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Des nouveaux médias à la Nouvelle république

L’un des jeunes fondateurs de Facebook vient d’acquérir le vénérable magazine américain The New Republic, qui est quatre fois plus âgé que lui. Un espoir pour la presse écrite ?

D’un côté, Chris Hughes, 28 ans, diplômé de Harvard en histoire et littérature, a successivement co-fondé Facebook, dirigé la campagne de Barack Obama sur les médias sociaux en 2007-2008 et créé un réseau social à vocation philanthropique, Jumo. Sa fortune est estimée à 850 millions de dollars.

De l’autre côté, The New Republic, magazine consacré à la politique et à la culture, a été créé en 1914 par Herbert Croly et Walter Lippmann. Ce dernier fut l’un des plus célèbres journalistes et éditorialistes du vingtième siècle, deux fois lauréat du Prix Pulitzer et l’un des inventeurs du concept de guerre froide. The New Republic est connu pour avoir été l’un des organes de presse ayant concouru à définir le libéralisme (au sens américain du terme) moderne. L’influence du magazine a ainsi toujours dépassé la taille de son lectorat. Il compta ainsi John F. Kennedy parmi ses lecteurs et George Orwell, Virginia Woolf et Philip Roth parmi ses contributeurs.

Chris Hughes – (CC) USV

Chris Hughes vient donc d’acquérir la majorité du New Republic où il prend également la responsabilité de directeur de la publication. Dans une interview accordée au New York Times, Hughes explique que, même s’il n’envisage pas d’éliminer la version papier du magazine, il va se focaliser sur la diffusion du New Republic sur les tablettes (iPad, etc.). D’ici cinq à dix ans, il considère que la majorité des lecteurs du magazine le consommera sur une tablette.

Sur le fond, Hughes affirme être motivé par un intérêt pour le futur du journalisme analytique de qualité et par l’intuition que ce type de journalisme correspond aux tablettes qui permettent aux gens de lire à leur rythme de longs articles. Il compte ainsi augmenter encore la part de reportage rigoureux et d’analyse produite par The New Republic et ne considère pas la rentabilité du titre comme une priorité : “je prends le contrôle du New Republic parce que je crois que sa mission est importante pour notre Société, pas pour en faire un nouveau Facebook”. Le magazine va d’ailleurs recruter de nouveaux journalistes pour la première fois depuis des années.

L’amoureux de la presse que je suis ne peut que voir un signe d’espoir dans le rachat de The New Republic par Chris Hughes. Dans la crise qu’elle connaît depuis l’avénement d’Internet dans nos vies quotidiennes, la presse écrite semble en effet ne jamais toucher le fond – j’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet demain.

L’arrivée de l’un des plus brillants experts mondiaux des nouveaux médias à la tête d’un dinosaure de la presse écrite devrait produire des développements intéressants et, espérons-le, fournir des best practices pour réinventer une industrie qui a perdu sa propre boussole alors qu’elle doit nous guider dans le monde dans lequel nous vivons.

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