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Toute vérité n'est que perception

L’Hyperloop nous permet de voir un génie, Elon Musk, en action

C’est une leçon de management inédite.

Hier, Elon Musk a mis en ligne sur les blogs de Tesla et SpaceX un document de 57 pages présentant son concept d’Hyperloop qui permettrait de relier San Francisco et Los Angeles (560 kilomètres) en une demi-heure à une vitesse de croisière de 1 200 kilomètres/heure.

L’objet de cet article n’est pas de vous expliquer les caractéristiques techniques du concept – j’en serais bien incapable. Pour résumer et m’en tenir à la première définition donnée par Musk, l’Hyperloop est “un mix entre le Concorde, un canon électrique et un jeu de hockey sur coussin d’air“. Il serait constitué d’un tube pneumatique au sein duquel voyageraient sur un coussin d’air des capsules accueillant les passagers, l’ensemble étant alimenté par l’énergie solaire. Sa construction coûterait 6 milliards de dollars, soit 11 fois moins que le train à grande vitesse que la Californie envisage de financer pour relier ses deux villes les plus emblématiques. Le prix d’un billet à bord de l’Hyperloop serait de seulement 20 dollars.

Comme à chaque fois qu’un inventeur présente une idée sortant de l’ordinaire, les Cassandre se multiplient pour souligner combien le concept proposé est irréalisable. Beaucoup des objections mises en avant me paraissent applicables à n’importe quel nouveau moyen de transport et elles ont été réfutées par des personnes éminemment plus compétentes que moi.

Une vue de l'Hyperloop - (CC) Elon Musk

Une vue de l’Hyperloop – (CC) Elon Musk

Ne nous arrêtons donc pas à ces critiques pour nous intéresser plutôt à ce que représenterait l’Hyperloop : le premier nouveau mode de transport inventé depuis une cinquantaine d’années et une révolution des transports publics en matière de temps et budget. 

Cela vous semble impossible ? Elon Musk a justement pour habitude de réaliser l’impossible. Cependant, il a indiqué qu’il n’avait pas le temps, aujourd’hui, de mener à bien ce projet.

Il est en effet concentré – avec un succès qui ne se dément pas – sur la révolution de trois industries : spatiale (en lançant des véhicules spatiaux réutilisables et 90% moins chers que la navette spatiale afin d’envoyer à terme une mission habitée sur Mars), automobile (en faisant adopter la voiture électrique par le grand public afin de réduire notre dépendance au pétrole) et énergétique (en popularisant les panneaux solaires afin de contribuer à la résolution de la crise de l’énergie). Autant de projets qui, à l’origine, ne semblaient pas beaucoup moins fous que l’Hyperloop.

Du fait de ce manque de temps, Elon Musk a indiqué que son concept était, en configuration OpenSource, à la disposition de celles et ceux qui auraient le loisir de le mettre en oeuvre. Le problème est que fort peu d’individus bénéficient de son génie à la fois technique (lire ici pour comprendre l’idée qui permettra à l’Hyperloop de réussir là où d’autres concepts comparables ont échoué précédemment) et entrepreneurial. A mon sens, personne d’autre que Musk ne sera capable de réaliser ce projet et il devra tôt ou tard s’y atteler – son point presse tenu hier par conférence téléphonique a montré qu’il en meurt d’envie – sans porter préjudice à ses autres entreprises.

Quoi qu’il en soit, la communication d’Elon Musk sur ce projet – sur son compte Twitter, lors de différentes interventions publiques et avec le document de 57 pages publié hier – nous permet d’être aux premières loges pour voir l’entrepreneur le plus étonnant de notre époque en action. Cela constitue une leçon managériale sans égale en termes de prise de risques, d’innovation, d’esprit d’entreprise et de sens des responsabilités. C’est exaltant et passionnant de suivre les méandres d’un tel projet en temps réel.

Ainsi que le déclarait il y a quelques mois Astro Teller, en charge au sein de Google X des projets les plus innovants (voiture sans pilote, ballons dirigeables pourvoyeurs de WiFi…), Elon Musk est un trésor national pour les Etats-Unis, plus encore en raison de son audace et de sa prise de risque financière sur ses deniers personnels que de son génie.

Incidemment, Elon Musk pense déjà à la révolution suivante qu’il voudrait initier, encore dans le domaine du transport, avec le développement d’un jet supersonique électrique (pour réduire son impact environnemental) à décollage et atterrissage verticaux (pour voyager au plus près des villes). Ce jet complèterait, sur les longues distances, la révolution réalisée par l’Hyperloop sur les moyennes distances.

Et Musk n’a que 42 ans.

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