisition de l’Entreprise par Elon Musk : SpaceX’s Earnings Show Elon Wiped Out Two-Thirds Of Twitter’s Ad Business. Elon Musk a donc fait disparaître les deux tiers de l’activité publicitaire de Twitter/X, et ce durant la période où il avait promis aux investisseurs de presque la tripler
- communication Ne vous enthousiasmez pas trop rapidement si le nombre de vues de vos vidéos sur YouTube augmente subitement car la plate-forme compte désormais une vue dès le lancement d’une vidéo (à la manière d’Instagram Reels et de TikTok) : YouTube Videos Are Going To Become More Popular – Without Becoming More Popular
- management (IA) C’est une initiative très intéressante : EY, qui a vécu les affres d’une utilisation non maîtrisée de l’intelligence artificielle, va investir dans des bonus récompensant ses collaborateurs qui font montre de qualités spécifiquement humaines (e.g. discernement, innovation, adaptabilité) dans leur travail avec cette technologie : Exclusive: Ernst & Young Is Giving $100 Million In Bonuses To Staff For ‘Human’ Skills. C’est un signe très positif à mes yeux que le focus passe de la quantité du travail effectué avec l’intelligence artificielle à sa qualité
- management (IA) Wayne Liang, cofondateur de HeyGen, a créé avec deux intelligences artificielles (celle d’avatars de HeyGen + agent d’OpenClaw) un clone de lui-même pour gérer les appels clients pendant son congé paternité. A son retour, il a découvert que l’agent avait engrangé plus de 100 contrats, mais aussi dérapé : I Went On Paternity Leave. My Agent Built A $3M Pipeline From 2,741 Conversations. Here’s The Code. En huit semaines, le clone a pris des appels avec 2 741 prospects au nom de Wayne Liang, signé 132 clients payants et ouvert 37 opportunités commerciales auprès de grandes entreprises, représentant environ 3 millions de dollars. Mais il a également inventé une offre à 4 800 dollars, envoyé à un client les notes internes de triage de HeyGen et promis des rendez-vous à partir d’un calendrier sur lequel personne ne s’était mis d’accord. HeyGen a corrigé ces problèmes en retirant au clone agentique certains pouvoirs de décision
- management (IA) Le dernier rapport en date de McKinsey sur l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des organisations est modérément plus optimiste que ses précédentes publications : The State Of AI In 2026: On The Road To ROI
- management (IA) Satya Nadella, CEO de Microsoft, a alerté, dans un post publié sur X, sur le fait que les entreprises d’intelligence artificielle recueillent auprès de leurs clients des informations susceptibles, à terme, de leur permettre de les concurrencer : The Reverse Information Paradox. C’est à la fois un avertissement pleinement justifié et un plaidoyer pro domo pour l’offre sécurisée du Groupe
- management (IA) Après Deloitte et EY, c’est PwC qui a publié plusieurs rapports truffés d’hallucinations : Chasing The Hallucinations: PwC Report Hallucinates Product And Government Customers. Comme je ne cesse de le répéter, le contrôle qualité va devenir l’une des étapes les plus importantes, voire la plus importante, de tout processus de production de contenus, quels qu’ils soient. Ce n’est plus qu’une question de communication ou de marketing : c’est un enjeu de management
- management Outre l’espionnage, l’invasion du marché de l’emploi américain par des agents nord-coréens a également une visée financière : Inside North Korea’s Operation To Conquer The American Job Market
- marketing (IA) D’après une enquête d’opinion réalisée pour l’agence de marketing Croud, 69% des Américains sont ouverts à l’idée qu’une intelligence artificielle réalise des achats en leur nom : The Croud Consumer Index: The Validation Economy. En outre, 73% des utilisateurs d’outils d’intelligence artificielle effectuent des recherches algorithmiques avant de décider un achat – l’intelligence artificielle pré-qualifie donc les prospects. Dans ce cadre, 39% des utilisateurs d’outils d’intelligence artificielle vérifient leurs recommandations auprès d’au moins quatre sources avant d’acheter et plus d’un tiers se tournent vers YouTube. La validation humaine continue donc de jouer un rôle
- marketing (IA) Ces données de Shopify confirment que la recherche générative compresse le tunnel de conversion : AI And Organic Search Are Doing Different Jobs: What Shopify’s Data Shows. Ses autres enseignements se présentent comme suit :
- La recherche générative remplit une fonction différente de la recherche traditionnelle dans le parcours d’achat : elle est particulièrement performante lorsque l’achat nécessite de raisonner, comparer et arbitrer entre plusieurs critères. La recherche traditionnelle demeure, elle, davantage utilisée pour la découverte et l’exploration dans les catégories où les goûts jouent un rôle important, lorsque les consommateurs ont déjà en tête une marque, un produit ou un style, et souhaitent garder le contrôle de leur parcours
- La recherche générative ne remplace pas la recherche traditionnelle : les deux recherches croissent d’ailleurs (+197% annuellement pour la première et +12% pour la seconde au deuxième trimestre de cette année en termes de trafic vers Shopify)
- La recherche traditionnelle reste évidemment très largement dominante en volume
- Les internautes envoyés par une intelligence artificielle vers une fiche produit convertissent environ 80% mieux que ceux provenant de la recherche traditionnelle et, dans les catégories les plus fondées sur des critères objectifs, environ deux fois mieux
- L’avantage de l’intelligence artificielle réside dans sa capacité à compresser la phase de considération et à envoyer vers les marques des consommateurs déjà très avancés dans leur parcours de décision
- Les visiteurs envoyés par une intelligence artificielle utilisant les données catalogue structurées de Shopify convertissent deux fois mieux que ceux provenant d’intelligences artificielles dépendant de données récupérées par scraping du web ou via des flux tiers
