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Toute vérité n'est que perception

La leçon de communication de Woody Allen

Pas glorieuse mais efficace.

Le célèbre réalisateur est accusé par sa fille adoptive, Dylan, d’abus sexuel commis en 1992 alors qu’elle avait sept ans. Elle a notamment porté cette charge dans The New York Times la semaine dernière. Woody Allen vient de répondre, toujours dans le quotidien new yorkais, en niant les accusations d’inceste et en attaquant son ex-compagne, Mia Farrow, mère adoptive de Dylan.

Il l’accuse notamment d’avoir coaché leur fille depuis son plus jeune âge pour qu’elle le mette en cause après avoir découvert qu’il entretenait une liaison avec une autre de ses filles adoptives, Soon-Yi (alors âgée de 19 ans), qu’il épousera quelques années plus tard. Cette dernière avait été recueillie par Mia Farrow lorsqu’elle était en couple avec le chef d’orchestre Andre Previn avant de rencontrer le réalisateur.

Désolé de ces détails mais la vie sentimentale de Woody Allen est aussi complexe qu’indispensable à la compréhension du brouhaha médiatique actuel.

Woody Allen - (CC) Raffi Asdourian

Woody Allen – (CC) Raffi Asdourian

Il ne m’appartient pas ici de me prononcer sur le fond de l’affaire mais d’en tirer une leçon en matière de communication de crise.

Dans ce domaine, l’une des règles fondamentales est de ne pas commenter prématurément des rumeurs ou informations embarrassantes, alors qu’elles ne constituent pas (encore) une réelle menace, afin de ne pas leur donner d’importance et de ne pas les légitimer*. Il est d’ailleurs parfois difficile de faire comprendre à un dirigeant qu’il ne faut pas réagir prestement aux attaques dont sa personne ou son bilan est l’objet.

Dans certains cas, en particulier lorsque la défense n’est pas dicible publiquement, cette règle du silence doit être appliquée même lorsque l’information incommodante prend de l’ampleur. La seule solution revient alors à espérer que l’actualité détournera naturellement l’attention du sujet épineux ou à tenter de le faire soi-même en communiquant sur d’autres thématiques.

Mais il existe une autre approche, employée hier par Woody Allen : chercher à instiller le doute pour limiter les dégâts en termes d’image. Le réalisateur applique cette méthode en niant et en contre-attaquant. Ce n’est pas glorieux mais cela fonctionnera vers une partie du public car il n’y a pas, dans cette affaire, de preuves.

Tout se joue donc, plus encore que jamais, sur la perception. Les accusateurs de Woody Allen font valoir qu’il a une relation avec une autre fille adoptive de Mia Farrow, ce qui en fait un coupable crédible. Ses défenseurs arguent qu’une expertise médicale indépendante réalisée sur Dylan Farrow quelques mois après les faits présumés avait conclu que la petite fille n’avait pas été agressée sexuellement; ce qui en fait un innocent plausible.

C’est pourquoi Woody Allen n’avait d’autre choix que de rentrer dans l’arène. Dans un tel contexte médiatique, un accusé qui ne se défend pas accrédite le réquisitoire prononcé contre lui. Espérons que sa défense est sincère et que Woody Allen n’est pas un autre Roman Polanski.

* Incidemment, cette règle est de plus en plus délicate à appliquer car les informations se propagent désormais sur Internet en temps réel et vers un public sans limite.

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