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Photojournalisme : faut-il opposer éthique et technique ?

L’objectivité d’un photographe de presse se mesure-t-elle à l’aune de la pureté technique de ses clichés ?

Comme le révèle le site ExtremeTech, le meilleur cliché de presse de l’année est un photomontage. Réalisé par Paul Hansen, l’image qui a reçu la récompense la plus prestigieuse de photojournalisme au monde montre deux enfants portés vers leur dernière demeure à Gaza par leurs proches. Cette marche funéraire a bien eu lieu. Mais la photo qui la relate est un montage de trois clichés qui ont été combinés puis retouchés afin de créer l’image la plus belle possible.

C’est Neal Krawetz, un spécialiste de l’analyse des images, qui dévoila la “supercherie”. Pour ce faire, il analysa d’abord l’historique du fichier numérique de la photo, lequel montre que celle-ci résulte de l’association sur Photoshop de trois clichés. Il étudia ensuite avec un outil informatique les pixels (éléments constitutifs d’une image numérique) afin de détecter ceux qui avaient été modifiés. Enfin, l’examen des ombres de la photo – incohérentes avec la position du soleil à l’heure à laquelle la scène reproduite s’est déroulée – confirma que l’image était bien constituée de plusieurs clichés assemblés afin notamment d’optimiser sa luminosité.

(CC) Paul Hansen

(CC) Paul Hansen

Cette anecdote met en lumière – c’est le cas de le dire – une interrogation de plus en plus insistante : comment se définit l’objectivité photographique ?

Il serait à mon sens naïf de la réduire à la pureté technique du cliché pris sur le terrain. Une photo répondant aux critères d’objectivité portés par les ennemis de Photoshop peut ne pas être objective pour autant. Il suffit par exemple qu’elle ait été prise depuis un angle de vue ne rendant pas complètement compte de la scène dont le photographe est témoin et qui, de ce fait, raconte une histoire très différente de la réalité.

L’objectivité d’un cliché ne dépend donc pas uniquement de l’absence de retouches. C’est pourquoi je ne suis personnellement pas choqué qu’un cliché de photojournalisme soit modifié afin de mieux dépeindre encore la scène dont il témoigne. Un photographe de presse est un journaliste : sa responsabilité n’est pas de partager avec nous le cliché le plus pur techniquement mais de nous montrer le meilleur compte-rendu imagé de l’événement qu’il couvre.

Si, comme le dit l’adage, une image vaut 1 000 mots, la responsabilité du photographe de presse est encore plus grande que celle du journaliste. Ce n’est pas en la réduisant à de seules règles techniques qu’on développera son caractère éthique.

En l’occurrence, la beauté de la photo prise et retraitée par Paul Hansen contribua à la connaissance à travers le monde du drame dont elle rend compte. Que ce cliché ait été retouché ne change rien à sa vérité factuelle ni à son objectivité journalistique.

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