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Toute vérité n'est que perception

La leçon de management de Michael Jordan

Passion + exigence = succès.

Michael Jordan est probablement le plus grand champion que le sport – toutes disciplines confondues – ait connu. Au-delà de son palmarès inégalé (6 titres de champion NBA avec les Bulls de Chicago, 6 fois meilleur joueur de la finale, 5 fois meilleur joueur de la saison régulière, 10 fois meilleur marqueur de la saison, double champion olympique…), ce sont son génie du jeu, sa capacité unique à faire la différence dans les moments clés des matches, son éthique professionnelle et personnelle ainsi que son charisme qui en firent le sportif le plus accompli et le plus populaire de l’Histoire.

Harry Edwards, professeur de sociologie à l’Université de Berkeley (Californie), compara son génie à ceux de Gandhi, Einstein et Michel Ange. Il expliqua que, s’il devait présenter un extraterrestre au nec plus ultra du potentiel humain, de la créativité, de la persévérance et de l’intelligence, il lui ferait rencontrer Michael Jordan. Quant à l’écrivain américain Scott Turow, il écrivit que l’excellence de Jordan au basket dépassait celle de n’importe quel autre individu à travers le monde dans n’importe quelle autre activité.

Au-delà des prédispositions naturelles de Jordan, à quoi peut-on attribuer cet extraordinaire parcours ? En lisant “Playing for Keeps“, la biographie de Jordan écrite par David Halberstam (lire ma critique ici), j’ai entrevu deux qualités à travers l’ensemble de sa carrière : la passion et l’exigence.

La passion

Tous ceux qui ont côtoyé Jordan depuis ses débuts (entraîneurs, partenaires, observateurs…) ont été frappés par son amour du jeu, un amour qui ne pouvait être feint. Il donnait l’impression de n’attendre que deux choses : les entraînements et les matches. C’est une attitude qui tranche avec celle de beaucoup de jeunes joueurs qui lui succédèrent et qui, obtenant des contrats juteux en raison de leur potentiel, ne pensèrent qu’à profiter de leur nouvelle richesse plutôt qu’à pratiquer leur sport.

Michael Jordan, à l’inverse, était le seul basketteur professionnel de la NBA ayant une clause dans son contrat qui lui permettait de jouer avec des inconnus sur n’importe quel terrain de rue des Etats-Unis lorsqu’il en avait envie. Les équipes refusaient ce genre de pratique aux professionnels par peur des blessures mais Jordan imposa cette clause et l’utilisa très souvent dans la première partie de sa carrière (lorsqu’il pouvait encore sortir sans provoquer une émeute).

Lorsque sa notoriété et sa popularité mondiales n’eurent d’égales que celles de Lady Di et qu’il ne pouvait plus sortir de sa chambre d’hôtel lorsque les Bulls jouaient à l’extérieur, il se réfugia dans l’amour du jeu plutôt que de commettre des erreurs comme beaucoup de stars qui craquent sous la pression. Il fit le tri entre le réel – son amour du basket – et l’artificiel – tout le reste.

Last but not least, c’est aussi la passion – doublée d’une certaine lassitude – qui le conduisit à entamer une carrière de joueur de baseball professionnel débutant après avoir gagné trois titres de champion NBA et alors qu’il était au firmament de sa gloire : la passion d’un sport partagée avec son père qui venait d’être assassiné (en août 1993) et auquel il voulut rendre hommage avec ce détour inattendu avant de revenir, presque deux ans après, en NBA gagner trois autres titres.

Ce passage dans le monde du baseball fut d’autant plus remarquable qu’il mit Jordan, alors le sportif le plus admiré de la planète, aux prises avec les affres d’un sport qu’il ne maîtrisait pas mais qu’il s’évertua à apprendre, tout en bas de l’échelle, sans relâche – et sans succès – sous les quolibets des médias.

Michael Jordan - (CC) cliff1066™

Michael Jordan – (CC) cliff1066™

L’exigence

Mais la passion, seule, n’est pas synonyme de succès. Son meilleur compagnon est l’exigence et, dans ce domaine, Jordan sortit aussi du lot.

L’exigence qu’il nourrissait vis-à-vis de lui-même était d’autant plus impressionnante et marqua d’autant plus les esprits qu’il était le joueur le plus doué de tous les temps. Or, au lieu de se reposer sur son talent naturel, il voulut toujours tirer le maximum de son potentiel. Il fut à la fois le joueur le plus brillant de l’histoire de la NBA et celui qui s’entraîna le plus. A cet égard, il fut, plus encore que leur entraîneur, le premier juge du degré d’investissement de ses partenaires qui craignaient plus que tout sa critique.