- 50% des visites issues de l’intelligence artificielle arrivent directement sur des fiches produit (et sont donc plus avancés dans le tunnel de conversion) : celles-ci deviennent souvent le premier contact du consommateur avec une marque et doivent immédiatement confirmer la recommandation de l’intelligence artificielle
- En synthèse, la recherche se rapproche de l’intention d’achat
- marketing (IA) Ces déclarations du CEO de Delta sont aussi révélatrices sur la manière dont les entreprises vont utiliser l’intelligence artificielle pour optimiser leur rentabilité que sur la difficulté de communiquer pertinemment vers plusieurs parties prenantes (en l’occurrence marchés financiers et prospects/clients). Ed Bastian a présenté la valorisation de l’intelligence artificielle au sein de la compagnie aérienne comme devant permettre d’optimiser ses décisions opérationnelles et de développer une personnalisation dynamique des prix appliqués aux voyageurs, ce que d’autres entreprises d’autres secteurs ont déjà commencé à développer (e.g. Uber) : Delta Air Lines CEO Signals Major Shift In What Travelers Pay. Absente de son discours est l’amélioration du service prodigué à ses clients
- révolution numérique La livraison par drone d’Amazon est une prestation remarquable… jusqu’à ce que le drone vous livre votre paquet dans votre piscine : Amazon Drone Delivery Drops Woman’s Package Into Swimming Pool
- révolution numérique Apple a accepté une série de changements majeurs relatifs à son App Store en Europe afin de régler un différend avec l’Union européenne : Apple Lowers App Store Fees In Europe To Settle Dispute With EU. Ainsi, les applications distribuées dans l’App Store et utilisant les paiements intégrés d’Apple lui verseront une commission de 26% (et 15% pour les abonnements au-delà de la première année) contre 30% jusqu’à présent. Les applications distribuées dans l’App Store mais utilisant leur propre système de paiement verseront une commission de 20%. Les applications de l’App Store renvoyant vers le web pour le paiement verseront une commission de 15%. Les applications distribuées en dehors de l’App Store verseront une commission de 5%. Ce dernier point est le plus étonnant et reflète certainement le plus la négociation globale entre Apple et la Commission européenne. Quoi qu’il en soit, le comportement prédateur d’Apple vis-à-vis des développeurs trouve là un premier obstacle qui pourrait bientôt être complété par les efforts des régulateurs américains : Apple Proposes To Take A 15% Cut Of Purchases Made Outside The App Store
- révolution numérique Toujours à propos des pratiques léonines d’Apple, le régulateur allemand a amené la marque à la pomme à faire évoluer probablement sa pratique la plus anti-concurrentielle et la plus hypocrite : Apple Changes Its Rules For Personalised Advertising In Apps. Elle concerne l’App Tracking Transparency (ATT), qui oblige les applications mobiles tierces sur iOS à obtenir l’autorisation des internautes avant de pouvoir suivre leurs données sur d’autres applications et sites web, alors même que les applications d’Apple opèrent de même
- révolution numérique Le dernier rapport en date de Bain sur le marché des jeux vidéo fait le point sur un secteur en plein bouleversement : Gaming Report 2026
- révolution numérique La Chine a récupéré avec succès le premier étage réutilisable d’une fusée, en le capturant dans un filet, plutôt qu’en le faisant atterrir de manière autonome ou en utilisant les fameuses “baguettes” de SpaceX : On July 10, 2026, China Caught The Falling First Stage Of A Long March 10B In A Net Strung Across S Ship At Sea, Becoming Only The Second Nation Ever To Recover An Orbital-Class Booster, And It Now Plans To Fly The Very Same Stage Again Before The Year Is Out
- révolution numérique L’Union européenne a infligé à Google une amende d’un milliard de dollars pour avoir enfreint les règles destinées à favoriser la concurrence dans les services numériques : Europe Fines Google $1 Billion For ‘Harming’ Rivals In A First Under Sweeping Online Law. C’est la première fois que l’Entreprise est sanctionnée en vertu du règlement européen sur les marchés numériques (Digital Markets Act)
- révolution numérique Le Royaume-Uni teste des drones navals et a constaté que leurs caméras envoyaient des signaux vers un serveur situé en Chine : Spy Cameras On Navy Drones Secretly Sent Data To China
- révolution numérique SpaceX va créer un site de lancement de sa fusée Starship en Louisiane en y investissant 100 milliards de dollars : Starbase Louisiana Will Ultimately Have Over A Dozen Launch Towers. SpaceX vise 2029 pour le premier lancement depuis cette base qui sera conçue pour réaliser plus de 30 vols de Starship par jour (!)
- révolution numérique Uber va acquérir le spécialiste allemand de la livraison de repas Delivery Hero, dont il détient déjà 25% du capital et que cette transaction valorise à 14,8 milliards de dollars : Uber To Buy Germany’s Delivery Hero For Around $14 Billion. Oute l’Europe, Delivery Hero est présent en Amérique latine et en Asie. L’Entreprise cédera ses activités dans certains marchés où elle est en concurrence avec Uber. Delivery Hero a réalisé 17,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, un montant comparable aux revenus générés par l’activité de livraison de repas d’Uber. Il s’agit de la plus grosse acquisition de l’histoire d’Uber
- révolution numérique (IA) Les nouveaux outils d’intelligence artificielle de l’été :
- Convertissez des PDF, captures d’écran et vidéos en présentations PowerPoint : CopySlides
- Créez des logos, des websites et d’autres objets graphiques : Design
- révolution numérique (IA) A ce stade, ces Jeux olympiques des robots sont kitsch : Scenes From The 2026 World Humanoid Robot Games. Pour combien de temps ?
