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Toute vérité n'est que perception

Nous sommes les responsables ultimes des dérives de la presse

Que faire lorsque l’actualité n’évolue pas au rythme de notre intérêt pour elle ?

Jay Rosen, célèbre professeur de journalisme à l’Université de New York (NYU), a mis en ligne sur son compte Twitter la nuit dernière une phrase qui résume parfaitement l’une des problématiques majeures de la presse à l’âge du web : “lorsque l’intérêt de l’actualité surpasse la disponibilité de faits nouveaux, le risque d’un journalisme inexact augmente silencieusement“.

Le suivi en temps réel de l’actualité a été initié à petite échelle par les chaînes d’information en continu puis porté à incandescence par Internet en général et par certains réseaux sociaux en particulier – au premier rang desquels Twitter.

Jay Rosen - (CC) John Dalton

Jay Rosen – (CC) John Dalton

Ce phénomène n’explique cependant pas à lui seul la tendance soulignée par Jay Rosen. Ce qui lui donne toute sa puissance est le fait que le coût zéro de la production et de la diffusion d’informations sur Internet crée une concurrence sans limite pour les médias classiques. Or, lorsqu’il n’y a plus de barrière à l’entrée sur le marché de l’information, il n’y a également plus de digue pour arrêter les dérives médiatiques.

L’une de ces dérives est que l’information devient de plus en plus un sujet de divertissement. Après tout, beaucoup d’événements d’actualité sont plus spectaculaires que les scénarios cinématographiques les plus imaginatifs et ils sont également beaucoup plus émouvants – et donc plus addictifs – car ils concernent des personnes réelles auxquelles nous pouvons facilement nous identifier.

De ce fait, la course à l’audience et aux pages vues se traduit aujourd’hui plus que jamais par une chasse au scoop et résulte immanquablement dans une liberté de plus en plus grande prise avec les faits. Il est désormais plus important d’être le premier que d’être pertinent.

Les grands médias américains ont encore illustré cette dérive ces dernières heures, annonçant à tort l’arrestation d’un suspect de l’attentat de Boston et gonflant largement les pertes humaines causées par l’incendie de West, près de Waco au Texas. Menacé par leurs concurrents les moins rigoureux (qui n’ont d’ailleurs pas toujours leur carte de presse), les journalistes prennent de moins en moins le temps de la vérification et semblent avoir perdu l’usage du conditionnel.

Il serait naturellement aisé de les blâmer – et je suis parfois tenté de le faire. Mais ce serait oublier qu’ils luttent pour leur survie et que nous sommes les premiers coupables : si nous ne consommions que les médias les plus sérieux, nous leur donnerions les moyens de produire un journalisme minutieux.

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