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Toute vérité n'est que perception

A qui appartiennent les abonnés d’un compte Twitter ?

C’est la question que pose une étonnante affaire en cours aux Etats-Unis. Débat enfiévré en perspective !

Elle concerne Noah Kravitz, un ancien journaliste du site Internet Phonedog consacré à l’actualité de la téléphonie mobile.

Durant les quatre ans qu’il passa au sein de Phonedog, Kravitz gagna 17 000 abonnés sur son compte Twitter Phonedog_Noah. Lorsqu’il quitta la société, il lui fut dit qu’il pouvait garder son compte Twitter à condition de tweeter de temps à autre sur Phonedog. Il renomma son compte NoahKravitz et rédigea régulièrement des tweets sur Phonedog.

Pourtant, Kravitz se retrouve aujourd’hui devant les tribunaux, Phonedog affirmant que ses 17 000 abonnés sont une liste de clients et, partant, la propriété de la Société. Phonedog réclame 340 000 dollars – soit 2,50 dollars par abonné et par mois – à Kravitz pour les huit mois durant lesquels le journaliste a conservé son compte et lesdits abonnés depuis sont départ du site Internet.

Plus étonnant encore, Phonedog va jusqu’à déclarer que les 17 000 abonnés en question constituent une information confidentielle et que les tweets de Kravitz enfreignent sa propriété intellectuelle.

Le compte Twitter de Noah Kravitz, objet du litige

Cette position me semble des plus abusives. En effet, je considère que la présence d’un journaliste sur les médias sociaux participe du développement du réseau de contacts dont il a besoin pour être performant dans son métier. Un journaliste sans sources d’information est comme un joueur de tennis sans balles. Or les médias sociaux permettent aux journalistes d’étendre leur réseau professionnel bien au-delà de leur présence physique.

A ce titre, les contacts des journalistes sur les réseaux sociaux font partie de leurs actifs personnels et n’appartiennent certainement pas à leurs employeurs. Si la justice donnait raison à Phonedog, il faudrait aussi que les journalistes qui quittent un média laissent leurs carnets d’adresses à leur ancien employeur. Cela relève en effet de la même logique.

Lorsque je suis des journalistes sur Twitter, je ne le fais pas en fonction du média pour lequel ils travaillent mais de leur valeur ajoutée individuelle. Si j’étais intéressé par leurs médias, il me suffirait de m’abonner à leurs comptes Twitter – ce que je fais pour les organes de presse qui le méritent à mes yeux. Mais il y a une différence notable entre les deux démarches : en suivant un média, je m’abonne à un flux de dépêches, alors que, en suivant un journaliste, je m’intéresse aux vues – qui peuvent s’exprimer par le retweet d’articles ou l’expression d’opinions – d’un individu.

Ce procès, le premier du genre à ma connaissance, est très important : il donnera une première tendance juridique en matière de droits sur les abonnés d’un compte Twitter et de valorisation desdits abonnés.

En attendant, Noah Kravitz compte désormais plus de 23 000 abonnés à son compte Twitter.

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