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Toute vérité n'est que perception

Barack, quand on vous compare à Jimmy Carter, c’est que vous avez un problème de perception

Les Etats-Unis célèbrent – si l’on peut dire – aujourd’hui le “discours du malaise” prononcé à la télévision par Jimmy Carter il y a trente-deux ans. C’est un anniversaire malheureux pour Barack Obama que certaines voix commencent à comparer à l’ancien président démocrate.

Le 15 juillet 1979, Jimmy Carter accomplissait l’une des plus grandes erreurs de communication jamais réalisées par un Président américain. Son adresse télévisée à la Nation avait pour thème la crise de confiance du peuple américain, un sujet si contradictoire avec l’optimisme consubstantiel à la Nation américaine et avec le rôle de cheerleader du Président qu’il allait rentrer dans l’Histoire comme le “discours du malaise” même si ce terme ne figurait pas dans ladite adresse. Celle-ci, en tout cas, acheva de détruire la présidence de Carter.

Lorsqu’il s’assit devant les caméras de télévision, la popularité de Carter était déjà affaiblie par la crise économique, le galop de l’inflation et les queues aux stations essence. Le pessimisme et la colère montaient dans le pays. Cependant, Carter exclut tout espoir de son propos, se faisant le héraut des doutes de ses concitoyens au lieu d’être le héros de leur exceptionnalisme. Quand un leader oublie de montrer la voie pour seulement rendre compte des problèmes de ceux qu’ils dirigent, il les trahit.

Carter évoqua notamment la fin de l’invincibilité de l’armée américaine et la faiblesse du dollar. Jamais, dans l’histoire américaine, un Président avait-il ainsi attaqué toutes les institutions du pays et sa valeur cardinale, la foi dans un avenir radieux. Last but not least, les Américains comprirent que leur Président les blâmaient pour la situation qu’il décrivait au lieu d’assumer la responsabilité de l’état du pays qu’il dirigeait. Le résultat fut que, l’année suivante, ils élurent le candidat au discours probablement le plus optimiste de l’Histoire, Ronald Reagan, un Président qui, à l’inverse de Carter, ferait toujours résonner les aspirations des Américains, même dans les situations les plus graves.

Barack Obama, pour sa part, a toujours été un homme politique beaucoup plus à l’aise dans la raison que dans l’émotion. Cela l’a servi dans un premier temps, lorsque cette qualité contrasta avec la perception qui était attachée à George W. Bush, dont le processus de prise de décision était jugé insuffisamment logique par ses concitoyens. Aujourd’hui, après deux années et demie au pouvoir dans un climat de crise presque sans précédent, le déficit d’empathie d’Obama est un réel handicap.

Pis, les leçons qu’il semble donner au peuple américain réveillent aux yeux de certains les souvenirs de Jimmy Carter. Pour ne prendre qu’un exemple, Obama a récemment expliqué que les Américains ne pouvaient pas comprendre les débats budgétaires parce qu’ils n’avaient pas accès à toutes les informations nécessaires pour ce faire et il leur a recommandé de ne pas dépenser tout leur argent, prenant à cet égard l’exemple de sa grand-mère.

De tels propos participent de la perception qu’ont un certain nombre d’Américains que Barack Obama méprise leurs difficultés quotidiennes, et en particulier leur peine à trouver un emploi. Cela constitue une bombe politique à retardement. Dans le même ordre d’idées et même si cela est difficile à comprendre de ce côté-ci de l’Atlantique, la réforme du système d’assurance-maladie, qui restera comme le grand succès du premier mandat d’Obama, a été mal perçue par une majorité de l’Amérique : elle n’était pas considérée comme prioritaire à un moment où le taux de chômage atteignait des sommets et où l’accroissement des dépenses et de la dette publiques n’étaient pas la réponse attendue au marasme financier du pays. Cela a probablement coûté à Obama les élections de mi-mandat qui ont permis aux Républicains de reprendre la majorité au sein de la Chambre des Représentants. L’incapacité d’Obama à progresser dans son dialogue avec ses concitoyens risque de lui coûter sa réélection même si les candidats républicains actuels aux primaires sont loin de sortir du lot.

En perception, jouer à contretemps est une faute majeure. Et c’est ce qu’Obama semble pourtant s’évertuer à faire.

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