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Faut-il fermer les kiosques à journaux ?

Certainement pas. C’est pourtant la logique que la presse française veut appliquer à Google News.

Notre presse veut faire payer Google pour les liens que son service Google News offre vers ses articles. Il me semble que ce serait comme faire payer un impôt supplémentaire aux opérateurs de kiosques de journaux, quitte à leur faire fermer boutique.

En effet, Google News n’est rien d’autre qu’une vitrine pour la presse française. Comme un kiosque, ce service promeut les contenus de la presse. Il ne les pirate pas, les Internautes étant dirigés vers les sites des autres médias dès qu’ils cliquent sur un lien. Comme un kiosque de journaux, Google trouve un intérêt économique dans ce service et paie des impôts – certainement insuffisants, voir ci-dessous – sur les bénéfices qu’il tire de cette activité.

L’approche promue par la presse française constitue donc davantage une tentative pour trouver une source de revenus afin de compenser sa perte de compétitivité. Celle-ci relève pourtant d’un problème de pertinence davantage que de l’abus de publicité gratuite que lui fait Google.

(CC) Jean-Claude Fornerod

Parallèlement, un rapport de 200 pages (“Mission d’expertise sur la fiscalité de l’économie numérique”) rédigé par deux membres du Conseil d’Etat recommande de taxer les géants de l’Internet pour le bénéfice gratuit qu’ils tirent de la collecte et de l’exploitation des données de leurs utilisateurs. La logique est que les Internautes travailleraient sans être rémunérés pour les entreprises telles que Google et Facebook en leur fournissant des données qui leur permettent de vendre de la publicité.

Le problème est que cette logique est erronée : lorsque nous utilisons Facebook, Google & Consorts, nous ne travaillons pas bénévolement pour ces entreprises. Au contraire, nous utilisons gratuitement leurs services sans que personne nous y oblige.

Certes, Google génère environ 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans l’Hexagone mais, comme d’autres entreprises Internet, n’y paie presque aucun impôt. Cependant, le problème n’est pas la relation de ces services web à leurs utilisateurs et aux autres médias. Il est éventuellement que les grandes sociétés de ce secteur jouent de l’extraterritorialité de leur activité pour optimiser leur politique fiscale au détriment des pays les moins compétitifs dans ce domaine. C’est donc un enjeu lié à la réglementation fiscale française et à l’harmonisation européenne en la matière.

De leur côté, certains géants du web devraient faire preuve de moins d’arrogance et ne surtout pas suivre l’exemple d’Eric Schmidt, le Président exécutif de Google, qui déclarait récemment dans une interview à The Independent : “Je suis très fier de la structure fiscale que nous avons mise en place. Nous l’avons créée en fonction des avantages que les gouvernements nous ont offerts pour opérer nos activités dans leurs pays. Cela s’appelle le capitalisme. Nous sommes fiers d’être capitalistes“.

Cette déclaration, avec laquelle on peut être d’accord sur le fond, est aussi hautaine que stupide sur la forme car elle méconnaît complètement la culture européenne. Au lieu de jouer les “idiots utiles” en Corée du Nord, Eric Schmidt devrait s’intéresser davantage aux pays qui laissent la liberté à leurs citoyens de nourrir l’activité commerciale de l’entreprise qu’il dirige.

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