Fermer

Ce formulaire concerne l’abonnement aux articles quotidiens de Superception. Vous pouvez, si vous le préférez, vous abonner à la newsletter hebdo du site. Merci.

Abonnement

Fermer

Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

La perception politique se moque de la réalité factuelle

On le savait déjà mais une étude américaine le démontre de nouveau avec éclat.

Cette étude* – “When Corrections Fail: The Persistence of Political Misperceptions” – a été réalisée par deux chercheurs en sciences politiques (Brendan Nyhan et Jason Reifler) des universités de Géorgie et du Michigan. Elle traite d’une tendance croissante aux Etats-Unis : la vérification par les médias – qui consacrent désormais des rubriques entières à cet exercice – de la véracité des déclarations des hommes politiques (j’avais consacré un article à ce phénomène il y a quelques mois).

Les conclusions de cette étude sont aussi alarmantes pour la démocratie que peu surprenantes : les réactions aux corrections factuelles apportées aux discours politiques par les médias varient très significativement en fonction de l’ancrage idéologique des individus. Ces corrections échouent ainsi à faire évoluer les perceptions erronées des personnes les plus engagées pour une cause politique. Pis, elles peuvent même produire un effet boomerang en renforçant la prégnance des perceptions erronées des individus les plus idéologisés.

Cela confirme que nous interprétons la réalité en fonction d’un grand nombre de facteurs – et notamment de nos convictions lorsque ladite réalité est politique – et que nous tenons plus que tout à notre cohérence cognitive** qui n’est remise en cause que lorsqu’un important faisceau d’informations contraires nous rend anxieux et nous conduit alors à réviser notre jugement contre nos autres émotions – la peur est toujours l’émotion la plus puissante.

(CC) Diego da Silva

Une fois l’effet de la correction du discours politique analysé sur le récepteur (l’électeur), il convient de s’interroger sur son influence sur l’émetteur (l’homme ou la femme politique). L’étude de Brendan Nyhan et Jason Reifler ne couvre pas cet aspect mais le consensus des médias américains semble être que, plus le candidat a une base électorale large, plus il a tendance à attacher de l’importance à sa crédibilité et à retirer de son discours les éléments dont les médias ont démontré le plus clairement l’inexactitude. A contrario, les candidats qui ciblent un public plus limité et qui sont souvent plus idéologisés ne considèrent pas que leur crédibilité dépende de leur pertinence factuelle.

Pour conclure, je reprendrai une sentence du génial Mark Twain citée par Brendan Nyhan et Jason Reifler en exergue de leur étude : “Ce n’est pas ce que vous savez pas qui vous crée des problèmes. C’est ce que vous savez avec certitude mais qui n’est pas vrai”.

* A laquelle une référence dans un récent article de Politico m’a donné envie de m’intéresser.

** Simplifiée à l’extrême, la cohérence cognitive induit notamment que nous avons besoin de valider a posteriori la pertinence de nos choix.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Remonter

Logo créé par HaGE via Crowdspring.com

Crédits photos carrousel : I Timmy, jbuhler, Jacynthroode, ktsimage, lastbeats, nu_andrei, United States Library of Congress.

Crédits icônes : Entypo