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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

L’anti-leçon de management de Neymar

Le respect, de soi et des autres, est au fondement de la réussite.

Il y a quelques jours, interrogé sur son avenir au sein du Paris Saint-Germain, Neymar déclarait :

La vérité, c’est que je n’ai rien à prouver à personne (il insiste sur ce mot). Les gens parlent trop car ils ne peuvent rien faire d’autre. Ils me connaissent, ils savent comme je suis, comment je joue. Je n’ai rien à montrer. J’aime jouer au football, je suis content”.

L’arrogance de cette déclaration est d’autant plus indigeste qu’elle émane d’un joueur connu autant pour son dilettantisme que pour son talent. Neymar est le plus grand gâchis footballistique de sa génération, en ce qu’il présente le plus important écart entre ses capacités et ses performances. Au fil de ses entorses successives au professionnalisme attendu d’un joueur qui gagne plus de 4 millions d’euros par mois, il en est venu à incarner la figure du sportif professionnel uniquement intéressé par l’argent et les autres privilèges que sa notoriété lui prodigue sans le moindre égard pour ceux qui lui offrent cette vie (ses employeurs, ses coéquipiers, les supporters…).

Neymar – (CC) Getty Images

Estimer que l’on n’a “rien à prouver à personne”, c’est ne pas respecter ceux qui ont moins de talent que soi, ceux dont Neymar, toujours élégant, dit qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que de parler. C’est ne pas considérer la faveur que constitue son talent comme une responsabilité vis-à-vis de ceux moins chanceux que soi. Etant donné son rapport à la célébrité, je doute que Neymar soit influencé par la vision sartrienne de la relation aux autres selon laquelle le regard d’autrui nous fait passer du néant, la liberté de notre conscience, à l’être, l’image de comportements saillants soumise au jugement.

Estimer que l’on n’a “rien à prouver à personne”, c’est aussi ne pas se respecter soi-même en refusant de réaliser son potentiel, loin du précepte de Nicolas Boileau : “mes défauts sont mes seuls ennemis“. C’est une démission plus grave encore car la compétition la plus exigeante est toujours celle avec ses propres limites. Ce qu’exprime Neymar, en réalité, c’est le rejet de la moindre remise en question et, partant, le renoncement à tout progrès.

Son attitude contraste avec la classe et l’exigence de Charles Leclerc, le jeune pilote de Ferrari, qui déclarait après avoir commis une deuxième bévue cette saison lors du Grand Prix de France :

C’est une erreur personnelle, ce n’est pas la première fois. A la fin de l’année, s’il nous manque vingt-cinq ou trente points, avec mon erreur d’Imola, je sais qu’ils viendront de moi. Je ne pourrais m’en vouloir qu’à moi. Deux erreurs, cela fait mal. Si je reste à ce niveau-là, je ne mérite pas de gagner le championnat. Je vais continuer à y croire jusqu’au bout, on fera les comptes à la fin de la saison“.

Le Monégasque fit ainsi montre de trois qualités, l’humilité, l’honnêteté et la volonté d’apprendre de ses erreurs, qui manquent au Brésilien. Or, non seulement font-elles la noblesse d’âme mais fondent-elles aussi la réussite, en sport comme en entreprise.

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