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Emeutes de Ferguson : Twitter plus rapide et influent mais moins populaire que la télévision

La différence entre l’étincelle et le feu.

The Pew Research Center a publié une très intéressante étude sur la couverture des événements de Ferguson (Missouri) par Twitter et les chaînes d’information télévisées américaines (CNN, Fox News et MSNBC). J’en tire les enseignements qui suivent.

Sur le réseau de micro-blogging, la conversation au sujet de Ferguson commença très rapidement après la mort de Michael Brown (un jeune noir désarmé tué par un policier blanc) le 9 août dernier. Dès le lendemain, 146 000 tweets relatifs à ce drame furent mis en ligne. Le 13 août au soir (heure de la côte Est), 4 500 tweets sur Ferguson furent publiés en moyenne chaque minute (voir graphe ci-dessous), alimentant la montée en puissance de la couverture télévisée.

Il faut dire que Fox News et MSNBC ne commencèrent à couvrir le sujet en prime-time que le 11 août et CNN le 12 août (après déjà deux nuits d’émeutes). A partir de cette date, soit trois jours après le décès de Michael Brown, l’histoire devint un sujet d’ampleur nationale outre-Atlantique.

Le pic du “bruit médiatique” – sur Twitter et à la télévision – fut atteint le 14 août, au lendemain de l’arrestation de deux journalistes* (l’un du Washington Post et l’autre du Huffington Post, le parfait “mix” pour mobiliser l’ensemble de la presse) et le jour du premier commentaire officiel de Barack Obama.

Pew Research Center 1

Il est également instructif de comparer les couvertures médiatiques respectives des morts de Michael Brown et de Trayvon Martin (encore un jeune noir désarmé tué, en février 2012, cette fois par George Zimmerman, un résident hispanique de Floride alors en patrouille de voisinage).

Le meurtre de Trayvon Martin n’avait trouvé un écho sur Twitter que lors de la diffusion, trois semaines après le drame, de l’appel de Zimmerman aux services d’aide en urgence (voir graphe ci-dessous).

Pew Research Center 2

L’autre différence entre les deux événements réside dans les volumes respectifs de tweets qui leur furent consacrés : 3,6 millions par jour au paroxysme de la crise de Ferguson (14 août) contre un pic de 692 000 en une journée il y a deux ans et demi.

Au total, le décès de Michael Brown généra 10,6 millions de tweets en huit jours contre 4,7 millions sur un mois pour le meurtre de Trayvon Martin. Cela s’explique en grande partie par le fait que Ferguson connaît des émeutes d’une ampleur exceptionnelle qui n’avaient pas eu lieu en Floride.

A ce stade du développement des réseaux sociaux, je considère que, médiatiquement, Twitter est l’étincelle et la télévision le feu.

Comme une étincelle, Twitter allume l’intérêt des autres médias et d’une partie du grand public (seulement 19% des internautes américains adultes utilisent le réseau de micro-blogging) pour un sujet d’actualité. Elle fonctionne de ce fait comme l’agence d’information du 21ème siècle et génère de la viralité, dans un premier temps sur le web social. Puis, à partir de cette étincelle, la télévision enflamme le sujet en lui donnant une plus grande consistance auprès de l’ensemble de la population.

* Porter atteinte à un (ou plusieurs) journaliste(s) demeure le plus sûr moyen de booster l’attention médiatique.

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