- révolution numérique (IA) Les effets de la bulle de l’intelligence artificielle générative sur la macro-économie font l’objet de plus en plus d’analyses. Parmi celles-ci, je vous propose :
- Celle de l’ancien ministre britannique du Trésor Jim O’Neill sur la fragilité du marché obligataire américain dans laquelle il explique notamment : “Il se peut que le recours croissant des hyperscalers de l’intelligence artificielle* aux émissions d’obligations d’entreprise – plutôt qu’à leurs flux de trésorerie disponibles – pour financer leurs projets d’expansion ait un effet négatif sur les bons du Trésor, dont les rendements doivent augmenter pour rester compétitifs face à toute cette nouvelle dette émise”. A cet égard, la récente décision de la Fed (Federal Reserve) de racheter davantage de ses propres obligations d’Etat à long terme (10-30 ans) sur le marché reflète son inquiétude que la demande pour les obligations liées à l’intelligence artificielle n’impacte négativement celle pour les bons du Trésor : FOMC Minutes Tilt Hawkish: ‘Inflation Risks Skewed To The Upside’ Due To AI
* Les “hyperscalers” sont les géants du cloud opérant des infrastructures informatiques à très grande échelle tels qu’Amazon, Google et Microsoft
- Celle du Wall Street Journal qui montre que les dépenses des acteurs de la Tech dans l’intelligence artificielle sont supérieures de 3 000 milliards de dollars (!) à ce qu’elles paraissent car neuf grandes entreprises technologiques ont pris 3 000 milliards de dollars d’engagements hors bilan : Why Big Tech’s AI Spending Is $3 Trillion Higher Than It Seems
- Celle de Peter Berezin, Chief Economist au sein de BCA Research, qui estime qu’il faudra peut-être produire 10 000 milliards (soit 10 trillions) de dollars de revenus annuels avec l’intelligence artificielle pour rentabiliser les capitaux investis dans les centres de données
- Celle de Calum Williams, responsable du bureau de San Francisco de The Economist, qui, pour sa part, évalue ce montant à 2 500 milliards (soit 2,5 trillions) de dollars
- Ces deux calculs, malgré leurs différences, ont en commun d’être très très éloignés des revenus engrangés par le secteur de l’intelligence artificielle
- Dernier commentaire à ce sujet : les Républicains américains, qui, dans le sillage de Donald Trump, ont fait leur la cause des acteurs de l’intelligence artificielle commencent à s’en dissocier en nombre en raison (i) de leurs perspectives économiques de plus en plus fragiles et (ii) du rejet du public américain de plus en plus bruyant des centres de données (cf. supra), la conjugaison de ces deux facteurs les inquiétant dans l’optique des prochaines élections de mi-mandat – le second élément est naturellement plus dirimant dans ses effets à court terme. Alors qu’ils se vantaient l’an dernier d’avoir fait installer des centres de données dans leurs territoires, ils se targuent aujourd’hui de les refuser : Politicians Who Once Championed Data Centers Are Now Bashing Them. Faisant toujours dans l’empathie et la finesse, Donald Trump a condamné les collectivités locales opposées à l’installation de centres de données, affirmant qu’elles voulaient devenir “arriérées et pauvres” : The Only Reason That Communities Throughout The U.S.A. Should Not Want Data Centers
- révolution numérique (IA) Non sans rapport, cinq acteurs de l’intelligence artificielle (Alphabet, Microsoft, Amazon, Meta, Oracle) cumulent 1 650 milliards de dollars de “dette cachée” selon Nikkei Asia, c’est-à-dire d’obligations financières qui n’apparaissent pas dans leurs bilans, en complément de leurs dettes déclarées déjà considérables : Five US Tech Giants’ Hidden Debts Soar To $1.65tn On Opaque AI Funding. Il s’agit principalement de contrats portant sur des GPU et de baux de centres de données, qui ne sont comptabilisés qu’une fois les installations opérationnelles. Au fur et à mesure de l’entrée en service de ces centres de données, cette “dette cachée” arrivera à échéance. Oui, décidément, la bulle de l’intelligence artificielle n’est pas comme les autres : The AI Bubble Is No Ordinary Bubble
- révolution numérique (IA) Une analyse d’AlphaSense, un éditeur de logiciels qui commercialise des outils de recherche et d’analyse de marché dopés à l’intelligence artificielle, remet en cause l’idée reçue selon laquelle les modèles chinois à poids ouverts seraient moins coûteux que les modèles propriétaires d’Anthropic et OpenAI : Frontier AI Models Need Frontier Context: Why The Smartest Model Alone Won’t Win. Ces derniers sont en réalité moins dispendieux que leurs concurrents chinois. L’effet mis en exergue par cette recherche est qu’une intelligence supérieure peut rendre les modèles américains plus rentables malgré un prix par token plus élevé parce qu’ils utilisent moins de tokens pour accomplir une tâche. Les modèles ouverts conservent néanmoins certains avantages : une entreprise peut les faire opérer sur ses propres serveurs, à condition de disposer d’une puissance de calcul suffisante, et ainsi éviter les coûts facturés par des fournisseurs tiers. En outre, toutes les tâches ne requièrent pas les performances des modèles de pointe : des modèles ouverts moins perfectionnés peuvent suffire pour effectuer des tâches simples. C’est précisément pourquoi les entreprises spécialisées dans le routage de modèles, comme OpenRouter, connaissent un grand essor (cf. infra)

- révolution numérique (IA) Ce graphe d’Epoch AI rend compte de la révolution qu’a représentée le modèle Mythos d’Anthropic en matière de risques de cybersécurité : Cyber Vulnerabilities

- révolution numérique (IA) Anthropic a publié Claude Opus 5, dont l’intelligence se rapproche de celle de Fable 5 pour un prix deux fois inférieur : Introducing Claude Opus 5
- révolution numérique (IA) Anthropic a également publié Claude Fable 5.1, son modèle le plus puissant à ce jour : Claude: Fable 5.1and Mythos 5.1. Il est spécialisé dans le travail intellectuel, la programmation et les tâches en plusieurs étapes. Il coûte environ 25% de moins que Fable 5
