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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Le numérique contre la communication

Le refus de l’altérité.

La révolution numérique a davantage démocratisé la communication que toute autre innovation technologique ou nouvelle pratique : grâce aux smartphones et aux réseaux sociaux notamment, chacun peut désormais à tout instant exprimer ses vues en touchant un public sans aucune limite géographique, démographique ou sociologique. A l’ère analogique, seuls les médias et les acteurs de l’actualité avaient accès à une telle audience.

Mais le paradoxe est que cette démocratisation sans précédent de la communication en nie l’élément le plus fondamental : la relation entre les personnes qui échangent. De fait, la communication numérique est focalisée sur l’émetteur auquel elle donne une capacité d’expression infinie. Partant, elle élimine le récepteur.

La communication analogique prend en compte le récepteur de deux manières :

  • dans les communications individuelles (en face-à-face, au téléphone…), l’émetteur reçoit des signaux (réponses verbales, langage corporel, ton de la voix…) de son interlocuteur et peut moduler sa propre communication en fonction de ces réactions ;
  • quant aux communications plurielles (un émetteur vers plusieurs récepteurs), elles sont filtrées, le plus souvent par des médias : un individu ne peut pas de son propre chef s’exprimer sur une chaîne de télévision, dans un journal ou sur un panneau d’affichage. Ce filtrage assure une correspondance minimale des contenus diffusés avec les récepteurs auxquels ils sont destinés.

Evan Spiegel – (CC) TechCrunch

A l’inverse, les contenus diffusés sur les plates-formes numériques ne sont pas adaptés aux audiences auxquelles ils sont présentés et ne prennent pas en compte leurs réactions. Alors que l’extension sans limite des publics touchés par une communication numérique devrait aller de pair avec une plus grande empathie, elle conduit l’émetteur à être centré sur lui-même.

“Communiquer”, étymologiquement, signifie mettre en commun. Or la communication numérique s’apparente trop souvent à un refus de l’altérité. Ce phénomène favorise les dérives que l’on observe, notamment dans le champ politique.

Il y a quelques jours, lors de la conférence The Atlantic Festival, Evan Spiegel, cofondateur et patron de Snap, s’interrogeait ainsi : “[Dans un monde numérique], n’importe qui peut diffuser ce qu’il veut à des millions et des millions de gens. En tant que Société, nous devons décider si nous considérons que c’est une bonne chose“.

Même si cette question s’inscrit dans un plaidoyer pro domo de Spiegel pour Snapchat face à Facebook, elle est pertinente. En l’état actuel des choses, il semble cependant impossible de revenir en arrière. Il appartient donc à chaque organisation et chaque individu de faire preuve de responsabilité et aux Etats d’investir au juste niveau en matière d’éducation.

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