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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Faut-il recruter des ex-détenus ?

Un programme américain exemplaire apporte une réponse étonnante à cette question.

Un article de Catherine Rohr sur le site Internet du magazine Inc. a retenu mon attention. Rohr est la fondatrice et patronne d’un incubateur entrepreneurial à but non lucratif, Defy Ventures, dédié aux anciens détenus. C’est la deuxième association qu’elle dirige avec succès dans ce domaine.

L’expérience qu’elle partage est passionnante d’un double point de vue managérial et éthique, et ce d’autant plus qu’elle n’est pas angélique. Catherine Rohr ne s’intéresse en effet qu’aux détenus qui veulent s’amender pour se reconstruire un avenir. Et elle obtient des résultats impressionnants.

Sa première association, The Prison Entrepreneurship Program, forma 600 anciens détenus au Texas, dont 80% d’auteurs de crimes violents. Après leur passage au sein du programme de réinsertion, leur taux de chômage est inférieur à 2% et leur taux de récidive à 5%. Mieux, ils ont créé 60 entreprises, produisant 4 millions de dollars de rentrées fiscales annuelles.

A New York, la deuxième association de Catherine Rohr, Defy Ventures, prodigue aux ex-détenus des formations MBA avant de leur offrir l’opportunité, au terme de leur cursus, de présenter leurs projets de création d’entreprise à des investisseurs de premier plan. En un an, 44 start-ups ont ainsi été lancées et 24 emplois créés (en plus de ceux des initiateurs de projet).

(CC) Darwin Bell

(CC) Darwin Bell

Forte de son expérience de près d’une décennie, Catherine Rohr affirme que les anciens trafiquants de drogue et chefs de gang, qui constituent le cœur de son activité, bénéficient de qualités recherchées par les entreprises : charisme, débrouillardise, résilience, capacité à prendre des risques calculés, management, sens de la vente et du service client, loyauté et volonté de bien faire générée par leur soif de prouver leur réelle valeur… Elle considère qu’il est regrettable de ne pas exploiter ce potentiel et de ne pas donner une deuxième chance à des personnes qui ont commis une erreur.

A cet égard, elle souligne un paradoxe qui relève d’un problème de perception : les détenus sont censés avoir payé leur dette à la Société après avoir achevé leur peine de prison mais continuent à se voir demander des comptes par leurs concitoyens. Il est décidément difficile de changer d’image…

Si la peine de prison peut être temporaire, la sentence sociale est souvent permanente, incarnée par la discrimination, notamment à l’emploi, dont les anciens détenus font l’objet. Or, si le taux de récidive s’échelonne entre 50% et 70% aux Etats-Unis, 95% des individus qui sont de nouveau arrêtés sont au chômage.

CQFD.

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