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Toute vérité n'est que perception

La leçon de perception de Bill Clinton (2/2)

Second article dédié à l’interview de Bill Clinton parue dans le dernier numéro du magazine américain Esquire. Un épisode inimaginable récemment encore.

Il y a quelques jours, la chaîne de télévision publique américaine PBS a annoncé la diffusion en février d’un portrait de Bill Clinton en quatre heures. Un extrait d’une demi-heure a été projeté en avant-première au National Press Club. Le film couvre toute la vie de l’ancien Président, depuis son enfance jusqu’à la Maison-Blanche. Or, sur les quatre heures d’émission, une est entièrement consacrée aux infidélités conjugales supposées et avérées du successeur de Reagan. Le seul scandale Lewinsky occupe quarante minutes à la fin du documentaire et occulte presque le reste de la Présidence Clinton.

La teneur de ce film se distingue radicalement du ton laudatif qui accompagne depuis plusieurs années la couverture médiatique de Bill Clinton auquel le temps offre une remarquable rédemption perceptive. Celle-ci est favorisée par sa chaleur personnelle, par le bilan de sa Présidence (et le contraste de celui-ci avec les résultats obtenus par ses successeurs) ainsi que par son action à la tête de sa Fondation.

Exemplaire de cette tendance est donc la couverture consacrée par Esquire à Clinton. L’ancien Président y figure en effet comme symbole des sujets à propos desquels tous les Américains peuvent être d’accord. Inimaginable il y a seulement dix ans lorsqu’il termina son second mandat sur un dernier scandale (un pardon présidentiel injustifiable accordé généreusement la dernière nuit passée à la Maison-Blanche avant l’intronisation de George W. Bush) !

L’article d’Esquire s’ouvre sur les phrases suivantes : “même ses ennemis les plus féroces considèrent désormais sa présidence comme le bon vieux temps. Il est devenu l’une des rares personnalités qui fait consensus dans un pays qui a perdu le sens du consensus”. Celui qui fut le Président le plus controversé de l’histoire américaine, celui dont la Chambre des Représentants vota l’impeachment (destitution), celui qui subit une campagne d’opposition républicaine (qui le vit être accusé de meurtre ou de trafic de drogue) à côté de laquelle les remous auxquels est confronté Barack Obama passent pour des chamailleries d’école maternelle, cet homme est aujourd’hui la figure politique la plus respectée du pays. Une nouvelle illustration, comme le souligne Esquire, du talent du “Comeback Kid” pour redresser les situations les plus désespérées.

Cette évolution de la perception des Américains à l’égard de leur ancien Président confirme que, en politique comme en image, on n’est jamais fini tant qu’on respire encore. Le propre des émotions, qui régissent ces deux domaines si liés que sont la vie de la Cité et la communication, est qu’elles sont, paradoxalement, peut-être plus facilement réversibles que les raisonnements.

Il est heureux que, cette fois, ce phénomène bénéficie à l’un des hommes les plus intelligents de son siècle.

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