- révolution numérique (IA) A ce sujet, The Financial Times révèle que les modèles les plus chers d’Anthropic, au premier rang desquels Fable 5, génèrent des ventes très faibles, alors que ses modèles les moins chers sont favorisés par ses clients : Anthropic’s Best AI Model Struggles To Attract Users As Cheaper Tools Thrive
Cette information appelle trois commentaires de ma part :
- Comme The Financial Times le souligne, cette tendance, si elle se généralisait, pourrait naturellement remettre en cause les business plans et les projections d’introduction en Bourse ambitieux – pour dire le moins – des acteurs de l’intelligence artificielle établis à partir de consommations élevées de leurs modèles les plus performants
- Plus fonctionnellement, elle illustre un phénomène qui va largement influencer l’adoption de cette technologie dans les organisations ces prochaines années : une grande partie des cas d’usage ne requièrent pas les capacités les plus avancées des modèles. De fait, il n’est pas toujours nécessaire, pour remplacer des stagiaires et des juniors, de faire appel à des docteurs dans leurs spécialités respectives. Nous allons donc assister à une course à l’optimisation du coût du recours à l’intelligence artificielle générative (propriétaire et open source). Dès lors, il se pourrait bien que, autant au niveau des équipes que des collaborateurs individuels, la maximisation du ROI des tokens employés devienne un KPI de toute première importance
- Last but not least, il convient de rattacher cette information à l’acquisition d’OpenRouter par Stripe (cf. infra) car OpenRouter, précisément, permet aux entreprises d’allouer les tâches aux modèles les mieux adaptés pour les réaliser, y compris en termes de coût : la domination actuelle des stars de l’intelligence artificielle générative propriétaire, en particulier Anthropic et OpenAI, pourrait donc être intermédiée demain par des outils de sélection, ce qui favoriserait le développement de modèles d’intelligence artificielle plus petits et/ou spécialisés (en complément de la vague open source). Cela nous renvoie au premier point sur les perspectives économiques des stars précitées
- révolution numérique (IA) Anthropic devrait pourtant indiquer aux investisseurs lors de son introduction en Bourse (IPO) que son marché total adressable (TAM) dépasse 30 000 milliards (ou 30 trillions) de dollars : Exclusive: Anthropic Expected To Tell Investors It Sees Over $30 Trillion In Potential Revenue. C’est à peu près l’équivalent du PIB des Etats-Unis. L’Entreprise définit ce marché comme l’ensemble du travail qui pourrait être accompli à l’aide de modèles d’intelligence artificielle. Ce faisant, elle surpasserait le TAM de 28,5 trillions de dollars que SpaceX avait mis en exergue lors de son IPO. On n’arrête pas le progrès !
- révolution numérique (IA) Claude Cowork (Anthropic) peut désormais apprendre des compétences grâce à l’enregistrement de l’écran d’ordinateur de son utilisateur : New In Claude Cowork: Teach Claude A Skill. Plutôt que de rédiger des instructions, il suffit de lui montrer la tâche ciblée. Cette fonctionnalité est accessible dans les offres payantes : il faut cliquer sur “Record A Skill” dans le menu “+” de la fenêtre de prompt de l’application de bureau
- révolution numérique (IA) L’utilisation de l’intelligence artificielle pour produire des déclarations de sinistre frauduleuses explose, à tel point que l’assureur Aviva a détecté plus de 18 000 fausses déclarations au Royaume-Uni représentant un montant total de 233 millions de livres : Aviva Detects Record £230m In Bogus Insurance Claims As Use Of AI Rises
- révolution numérique (IA) Bill Gates a publié sur son site GatesNotes et a commenté dans plusieurs interviews (notamment avec Axios, MIT Technology Review et The New York Times) un article qui sonne l’alerte sur les enjeux d’emploi liés à l’intelligence artificielle : The Turbulent AI Era Is Here. The Choices We Make Now Are Critical. Il y explique que cette technologie entraînera un chômage massif et un déclin de la Société si les gouvernements et les entreprises du secteur ne prennent pas immédiatement des mesures pour se préparer à ses conséquences : “même dans les meilleures conditions, la transition vers cette nouvelle ère de l’intelligence artificielle sera l’une des périodes les plus turbulentes de l’histoire de l’humanité”. Il prédit que l’intelligence artificielle surmontera bientôt des problèmes tels que ses hallucinations et deviendra capable de remplacer à moindre coût aussi bien des emplois de cols blancs que de cols bleus. Dès lors, il argue que l’analogie avec les créations d’emplois produites par les précédentes révolutions technologiques ne tient pas car ces transitions se sont déroulées sur plusieurs générations et ont fini par créer de nouveaux emplois nécessitant des capacités cognitives humaines, alors que l’intelligence artificielle, elle, peut déjà se substituer à des activités cognitives. Il avertit également que les outils algorithmiques peuvent devenir addictifs et excessivement complaisants, au risque d’éroder l’esprit critique et de fragiliser les liens sociaux. Cet article est particulièrement marquant car Bill Gates y adopte un ton beaucoup plus pessimiste que dans son propos de 2023 dans lequel il insistait notamment sur le potentiel positif de l’intelligence artificielle en matière médicale et sur sa vision traditionnellement optimiste des nouvelles technologies. Cette fois-ci, il appelle les dirigeants politiques à commencer dès maintenant à se préparer, notamment en adoptant une législation qui taxerait l’utilisation de l’intelligence artificielle et des robots, afin de compenser la baisse des recettes issues de l’impôt sur le revenu et de financer un filet de sécurité sociale plus large pour les salariés impactés par cette révolution. Il professe également que les gouvernements et les entreprises privées devraient envisager de soustraire certains emplois à l’automatisation (e.g. garde d’enfants, juré d’assises), notamment dans les secteurs où il serait difficile, à l’avenir, de reformer des êtres humains pour exercer ces métiers. De leurs décisions actuelles, au sujet desquelles il ne voit aucun potentiel d’accord mondial en raison de la situation géopolitique, dépendra le fait que l’intelligence artificielle devienne “le plus grand facteur d’égalité jamais inventé ou la pire source d’injustice”. Comme toujours, il faut écouter Bill Gates qui demeure, malgré ses récentes failles réputationnelles, l’un des plus grands penseurs de notre univers technologique tout en étant l’un de ses acteurs les plus détachés, une très rare combinaison