Cette exigence trouvait sa source dans une exceptionnelle rage de vaincre qui lui faisait refuser la défaite, et ce pas uniquement en basket. Quelle que soit l’activité entreprise, Jordan devait l’emporter et était prêt à tous les efforts pour arriver à ses fins. Son seul échec à cet égard fut probablement le baseball.

Interrogé sur la définition qu’il donnerait de Jordan, Luc Longley, l’un de ses partenaires au sein des Bulls, répondit en un mot : “prédateur”. James Jordan, son père, ira même jusqu’à évoquer à son sujet un esprit de compétition quasiment pathologique.

Cette envie inextinguible de gagner s’est exprimée tout au long du parcours de Michael Jordan dans des événements ou anecdotes célèbres :

  • après sa première saison en NBA, au cours de laquelle il fut élu meilleur débutant (“rookie“) de la ligue, il retourna en Caroline du Nord voir l’un de ses entraîneurs universitaires pour lui demander ce qu’il devait améliorer dans son jeu. Celui-ci lui répondit qu’il venait d’être élu meilleur débutant et lui demanda ce qu’il voulait de plus. Jordan reposa sa question et obtint une réponse : s’il améliorait son shoot sauté, il deviendrait imbattable ;
  • c’est ce qu’il fit. Alors qu’il était à ses débuts déjà l’un des meilleurs shooteurs de la NBA, il travailla sans cesse pour améliorer son shoot sauté et le perfectionner dans les situations de jeu les plus difficiles. Cela lui permit de réaliser des paniers gagnants dans nombre de fins de match lorsqu’il prit la situation en main pour faire la différence ;
  • l’esprit de compétition de Jordan résistait très mal à la provocation. Les joueurs – au premier rang desquels Magic Johnson – et les entraîneurs les plus perspicaces de la NBA comprirent vite qu’il ne fallait pas titiller verbalement Jordan si on ne voulait pas, comme l’un d’eux le dit, “réveiller le lion”. Ainsi, s’il était un peu plus fatigué lors d’un match (ou d’un entraînement ou de toute autre activité) et qu’un adversaire lui faisait remarquer qu’il arrivait à maîtriser son jeu, son besoin d’être le meilleur le surmotivait et il finissait en fanfare, emportant tout – et surtout les espoirs de victoire de ses adversaires – sur son passage ;
  • deux matches restés dans les annales rendent particulièrement compte du niveau d’exigence de Jordan vis-à-vis de lui-même. Le premier eut lieu au cours de la finale NBA de 1991 entre les Bulls et les Lakers de Los Angeles. Lors du troisième match, Jordan se blessa sérieusement le gros orteil. L’équipe technique des Bulls lui façonna une chaussure spéciale afin d’atténuer sa douleur pour le match suivant mais il considéra après l’avoir essayée qu’elle l’empêchait de joueur aussi rapidement qu’à l’accoutumée. Il décida donc de jouer le quatrième match de la finale avec sa chaussure habituelle et la douleur qui allait avec. Il marqua 36 points et mena de nouveau Chicago à la victoire ;
  • quelques années plus tard, Jordan aborda le cinquième match de la finale NBA 1997 entre les Bulls et les Jazz d’Utah avec une fièvre de 39°. Il avait été malade toute la nuit précédente, n’avait pas fermé l’oeil et pouvait à peine marcher normalement. Il releva ce nouveau challenge qui se présentait à lui, domina le match, marqua 38 points et mit Chicago sur la route d’un cinquième titre. Les images de ce match sont impressionnantes car elle montre le contraste, à quelques secondes d’intervalle entre le Jordan malade dès qu’il n’est pas dans le match (même à l’entraînement quelques minutes avant le début de la partie) et le compétiteur féroce dès qu’il est dans la compétition.

Certes, nous n’avons pas le génie de Michael Jordan. Mais nous pouvons tous appliquer, aux niveaux respectifs auxquels nous exerçons nos activités professionnelles et personnelles, la passion et l’exigence dont le plus grand joueur de basket de tous les temps fit montre durant toute sa carrière.

Nous mettrons alors toutes les chances de notre côté de remporter des succès ou, à défaut, d’avoir donné notre meilleur, ce qui, in fine, est la seule chose qui compte.

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