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Toute vérité n'est que perception

Pourquoi nous sommes drogués aux emails et réseaux sociaux

Et pourquoi les rats pourraient l’être tout autant.

Deux de mes récentes lectures – “Predictably Irrational: The Hidden Forces That Shape Our Decisions” par Dan Ariely et “100 Things Every Designer Needs to Know About People” par Susan Weinschenk – expliquent notre addiction aux emails et aux réseaux sociaux. Je vais essayer de synthétiser sans les dénaturer les théories détaillées par ces deux scientifiques.

Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale à l’Université de Duke (Caroline du Nord), assimile l’email au casino. Dans les deux cas, notre addiction à ces activités provient de notre incapacité à prédire quand nous recevrons une récompense – un message intéressant dans un cas, une somme d’argent dans l’autre. C’est pourquoi nous continuons de les pratiquer. Dans le cas de l’email comme au casino, nous perdons le plus souvent – dans le sens où un grand nombre des mails que nous recevons sont des messages sans intérêt ou des mauvaises nouvelles.

Nous sommes si contents lorsque nous recevons un mail digne d’intérêt que nous devenons drogués au fait de vérifier régulièrement nos boîtes mail pour vérifier si un autre message plaisant ne nous est pas parvenu. Nous nous comportons de fait comme ces personnes qui jouent au casino dans l’espoir de gagner le gros lot.

(CC) ragingwire

Susan Weinschenk, psychologue comportementale, pousse, elle, l’analogie plus loin en la généralisant pertinemment à toutes les informations que nous recevons dans l’univers numérique, qu’il s’agisse d’emails ou de nouvelles sur les réseaux sociaux.

Elle souligne que la dopamine, une substance générée dans notre cerveau, ne provoque pas la sensation de plaisir, comme on le croyait jusqu’à récemment, mais qu’elle nous motive – selon les dernières recherches neurologiques – pour atteindre des objectifs, qu’ils soient physiques (nourriture, sexe…) ou intellectuels (idées, informations…). C’est l’opioïde qui provoque la sensation de plaisir.

La dopamine (désir) et l’opioïde (plaisir) sont donc complémentaires. La dopamine nous porte à l’action, l’opioïde nous fait profiter de ce que nous avons ainsi obtenu. Incidemment, la dopamine est plus puissante que l’opioïde et cela explique (parmi bien d’autres facteurs) la capacité d’évolution permanente de l’espèce humaine toujours motivée par l’exploration et la progression.

C’est aussi la raison pour laquelle, chez l’humain, l’anticipation d’un plaisir stimule davantage notre cerveau et est plus satisfaisante que sa réalisation. Des recherches menées sur des rats ont ainsi démontré que si l’on détruit leur production de dopamine, ils peuvent ingérer et digérer de la nourriture mais ils meurent de faim car ils n’ont plus la motivation de se restaurer, même lorsque des aliments sont juste à côté d’eux.

Heureusement que les rats n’ont pas accès aux mails et aux réseaux sociaux…

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