- révolution numérique (IA) The Financial Times a découvert que Google et OpenAI vendent l’accès à leurs modèles d’intelligence artificielle aux filiales singapouriennes d’Alibaba, Baidu et Tencent, alors que ces trois groupes chinois figurent sur liste noire du gouvernement américain pour ce marché : OpenAI And Google Sell AI Models To Blacklisted China Groups
- révolution numérique (IA) Un nouveau groupe de collaborateurs de Google, au premier rang desquels son très réputé directeur scientifique, Jeff Dean, ont quitté le Groupe pour créer Discovery Loop, une entreprise qui nourrit l’ambition d’automatiser la boucle d’expérimentation scientifique avec l’intelligence artificielle : Discovery Loop. En conséquence, Demis Hassabis, CEO de Google DeepMind, en est devenu Président tout en prenant la fonction de directeur scientifique d’Alphabet : The Next Chapter Of Our AI Momentum. Le départ de Jeff Dean et ses acolytes est une grosse perte pour Google, tandis que le repositionnement de Demis Hassabis est assez logique, étant donné qu’il est plus un chercheur qu’un homme de produits. Koray Kavukcuoglu, qui occupait jusqu’à présent les fonctions de directeur technologique de Google DeepMind et de Chief AI Architect de Google, dirigera opérationnellement Google DeepMind. Tout ceci ne fait pas bon effet, alors que l’Entreprise est de nouveau à la peine dans l’intelligence artificielle générative
- révolution numérique (IA) C’est l’une des informations les plus révélatrices de l’été car elle illustre le fait, dont toutes les organisations devraient prendre conscience, que les données sont désormais un actif de tout premier plan, y compris pour l’entreprise qui en possède peut-être le plus au monde. Google a remporté une vente aux enchères pour acquérir les données de Spirit Airlines, dans le cadre de sa procédure de faillite, pour 10 millions de dollars : Google Aims To Boost AI With Purchase Of Spirit Airlines Data. Le groupe de Mountain View va utiliser ces données, qui couvrent 100 millions d’emails, 500 millions de conversations Microsoft Teams, ainsi que des informations relatives aux revenus, aux opérations aériennes, à la productivité des salariés, aux audits et aux fraudes, pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Les éléments concernés ne comprennent cependant pas de données personnelles ni de documents couverts par le secret professionnel, comme les 97,5 millions de profils de passagers de Spirit. Incidemment, Mercor, un fournisseur de données pour les entreprises d’intelligence artificielle que Google a surpassé dans les enchères, propose régulièrement à des startups ayant fait faillite de leur acheter leurs données. Encore une fois, les organisations qui ne gèrent pas pertinemment leurs données, en particulier en raison des silos qu’elles laissent subsister en leur sein, trouvent dans l’acquisition réalisée par Google une traduction financière de leur dévalorisation
- révolution numérique (IA) Hark, l’autre entreprise du génial Brett Adcock, fondateur et patron de Figure, a dévoilé Handoff, un agent qui opère dans les navigateurs web et effectuent des tâches en ligne avec une précision et pour un coût semble-t-il inédits : Introducing Hark Handoff
- révolution numérique (IA) En Inde, des travailleurs effectuent désormais leur labeur avec une caméra sur la tête afin que leurs gestes puissent demain entraîner des robots humanoïdes (!) : Indian Workers Paid By The Hour To Wear Cameras To Record Their Jobs As Training Data
- révolution numérique (IA) Après OpenClaw, le buzz du moment dans la Silicon Valley a trait à Instinct, un assistant d’intelligence artificielle : Exclusive: The Latest Viral AI Assistant Rocketing Across Silicon Valley. L’entreprise à l’origine d’Instinct, fondée l’an dernier, a déjà levé 350 millions de dollars et en lève actuellement 250 millions supplémentaires pour une valorisation de 2,5 milliards
- révolution numérique (IA) En présentant, dans un long article, sa vision d’une intelligence artificielle bénéficiant au plus grand nombre, Mark Zuckerberg a confirmé qu’il prend les parties prenantes de Meta pour des imbéciles et/ou qu’il se croit tout permis : The Future Is For Everyone. Après avoir vanté le potentiel de cette technologie en termes d’invention, et non seulement d’automatisation, “Zuck” énonce une série de propositions politiques qui coïncident parfaitement avec les intérêts commerciaux de son entreprise : il faut accélérer les procédures de construction de centres de données (ce qui aiderait Meta à développer son activité naissante de cloud), maintenir les restrictions à l’exportation sur les puces avancées (ce qui avantagerait les modèles à poids ouverts de Meta face à leurs concurrents chinois), réduire les restrictions sur les données d’entraînement (ce qui aiderait Meta à combattre les procès intentés par les créateurs dont les œuvres ont servi à développer ses modèles) et créer des protections juridiques pour la distillation (ce qui permettrait à Meta de profiter des innovations des laboratoires de pointe en entraînant ses propres modèles à partir de leur travail). L’intelligence artificielle au bénéfice de tous est donc en réalité, comme d’habitude, avec Mark Zuckerberg, à son propre profit. Autre pratique courant du cofondateur de Facebook, l’hypocrisie éhontée : il célèbre l’émancipation des individus et la démocratie, alors même que son groupe a toujours nui délibérément à ces deux objectifs et le fait plus résolument encore depuis le début du second mandat de Donald Trump. En