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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

La leçon de management de Steve Jobs

Newsweek a consacré la semaine dernière son article de couverture au patron d’Apple peu après l’annonce de la démission de celui-ci de son poste de CEO pour raisons de santé. Cet article nous livre un éclairage intéressant sur le comportement souvent qualifié de tyrannique de Steve Jobs.

Alan Deutschman, auteur du reportage et fin connaisseur d’Apple, nous raconte ainsi que, devenu riche et célèbre peu après ses vingt ans, Jobs était conscient du mythe qu’il représentait déjà et de la distance que cela pouvait créer entre ses collaborateurs et lui. Il considéra donc qu’il avait besoin de s’entourer de personnes qui n’auraient pas peur de défendre leurs points de vue en face de lui.

Il réalisa aussi que, en assénant ses opinions très brutalement, il pouvait tester la fermeté de conviction des personnes qui lui faisaient face. Si elles contre-attaquaient, Jobs accordait foi à leur passion pour leur idée. Puis il constata que les individus les plus brillants – qu’ils soient ingénieurs ou designers – réagissaient positivement aux critiques les plus cruelles car elles confirmaient leur crainte de ne jamais être à la hauteur de leur potentiel.

Le jeune Steve Jobs – (CC) Anthony Sigalas

Ce faisant, Jobs devint un maître de la manipulation psychologique, selon Deutschman, alternant compliments généreux et critiques méprisantes. Ses exigences perfectionnistes poussaient ses collaborateurs à se surpasser jusqu’à ce qu’ils ne supportent plus le prix psychologique de leur collaboration avec lui.

Cette anecdote appelle trois commentaires de ma part :

  • elle confirme une nouvelle fois ma profonde conviction que le management est avant tout question de psychologie car le rôle d’un manager est in fine de gérer une collectivité humaine ;
  • ceux d’entre vous qui ont eu la chance de travailler auprès de patrons d’entreprise ont pu faire l’expérience de ces tests durant lesquels un PDG tente de mesurer votre assurance par rapport à l’option que vous lui recommandez. Cela me semble bénéfique lorsque c’est employé avec mesure. En effet, toute décision doit être soupesée et les plus importantes doivent être sérieusement challengées avant d’être prises. Mais, lorsqu’un PDG est moins sûr de lui, il peut parfois s’assurer que votre recommandation est vraiment la bonne en vous poussant dans vos derniers retranchements par tous les moyens et il perd alors le sens de l’écoute qu’il devrait conserver en toutes circonstances. Le problème est que Steve Jobs, tel que décrit par Alan Deutschman, a recours en permanence à de tels excès. Deutschman explique d’ailleurs que Jobs n’était pas si sûr de son jugement technique et esthétique lorsqu’il commença à utiliser cette technique managériale ;
  • last but not least, Jobs semble prendre la capacité du collaborateur à résister au “stress test” auquel il le soumet comme le seul élément démontrant la justesse de sa recommandation. Or résistance et pertinence ne se valent pas. Certains peuvent résister à la pression de Jobs et malgré tout se tromper alors que d’autres peuvent avoir raison mais ne pas être à même d’affronter le tempérament jupitérien de Jobs.

Des deux attributs de Jupiter, le manager doit donc préférer l’aigle – qui observe les situations avec hauteur – à la foudre.

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