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Toute vérité n'est que perception

Lecture : “Tension City: Inside the Presidential Debates” par Jim Lehrer (2011, 224 pages)

Un livre qui ne vous gardera pas sous tension ! Critique de cet ouvrage assortie de quelques réflexions sur l’animation des débats présidentiels de 2012.

Jim Lehrer est un grand journaliste américain, notamment connu pour avoir animé 12 débats présidentiels ou vice-présidentiels entre 1988 et 2012. Il raconte ici l’histoire de 11 de ces débats.

Malheureusement, ce livre est une litanie des échanges les plus célèbres de ces débats et d’anecdotes des coulisses sans intérêt. De fait, je n’ai (presque) rien appris en le lisant.

Le seul passage intéressant est la position de principe sur le journalisme affirmée par Jim Lehrer à la toute fin du livre. J’en cite quelques lignes en hommage à ce grand journalisme et parce que j’adhère pleinement à son point de vue :

J’ai appris à l’Université de journalisme du Missouri dans les années 1950 que les principales missions du journalisme sont de rassembler les faits, d’en rendre compte et de les expliquer. Je n’ai suivi aucun cours pour juger les gens et leurs réponses, rédiger des éditoriaux, effectuer des commentaires ou exprimer mes opinions. J’ai perfectionné une approche équilibrée pour interviewer des individus et rendre compte des faits au cours de dix années comme journaliste et rédacteur en chef dans un quotidien et ensuite dans ma pratique du journalisme à la télévision publique. C’est pourquoi ‘juste et équilibré’ n’est pas un slogan pour moi. C’est un mode de vie professionnelle.

Je considère que tous les journalistes ne sont pas automatiquement faits pour animer des débats. Poser des questions pour obtenir des informations peut être assez différent de poser des questions pour aider les électeurs à comprendre les convictions et positions politiques d’un candidat.

Jim Lehrer a été vertement critiqué aux Etats-Unis pour avoir été inexistant – encore plus inexistant que Barack Obama, ce qui n’est pas peu dire – au cours du premier débat qui mit aux prises le Président en exercice et Mitt Romney le 3 octobre dernier à Denver. Même s’il appliqua les principes qui lui tiennent à coeur, il est vrai qu’il fut non pas trop neutre mais trop apathique dans l’animation de ce débat, posant de rares questions si générales qu’elles n’avaient aucune réelle valeur ajoutée pour aiguiller la discussion des deux rivaux.

A mon sens, le meilleur animateur des quatre débats présidentiels et vice-présidentiel de ce cycle électoral fut Martha Raddatz, la journaliste d’ABC qui mena les échanges entre les deux candidats à la vice-présidence, Joe Biden et Paul Ryan. Elle posa des questions pointues et très pertinentes, s’effaça devant les deux débateurs tout en étant très vive pour les relancer dès qu’elle l’estimait nécessaire. Un exercice parfait.

Un dernier mot, pour conclure ce bilan des débats 2012, sur Candy Crowley qui anima le deuxième débat entre Obama et Romney. J’apprécie d’habitude son travail sur CNN mais je fus déçu par son intervention pour contrôler en temps réel la véracité d’une affirmation de Mitt Romney sur les déclarations de Barack Obama relatives à l’assassinat de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye. Je considère que Candy Crowley sortit de son rôle d’animatrice – qui n’est pas celui d’un arbitre – et commit de surcroît l’erreur de ne rectifier qu’une assertion erronée au cours du débat alors que plusieurs autres déclarations auraient également mérité d’être corrigées ou précisées.

En ne reprenant que l’allégation dont elle était certaine de l’inexactitude, elle manqua à son devoir de neutralité. Pour être complètement neutre, elle aurait dû relever toutes les imprécisions ou erreurs commises par les deux débateurs ou n’en souligner aucune. De fait, le caractère partiel de sa compétence la rendit partiale. Naturellement, la vaste majorité des journalistes américains furent enivrés par le pouvoir assumé par Candy Crowley au cours de son échange avec Mitt Romney, perdant de vue que le plus grand pouvoir et le plus grand devoir des journalistes est d’être le plus irréprochables possible dans leur impartialité.

NOTE : D.

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