témoigne, dans le seul champ technologique (sans même évoquer le terrain politique de la modération de contenus), l’exemple qu’il cite de son projet de centre de données, pour un montant de 50 milliards de dollars, qui doit voir le jour en Louisiane, y couvrir à terme environ quinze kilomètres carrés et consommer sept fois plus d’énergie que l’ensemble de la ville de La Nouvelle-Orléans. Mark Zuckerberg le présente comme un modèle permettant de créer des “pactes communautaires” avec les municipalités où Meta s’implante et il affirme que l’investissement du Groupe a permis cette année de financer des primes de 50 000 dollars pour les enseignants de la région. Or, comme l’a relaté The New York Times, le projet a en réalité vu le jour dans le cadre de dizaines d’accords de confidentialité, de près de 10 milliards de dollars d’exonérations de taxes sur le chiffre d’affaires et d’une absence totale de réunion publique avant que les autorités de l’Etat ne dévoilent l’accord. On est donc loin de l’émancipation des individus et de la démocratie désormais prônée par Mark Zuckerberg. Plus globalement, Meta a déjà créé quatre comités d’action politique pour combattre la réglementation de l’intelligence artificielle au niveau des Etats. Il professe de même dans son manifeste un rejet de toute règlementation sécuritaire de l’intelligence artificielle digne de ce nom pour ne pas faire perdre à l’Amérique sa position concurrentielle face à la Chine. Last but not least, il ne faut pas confondre modèles à poids ouverts et modèles open source. Meta joue sur cette ambiguïté pour se présenter sous un atour plus favorable que la substance de ses activités dans ce domaine. Je ne suis pas le seul à avoir été estomaqué par cet article, que 404 Media a qualifié de “délirant” et que TechCrunch a décrit comme étant “exactement la raison pour laquelle le grand public n’aime pas l’intelligence artificielle”
- révolution numérique (IA) Microsoft a présenté un produit de cybersécurité fondé notamment sur une intelligence artificielle maison, dénommé Project Perception, qu’elle promeut comme une alternative moins coûteuse à Mythos (Anthropic) : Rethinking Security For The Age Of AI
- révolution numérique (IA) Microsoft va investir plusieurs milliards de dollars pour acheter des puces GPU de Nvidia qu’il prévoit de partager avec Mistral : Microsoft And Mistral Expand Strategic Partnership To Give Enterprises And Regulated Industries Frontier AI They Can Control. Cette initiative fait suite à l’engagement pris l’an dernier par Microsoft d’investir davantage dans la construction de nouveaux centres de données en Europe afin de garantir à ses clients que la volatilité géopolitique ne perturberait pas leurs activités
- révolution numérique (IA) Microsoft a engrangé 24,1 milliards de dollars de revenus auprès d’OpenAI au cours des douze mois se terminant en juin 2026, ce qui induit que la vente d’infrastructures à l’entreprise dirigée par Sam Altman représente la majorité de l’activité du Groupe liée à l’intelligence artificielle : Microsoft’s AI Sales Mostly Come From OpenAI, Disclosures Show
- révolution numérique (IA) La start-up chinoise Moonshot AI a lancé Kimi K3, un modèle open source qui alimente le débat sur la réduction rapide, voire la disparition, de l’écart entre les performances respectives des modèles chinois open source et des modèles propriétaires américains : Kimi K3. Il faut dire que Kimi K3, le plus grand modèle open source disponible sur le marché (avec 2 800 milliards de paramètres), a surpassé Fable 5 (Anthropic) et GPT-5.6 Sol (OpenAI) dans des tests de programmation réalisés par Arena, et ce à un coût bien moins élevé. Ces progrès interrogent naturellement (i) le pouvoir de fixation des prix des entreprises américaines, (ii) leurs valorisations et (iii) la justification d’investir des centaines de milliards de dollars dans des centres de données toujours plus imposants. Pour mémoire, Anthropic avait accusé Moonshot en début d’année d’avoir mené des campagnes industrielles de distillation (extraction de données d’un modèle d’intelligence artificielle concurrent) en utilisant des millions d’échanges avec des modèles américains comme données d’entraînement pour ses systèmes. Mais il est patent, et pour la première fois aussi spectaculairement, que les qualités de Kimi K3 ne résultent pas majoritairement de son éventuelle distillation de modèles américains. A cet égard, le graphe reproduit ci-dessous, qui émane d’Artificial Analysis, signale, entre autres choses, le positionnement de plus en plus compétitif des modèles chinois :

- révolution numérique (IA) Cette histoire représente l’essence du management d’Elon Musk : Exclusive: SpaceX Lays Groundwork For Turbine-Blade Factory To Solve Data Center Power Crunch. Confronté au manque d’énergie pour alimenter tous les centres de données dont la construction est planifiée outre-Atlantique, il remonte la chaîne de valeur et en vient à fabriquer ses propres turbines à gaz, la meilleure solution pour produire de l’électricité directement sur les sites des centres de données. Mais comme les fabricants de ces turbines sont également en excès capacitaire, Elon Musk remonte la chaîne de valeur un cran plus haut et en arrive à vouloir produire les pales des turbines : By Doing In-House Casting At SpaceX, We Can Accelerate Nat Gas Turbines Coming Online By Up To 18 Months, Which Is A Profound Game-Changer
- révolution numérique (IA) L’Etat de New York est devenue le premier Etat américain à instaurer un moratoire sur les centres de données dans un contexte de contestation croissante de ces infrastructures (cf. supra) : No 62: Establishing A Temporary Moratorium On Data Centers In New York While The State Develops Higher Standards For Data Center Development And Benefits Blueprint To Support Localities. Le décret signé par la gouverneure suspend pendant une durée maximale d’un an la délivrance des autorisations environnementales de l’Etat pour les centres de données de grande taille consommant au moins 50 mégawatts d’énergie. L’Etat de New York figure parmi les dix Etats américains comptant le plus de centres de données en activité ou en projet
