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Toute vérité n'est que perception

Julian Assange est tout sauf un ange

Le fondateur de WikiLeaks est pris à son propre jeu : son autobiographie a été publiée sans son autorisation. Cela lui fait tout drôle et c’est tant mieux.

Toujours modeste, Assange avait déclaré lors de l’annonce de son projet de livre que celui-ci constituerait “un document unificateur pour toute une génération”. Le problème est que ce projet n’arrive même plus aujourd’hui à unifier Assange et sa maison d’édition. Assange ne voulant pas rédiger lui-même l’ouvrage mais refusant toutes les versions proposées par sa maison d’édition après avoir pourtant encaissé une avance sur recettes, ladite maison d’édition a publié hier l’ouvrage sans son autorisation.

(CC) bbwbryant

C’est là, il me semble, une excellente leçon pour l’apôtre de la transparence absolue. Autant le dire tout de suite, je considère que WikiLeaks est l’une des pires perversions autorisées par Internet. Un site qui publie par exemple des documents révélant les noms d’informateurs des Américains en Afghanistan et en Irak, mettant la vie de ces personnes et de leurs familles en danger pour promouvoir une transparence absolue* est à mon sens rien moins qu’absolument stupide et relativement criminel.

Internet rend techniquement possible un partage illimité de l’information. Mais lorsque la technique prend le pas sur la raison et que le droit à l’information se mue en droit à l’inquisition, comme c’est le cas avec WikiLeaks, la transparence totale devient totalitarisme. La société dans laquelle les citoyens veulent tout savoir de l’activité de leur gouvernement est, philosophiquement, aussi totalitaire que celle où le gouvernement veut tout savoir de la vie de ses citoyens. En outre, en sachant tout d’un gouvernement, on sait tout de ceux qu’ils gouvernent et qui le gouvernent.

En matière de perception également, la transparence absolue est une dangereuse chimère. Nous nous comportons tous différemment en fonction du “public” qui nous observe : dans le cercle intime de notre famille, avec nos amis, au travail, etc. C’est normal et c’est sain : l’être humain est riche de sa complexité. Vouloir, comme Julian Assange, que tout soit transparent revient à nier la complexité humaine et, partant, la nature profonde de l’Homme. C’est pourquoi Julian Assange est à mes yeux la meilleure – ou la pire – incarnation du précepte de Blaise Pascal selon lequel “qui veut faire l’ange fait la bête”.

Et, disant cela, je lui accorde déjà le bénéfice d’un immense doute : qu’il veuille réellement “faire l’ange”.

 

* Sans évoquer ici ses autres motivations, notamment politiques.

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