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Toute vérité n'est que perception

C’est dans la défaite qu’on reconnaît les vainqueurs

Le joueur qui devait être la vedette du Super Bowl pâtit davantage encore de son attitude après le match que de sa piètre prestation sur le terrain.

Cam Newton est le quarterback (“quart arrière”, meneur de jeu) des Carolina Panthers.

Il avait connu jusqu’à dimanche soir une carrière sans faute : vainqueur du championnat universitaire dont il fut élu le meilleur joueur, sélectionné en première position lors de la Draft NFL1, nommé meilleur jeune joueur lors de sa première saison professionnelle et désigné meilleur joueur de la saison régulière durant laquelle il permit à son équipe de remporter 15 matches sur 16 avant de se qualifier pour le Super Bowl qui s’est tenu avant-hier.

Au-delà de ce parcours remarquable, Newton se distingue par des qualités physiques sans précédent à son poste : mesurant 1,96 mètre pour 111 kilos, il est doté d’une explosivité et d’une vitesse exceptionnelles. Cela en fait une “double menace” pour les défenses adverses car il est capable de passer le ballon mais aussi de le porter dans des courses dont les autres quarterbacks sont incapables. Ces aptitudes lui ont permis de battre déjà un grand nombre de records au cours de sa jeune carrière.

Le problème de Cam Newton réside dans le fait que son comportement n’est pas à la hauteur de son talent. Son arrogance lui a causé beaucoup de problèmes auprès du grand public et dans la NFL. En particulier, ses célébrations considérées comme excessives et manquant de respect pour l’adversaire, surtout lorsqu’elles font suite à des phases de jeu banales, lui ont porté préjudice, tout comme le surnom de Superman dont il se repaît.

Dimanche soir, lors du Super Bowl, Cam Newton réalisa une performance sportive extrêmement décevante par rapport à son prodigieux niveau de la saison et aux attentes perpétuellement générées par ses dons : il réussit 18 passes sur 41, fut intercepté une fois, perdit le ballon deux fois et fut “sacké” six fois. En outre, sur une action potentiellement décisive pour l’issue du match, il refusa le combat avec ses adversaires pour récupérer un ballon qu’il venait de laisser échapper.

Cependant, son attitude après le match lui valut encore plus de critiques que sa piètre prestation sur le terrain.

Il ne resta en effet que trois minutes en conférence de presse, faisant preuve d’une suffisance et d’une immaturité aussi retentissantes que son talent sportif. Il prononça 18 mots en réponse aux questions des journalistes, ne cherchant pas, comme son coach et ses coéquipiers tentèrent de le faire, à expliquer la surprenante défaite de son équipe et son échec individuel ou à féliciter chaleureusement ses adversaires. Puis il partit sans un regard.

Superman ne devait aucune explication à personne. Superman aime briller et écraser ses adversaires de sa superbe lorsqu’il gagne. Mais Superman ne sait pas encore gérer son image de soi – et son image – dans la défaite. Superman rata l’occasion de prouver qu’il n’était pas aussi arrogant et égocentrique que beaucoup le croient.

Ce faisant, ce n’est pas tant aux journalistes et au pubic que Cam Newton manqua de respect qu’à lui-même. Son attitude le rabaissa au lieu de le grandir. Elle transforma la défaite d’une équipe en l’échec d’un seul homme, une perception aussi injuste que justifiée.

Cam Newton, dont ce n’est pas la première manifestation de manque de fair-play, pourrait s’inspirer de l’éthique et du professionnalisme de son adversaire du jour, Peyton Manning, qui a toujours fait face à ses responsabilités lors des défaites qu’il a connues, et de Russell Wilson, qui fit longuement face à la presse l’an dernier après avoir subi le plus cuisant échec de l’histoire du Super Bowl sur l’une de ses actions de jeu.

J’avais expliqué sur Superception il y a deux ans qu’une marque confrontée à un client insatisfait bénéficie d’une opportunité de lui démontrer son engagement à son service et qu’elle a ainsi davantage à gagner qu’avec un client satisfait. Il en alla de même pour Cam Newton dimanche soir : il eut l’opportunité de prouver sa sportivité à ses nombreux détracteurs dans le pire contexte qui soit. Il la gâcha, confirmant leurs plus basses opinions.

Sans même évoquer l’exemple désastreux qu’il donne aux jeunes sportifs qui admirent ses qualités athlétiques, l’attitude de Cam Newton représente d’abord un problème pour lui-même. La lucidité et la remise en cause constituent en effet les incontournables préalables à tout progrès personnel.

Le joueur Cam Newton est une bénédiction pour le football américain auquel il apporte une diversité de schémas de jeu, un caractère spectaculaire et une joie de vivre incomparables. Il faut désormais lui souhaiter que l’homme se mette au niveau de l’athlète.

1 Sélection par les clubs des joueurs qui vont les rejoindre, principalement en provenance des universités du pays. Beaucoup plus rarement, certains joueurs sont dénichés dans les lycées américains ou dans des clubs ou universités à l’étranger. Les plus mauvaises équipes choisissent en premier et obtiennent donc censément les meilleurs joueurs. Le classement de sélection dans la Draft est l’un des principaux honneurs de la carrière des athlètes professionnels de sports collectifs outre-Atlantique. Mais, comme le montre notamment le célébrissime exemple de Tom Brady (choisi en 199ème position), tous les plus grands champions n’ont pas été sélectionnés dans un très haut rang lors de la Draft.

Un commentaire sur “C’est dans la défaite qu’on reconnaît les vainqueurs”

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Bonjour,

Fan de Foot et hazard de la compétition fan des deux équipes qui s’affrontaient dimanche dernier, je me permet d’ajouter, pour défendre le jeune Cam Newton, dont l’attitude a choqué pas mal de monde, que Peyton Maninng, Quaterback vainqueur dimanche dernier, sans doute l’un des joueurs les plus respecté de la ligue, avait simplement refusé de serrer la main de son adversaire – dont j’ai oublié le nom – lors d’une finale perdue il y a 6 ans.
Que Cam se rassure du haut de ces 25 ans, les gens heureusement ont la mémoire courte.

Frédéric

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