- révolution numérique (IA) Nvidia acquiert Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars (soit 86 fois les revenus annualisés de l’Entreprise !) : Nvidia Extends A.I. Spending Spree With $12.9 Billion Deal For Hugging Face. Hugging Face, fondée à New York par trois Français à l’origine pour proposer un chatbot destiné aux adolescents (d’où son nom contre-intuitif eu égard à ce que son produit est devenu), est une plate-forme centralisée de publication, de découverte, d’accès et de déploiement (grâce à des API) de modèles open source, ainsi que d’ensembles de données d’entraînement et de test de modèles. Si la concurrence ne se fait plus entre modèles car ceux-ci délivrent peu ou prou des performances équivalentes, ce sont les couches de mise en œuvre de ces modèles qui, demain, détiendront l’essentiel de la valeur. C’est le pari de Nvidia avec Hugging Face qui pourrait également lui permettre d’influencer, plus ou moins directement, les choix des puces utilisées par les développeurs. Quoi qu’il en soit, Nvidia continue d’amasser un pouvoir extraordinaire dans le secteur de l’intelligence artificielle sur lequel il serait bienvenu que les régulateurs commencent à se pencher
- révolution numérique (IA) Selon Bloomberg, le premier appareil d’OpenAI sera une enceinte mobile sans écran, conçue comme un compagnon d’intelligence artificielle : OpenAI’s First Device Will Be Movable, Screenless Speaker Built As AI Companion
- révolution numérique (IA) OpenAI a révélé que plusieurs de ses modèles avaient piraté les sites de Hugging Face et de quelques autres entreprises : OpenAI And Hugging Face Partner To Address Security Incident During Model Evaluation. Or aucun collaborateur d’OpenAI n’avait demandé aux modèles de le faire, du moins pas explicitement. En réalité, l’Entreprise cherchait à tester les capacités de ses modèles en matière de cybersécurité, notamment celles d’un modèle qui n’a pas encore été rendu public. Elle leur a demandé de se confronter à un benchmark de cybersécurité (ExploitGym). La version grand public de ChatGPT refuserait de participer à un tel test, car celui-ci simule l’exploitation de failles de sécurité. OpenAI a donc mis en place un environnement sécurisé, isolé du reste d’Internet. Dans ce bac à sable, l’Entreprise a désactivé ces garde-fous afin d’étudier les capacités intrinsèques de ses modèles en matière de cybersécurité et a ignoré plusieurs signaux élémentaires qui auraient dû l’alarmer eu égard aux écarts de conduite de ses modèles. L’environnement de test était censé être totalement coupé d’Internet, mais ne l’était pas complètement car les modèles ont trouvé une faille de sécurité qui leur a permis d’accéder au web. Ils ont alors tenté de pirater le site de Hugging Face afin d’y voler les réponses à un examen qu’ils étaient en train de passer. Le fait que cet incident soit intervenu après que les garde-fous sécuritaires des modèles eurent été désactivés n’a pas été assez souligné, même s’il ne rend naturellement pas l’épisode sans gravité. Celui-ci démontre en tout cas une nouvelle fois, dans la lignée du célèbre scénario des trombones conçu par le philosophe suédois Nick Bostrom que j’ai déjà évoqué plusieurs fois sur Superception – une personne demande à une intelligence artificielle de produire un maximum de trombones et elle met la planète en coupe réglée pour atteindre son objectif – que les intelligences artificielles prennent les instructions qui leur sont données au premier degré et mettent tout en œuvre pour les appliquer. Au moins, dans cette crise, les modèles d’OpenAI n’ont-ils pas défini leur propre objectif, ce qui aurait été encore plus inquiétant. Pour autant, il faut prendre conscience du nombre et de la complexité des démarches que le modèle a mises en œuvre, lesquelles sont très bien décrites dans les post mortems publiés par Hugging Face et OpenAI : Anatomy Of A Frontier Lab Agent Intrusion: A Technical Timeline Of The July 2026 Incident | The Hugging Face Incident And The Road Ahead. Il a par exemple essayé de créer un compte sur un service tiers, s’est rendu compte qu’il lui fallait un numéro de téléphone pour ce faire et a alors tenté de voler de l’argent afin de payer un service en ligne fournissant des numéros de téléphone
- révolution numérique (IA) Le chiffre d’affaires d’OpenAI n’a progressé que de 18% entre le premier et le deuxième trimestre, alors même que ses pertes s’aggravaient, ce qui ne fait qu’amplifier les interrogations sur l’Entreprise peu avant sa programmée introduction en Bourse et alors qu’Anthropic croît plus rapidement : Exclusive: OpenAI’s Second-Quarter Sales Show Tepid Growth Compared With Anthropic
- révolution numérique (IA) Souvenons-nous que, il y a quelques semaines, OpenAI réduisait ses prix d’entre 20% et 80% (!) sur des modèles, démontrant une nouvelle fois (i) la précarité de sa situation et (ii) l’absence d’avantage concurrentiel dans les modèles (à l’inverse, par exemple, de ce dont Google bénéficia rapidement à ses débuts dans la recherche en ligne) : We Are Committed To Pushing The Model Frontier Across Cost Efficiency, Capability, And Speed
- révolution numérique (IA) On voit que Sam Altman a besoin de reprendre la main par rapport à Anthropic et de continuer de promouvoir OpenAI dans l’optique de sa future introduction en Bourse car il nous reparle de ses perspectives en matière d’intelligence artificielle générale dans cet article de couverture de TIME : Inside OpenAI’s Reboot
- révolution numérique (IA) OpenAI a publié GPT-6 Astra, qui représente un réel progrès sans constituer pour autant, contrairement aux affirmations de Sam Altman et Greg Brockman, l’intelligence artificielle générale (au sujet de laquelle je rappellerai incidemment qu’elle est un objectif d’autant plus facile à déclarer atteint qu’elle n’est pas définie précisément) : GPT-6 Astra. A New Generation Of Intelligence
