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Toute vérité n'est que perception

“War Street” : le medium est le message

Pour mon deuxième article depuis New York, je m’intéresse à ce qui est la sensation locale ces temps-ci : le mouvement Occupy Wall Street qui s’est emparé depuis trois semaines d’un square au coeur d’un Wall Street soudainement transformé en War Street. Le message des manifestants est-il suffisamment efficace en termes de perception et, partant, de politique ?

Occupy Wall Street se définit ainsi : “Nous sommes un mouvement de résistance horizontal employant les tactiques révolutionnaires du Printemps arabe pour restaurer la démocratie en Amérique. Nous avons recours à des assemblées du peuple pour faciliter la prise de décision collective de manière ouverte, participative et non contraignante.”

Occupy Wall Street manifeste contre la crise économique qui met à mal la classe moyenne, augmentant les rangs des pauvres et menaçant de créer une classe permanente de gens éduqués et motivés mais sans emploi. Les manifestants, souvent jeunes*, donnent donc une voix à celles et ceux qui risquent de devenir la génération des opportunités perdues.

Ainsi le taux de chômage s’élève-t-il cette année aux Etats-Unis à 9,6% pour les diplômés d’université de moins de 25 ans et à 21,6% pour ceux qui ont l’équivalent du baccalauréat. En outre, ces données ne prennent-elles pas en compte les jeunes qui travaillent dans des emplois très mal payés ne requérant aucun diplôme. L’Amérique n’a presque jamais connu une telle situation où l’ascenseur social semble ne fonctionner qu’à la descente.

Occupy Wall Street énonce certes une colère contre l’inégalité croissante de la Société et contre le fait que beaucoup de ceux qui sont à l’origine de cette situation se portent comme un charme alors qu’une partie croissante de la classe moyenne est à l’agonie. Mais, plus profondément, il me semble que ce mouvement exprime surtout la peur d’une génération contre la faiblesse des perspectives qui lui sont offertes.

(CC) Christophe Lachnitt

Le problème est que la colère est un message qui trouve vite ses limites s’il ne s’accompagne pas de la promotion d’une alternative. On mobilise toujours plus sur la durée un promettant un monde meilleur qu’en se contentant de vouloir anéantir celui dans lequel on vit.

A cet égard, Bill Clinton a une nouvelle fois remarquablement analysé la situation hier soir dans l’émission Late Show with David Letterman : “Pour que ce mouvement ait un réel impact, il faudra que ses animateurs traduisent leur énergie mobilisatrice en force de proposition ou intègrent des personnalités plus compétentes qu’eux pour présenter un plan alternatif. Il faut qu’Occupy Wall Street soit en faveur de quelque chose et pas seulement contre quelque chose car, sinon, d’autres rempliront le vide qu’il créent. Afin de réellement initier un changement, ce que vous défendez doit être assez clair et articulé pour qu’un mouvement politique le reprenne à son compte comme ce fut par exemple le cas des manifestations pour les droits civiques ou de celles contre la guerre du Vietnam”.

A ce stade, avec Occupy Wall Street, le “medium est le message” comme disait Marshall McLuhan. L’idée maîtresse du mouvement est aussi la forme qu’il revêt : la protestation. Mais la mise à mal du système financier n’est pas une solution porteuse d’avenir. Le message d’Occupy Wall Street est donc trop sommaire pour créer une dynamique positive.

Mesdames et Messieurs de Zuccotti Park, encore un petit effort. Changer le monde est plus difficile que de le détruire.

 

* Même si ce n’est pas flagrant sur ma photo, les manifestants sont effectivement en majorité jeunes. 🙂

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