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Toute vérité n'est que perception

Lecture : “DisneyWar” par James B. Stewart (2006, 608 pages)

Ce livre, un véritable tour de force journalistique, nous fait vivre de l’intérieur l’une des plus incroyables batailles corporate de ces dernières décennies. Sous Michael Eisner, Disney était vraiment un royaume mais pas si magique que l’on pourrait croire.

Le contraste est en effet saisissant entre les contes de fées que Disney produit pour ses jeunes audiences et l’atmosphère de guerre civile qui régnait au sein de l’entreprise durant la majorité des vingt-et-une années qu’elle passa sous le joug d’Eisner.

C’est cette période de l’histoire du Groupe que James B. Stewart, ancien rédacteur en chef du Wall Street Journal et journaliste au New Yorker, nous raconte dans “DisneyWar” avec un niveau de détails extraordinaire. En lisant ce livre, on assiste aux Conseils d’Administration, aux réunions opérationnelles, aux rendez-vous les plus secrets, aux déjeuners où se trament les conspirations, bref à tous les petits et grands événements qui firent la vie de l’Entreprise durant le règne de Michael Eisner.

Car c’est bien d’un règne dont il s’est agi. Recruté en 1984 par Roy E. Disney, le neveu du génial Walt, Eisner fit bénéficier Disney durant presque dix ans de ses talents créatifs et réveilla la belle endormie en convaincant un grand nombre de talents de l’industrie de la rejoindre. Puis il fut victime de ses méthodes managériales – au centre desquelles la paranoïa généralisée semble avoir joué un rôle prépondérant – et de son égo surdimensionné. Cette mégalomanie l’amena à penser qu’il était l’héritier naturel de Walt Disney et que personne au sein de l’Entreprise, et surtout pas son Conseil d’Administration, pouvait se mettre en travers du chemin de ses ambitions. C’est ce qui conduira Roy Disney à mener une bataille populaire sans précédent dans l’histoire corporate américaine pour obtenir son départ.

Au-delà du compte-rendu minutieux des moindres rebondissements de cette bataille, le livre de James B. Stewart pose la question du rôle des Conseils d’Administration dans le système de gouvernance des entreprises, ainsi que de leur responsabilité légale. Il est clair que, sans la révolte de Roy Disney et de son acolyte Stanley Gold, le Conseil de Disney, qui avait purement et simplement été pris en otage par Michael Eisner, aurait encore longtemps supporté le comportement de potentat de ce dernier au mépris de ses missions les plus élémentaires et du mandat qui lui était confié par les actionnaires du Groupe.

In fine, j’ai trouvé dans ce livre la confirmation de deux de mes plus chères convictions :

  • la prépondérance (i) de la psychologie dans le management et (ii) des émotions dans la conduite des dirigeants les plus expérimentés et censément les plus rationnels ;
  • l’importance de la culture dans la vie d’une entreprise. Plus que tout autre facteur, c’est en effet le non-respect de la culture de Disney par Eisner qui enragea les fans de la marque et permit à ceux-ci, animés par Roy, d’obtenir la tête du PDG dans ce qui fut probablement la première campagne du peuple contre un dirigeant d’entreprise. J’aurai l’occasion d’y revenir dans un prochain article.

Plus qu’un conte de fées, Disney se révèle donc sous Eisner comme un conte d’autodafés.

“DisneyWar” est donc un livre passionnant, très bien écrit et qui se lit comme un thriller corporate. Le seul bémol est qu’il faut être intéressé par les intrigues d’une grande entreprise – cependant parmi les plus singulières de l’Histoire – pour apprécier cet ouvrage autant que moi.

NOTE : B.

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