- Au-delà des fariboles des dirigeants d’OpenAI, ce qui est beaucoup plus inquiétant est que I’Entreprise a réduit ses protections sécuritaires contre les dérapages d’Astra, en utilisant une nouvelle technique dans laquelle le modèle dévoile moins son “raisonnement” (chaîne de pensée ou “chain of thought”), ce qui doit permettre d’améliorer sa performance. Cela en dit long sur l’éthique de responsabilité desdits dirigeants que, après les graves problèmes de sécurité qu’ils ont connu cet été, l’une de leurs principales décisions dans ce domaine soit de rendre Astra plus difficile à surveiller. Que ceux qui sont surpris lèvent le doigt
- Par ailleurs, leur absence de vertu sociétale est aussi illustrée par le fait qu’ils ont caché durant plusieurs semaines un autre incident de sécurité : OpenAI Agents Hijacked German Website In Previously Undisclosed AI Breakout This Spring
- révolution numérique (IA) PrismML a dévoilé Bonsai 27B, le plus grand modèle d’intelligence artificielle jamais opéré sur un smartphone : PrismML Announces 1-Bit Bonsai 27B – The First 27B Model To Run On A Phone. C’est une version compressée du modèle open source Qwen3.6 27B d’Alibaba, dont la taille a été réduite de 54 Go à moins de 4 Go. Pour mémoire, la mention “27B” signifie qu’il dispose de 27 milliards de paramètres
- révolution numérique (IA) Ce rapport de SimilarWeb dresse un état très complet de l’utilisation grand public de l’intelligence artificielle générative : The 2026 Generative AI Landscape Report
- révolution numérique (IA) SpaceXAI a lancé Grok 4.6, qui bénéficie de scores de benchmark proches de ceux de Fable 5 (Anthropic) et GPT-5.6 Sol (OpenAI), tout en étant facturé 60% moins cher : Introducing Grok 4.6. C’est un retournement de fortune certain et inattendu pour l’Entreprise. SpaceXAI a également publié Imagine Image 2.0, un modèle de génération d’images de premier plan destiné à des usages professionnels : Imagine Image 2.0. Je rappellerai cependant que SpaceXAI consacre davantage de capitaux à ses investissements, par rapport aux flux de trésorerie générés par ses activités, que n’importe quelle autre grande entreprise de la Tech
- révolution numérique (IA) Stripe acquiert OpenRouter, une start-up qui aide les entreprises à passer d’un modèle d’intelligence artificielle à un autre : Stripe Agrees To Acquire OpenRouter To Help Businesses Optimize Token Routing And Usage. L’opération est réalisé pour un montant de 7,5 milliards de dollars quelques mois seulement après qu’OpenRouter a levé des fonds pour une valorisation de 1,3 milliard de dollars. Cette transaction s’inscrit dans la même logique de banalisation des modèles d’intelligence artificielle que celle de Hugging Face par Nvidia (cf. supra) : si les grands modèles d’intelligence artificielle se multiplient et se banalisent (devenant de plus en plus interchangeables), la valeur se déplace des modèles vers les couches qui permettent d’y accéder, de les choisir, de les distribuer et de les faire fonctionner. De fait, OpenRouter répond à l’impératif de plus en plus pressant pour les entreprises de contrôler les coûts associés à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il se trouve que le passage d’un modèle à un autre est très compliqué, sauf à utiliser le service d’intelligence artificielle managé de son fournisseur de cloud, par exemple Bedrock d’AWS. Mais l’entreprise concernée est alors limitée aux seuls modèles proposés par ledit fournisseur et soumise à ses tarifs. Avec la solution d’OpenRouter, elle peut choisir à sa guise parmi les plus de 400 modèles et les fournisseurs d’inférence – ces derniers, opérant surtout pour les modèles ouverts, exécutent les modèles aux meilleurs conditions (capacité, latence, sécurité, disponibilité géographique, prix…) possibles. Les clients d’OpenRouter peuvent donc orienter (aka “router”) leurs tâches vers les modèles offrant le meilleur compromis entre qualité, coût, vitesse et disponibilité. Notons également qu’Alex Atallah, cofondateur et CEO d’OpenRouter en 2023 (!), avait auparavant créé OpenSea, la place de marché de NFT avec laquelle les fidèles de cette newsletter sont familiers
- révolution numérique (IA) Thinking Machines Lab, l’entreprise de Mira Murati, a publié Inkling, son premier modèle d’intelligence artificielle (qui est à poids ouverts) : Inkling: Our Open-Weights Model. Elle fait le pari que les entreprises préfèrent avoir recours à une intelligence artificielle qu’elles peuvent personnaliser plutôt que de louer de la capacité algorithmique. Dans ce cadre, elle reconnaît qu’Inkling n’est pas le modèle le plus puissant du marché et met l’accent sur sa capacité de personnalisation. Celle-ci pourrait permettre aux utilisateurs d’obtenir de meilleures performances à moindre coût : les clients de Thinking Machines Lab peuvent affiner ces modèles à partir de leurs données propriétaires et les déployer sur une infrastructure qu’ils contrôlent, ce qui leur donne davantage de flexibilité. Point très intéressant, Thinking Machines Lab a utilisé, lors de la phase finale d’entraînement d’Inkling, des données générées par des modèles open source tels que Kimi K2.5 de la start-up chinoise Moonshot et admet donc avoir employé la technique de distillation tant décriée par ses concurrents américains (cf. supra)
- révolution numérique (IA) La valeur des actions du fabricant chinois de robots humanoïdes Unitree Robotics a explosé pour sa première cotation à la Bourse de Shanghai, après que l’entreprise eut levé 905 millions de dollars : Chinese Humanoid Maker Unitree Shares Soar On Shanghai Debut. Le titre a atteint plus de sept fois son prix d’introduction avant de clôturer en hausse de 460%, ce qui valorisait l’Entreprise à un peu plus de 60 milliards de dollars
- révolution numérique (IA) World Labs, la start-up de Fei-Fei Li, l’une des icônes de l’intelligence artificielle, a dévoilé Atlas, un world model capable de générer et de modifier des environnements virtuels photoréalistes et interactifs à partir de prompts textuels, d’images et de vidéos : Fei-Fei Li’s World Labs Unveils New World Model
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