18 février 2026 | Blog, Blog 2026, Communication, Management, Marketing | Par Christophe Lachnitt
Désapprendre, condition sine qua non d’une adaptation réussie à l’IA générative
La propagation de l’intelligence artificielle générative induit que le changement va être la seule constante de nos métiers dans les prochaines années.
Dans ce contexte, il ne suffira pas d’apprendre pour rester pertinent. Il faudra aussi savoir désapprendre. Le futurologue Alvin Toffler l’a écrit avant moi et sa sentence est plus juste que jamais : “Les analphabètes du 21ème siècle ne seront pas ceux qui ne savent ni lire ni écrire, mais ceux qui ne savent pas apprendre, désapprendre et réapprendre”.
Face aux bouleversements occasionnés par l’intelligence artificielle générative, il faut désapprendre des savoirs, des pratiques de travail et des croyances. Cette faculté de désapprentissage fera largement la différence entre les équipes qui bénéficieront du bouleversement en cours et celles qui en pâtiront. Dès lors, abandonner des modèles mentaux et des habitudes quotidiennes suffisamment vite va devenir essentiel. Pour réussir, il faudra considérer cette démarche comme un pas en avant et non comme un renoncement, et ce aux plans individuel et collectif.
Si apprendre est difficile, désapprendre l’est plus encore. En effet, il faut délaisser des manières de penser et de faire qui ont assuré sa viabilité professionnelle jusqu’à présent et, souvent, sa tranquillité d’esprit. Il faut, pour ce faire, lutter contre le biais de confirmation qui fait préférer les informations allant dans le sens de ses croyances et, partant, de ses habitudes.

Or il est | très difficile de surmonter des habitudes émotionnellement enracinées, en raison du conflit entre les systèmes cérébraux automatique et réfléchi qui requiert un grand effort cognitif pour juguler les réflexes acquis. Les circuits neuronaux établis représentent des raccourcis mentaux que le cerveau emprunte plutôt que d’en créer de nouveaux. Désapprendre exige donc de museler ses réflexes et d’en constituer d’inédits. Ce processus consomme beaucoup d’énergie mentale et est plus délicat à activer dans une situation de stress.
En outre, remettre en cause ses pratiques peut menacer son identité, si une personne associe excessivement ce qu’elle est à ce qu’elle accomplit professionnellement.
Last but not least, le cerveau, dont l’une des premières missions est de nous protéger, perçoit l’inconnu comme une menace. C’est pourquoi il est important, en période de changement, d’instaurer un climat psychologique sécurisant dans lequel il est permis de tester de nouvelles pratiques sans peur de l’échec : ne vous attendez pas à ce que vos collaborateurs questionnent leurs habitudes s’ils craignent d’être jugés.
Le dirigeant qui insiste le plus sur l’importance du désapprentissage, ces temps-ci, est Satya Nadella, le patron de Microsoft. Il faut dire qu’il a centré la renaissance du Groupe sur le passage d’un culture du “know it all” à une culture du “learn it all”, expliquant que les organisations et les individus qui veulent apprendre l’emporteront toujours sur ceux qui pensent tout savoir.
Si vous voulez favoriser le désapprentissage, libérez la parole, encouragez la curiosité, et démontrez, notamment par l’exemplarité managériale, que vous valorisez l’évolution plutôt que la perpétuation du statu quo.
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