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Toute vérité n'est que perception

La convergence des formats de production et consommation vidéo expliquée par Kevin Spacey

La prise de pouvoir des publics.

Kevin Spacey, vedette de la série “House of Cards” produite par Netflix, a prononcé il y a quelques jours un remarquable discours lors du Guardian Edinburgh International Television Festival 2013.

Il a donné une vision très pertinente de l’avenir du monde du cinéma et de la télévision dont je vous livre les meilleurs extraits :

Le succès du modèle adopté par Netflix – mettre la saison complète de “House of Cards” à disposition du public d’un coup – a démontré une chose : les gens veulent avoir le contrôle sur leur divertissement. Ils veulent être libres, par exemple, de pouvoir enchaîner les épisodes s’ils en ont envie jusqu’à regarder les deux saisons d’affilée sans s’arrêter. (…) Avec cette nouvelle forme de diffusion, je crois que nous avons montré que nous avions appris la leçon que l’industrie de la musique n’a pas intégrée : donner au public ce qu’il veut, quand il veut, au format qu’il préfère et à un prix raisonnable. Alors, il est plus probable que les gens paieront pour consommer plutôt que de pirater. Certes, il y aura toujours du piratage mais je suis convaincu que ce nouveau modèle peut lui porter un coup. (…)

Il se trouve que le progrès technologique – Internet, la diffusion en flux (streaming), l’utilisation de plusieurs plates-formes – coïncide avec la reconnaissance de la qualité artistique de la télévision. (…) Les maisons de production qui ignoreront l’une de ces deux mutations seront délaissées par des publics qui évolueront plus rapidement qu’eux. Ces publics chercheront les fournisseurs de contenus qui leur donneront ce qu’ils demandent – des histoires complexes et intelligentes qui sont disponibles quand ils le veulent et qu’ils peuvent regarder quand bon leur semble sur l’écran de leur choix. (…)

Notre industrie échouera si elle maintient une distinction dogmatique entre plusieurs médias – films, télévision, mini-séries, web-épisodes et tous les formats narratifs qui existent aujourd’hui. Lorsque je joue en face d’une caméra, elle ne sait pas si elle filme pour le cinéma, la télévision ou Internet.

Je prédis que, dans dix ou vingt ans, toute distinction entre ces formats – entre ces plates-formes – aura disparu. 13 heures de “House of Cards” visionnées comme un long film sont-elles réellement différentes d’un film ? Définissons-nous un film comme quelque chose qui dure moins de deux heures ? Notre conception ne peut pas être aussi limitée. Si vous regardez un film sur votre écran de télévision, n’est-ce plus un film parce que vous ne le visionnez pas dans un cinéma ? Si vous regardez une émission de télévision sur votre iPad, n’est-ce plus une émission de télévision ? L’équipement utilisé et la longueur du programme sont désormais sans objet. (…) De nos jours, les jeunes ne font plus la différence entre le fait de regarder Avatar sur un iPad, de visionner des vidéos de YouTube sur un écran de télévision ou de voir “Games of Thrones” sur leur ordinateur. Dans tous les cas, il s’agit de contenus et d’histoires.

Et que dire de la capacité d’attention des gens ? Pendant des années, particulièrement avec le développement d’Internet, on nous a expliqué que cette capacité était en chute libre. Mais, si les gens peuvent regarder tous les épisodes de la saison d’une série télévisée en une journée, ne font-ils pas preuve d’une incroyable capacité d’attention ? Lorsque l’histoire est bonne, les gens peuvent visionner des programmes qui représentent trois fois la durée d’un opéra.

Nous ne pouvons donc formuler aucun postulat sur ce que les gens veulent. Nous devons les observer, nous adapter et essayer de nouvelles choses pour découvrir des envies que nous ne leur connaissions pas. Le plus nous expérimenterons, le plus nous apprendrons sur nos publics et le plus d’opportunités artistiques et économiques nous nous créerons“.

Il est une autre mutation née de cette convergence que le grand acteur n’évoque pas : celle des stratégies marketing. Dans ce domaine également, les marques qui l’emporteront seront celles qui se mettront à l’écoute de leurs publics, à l’exemple de ce qu’accomplit Netflix dans l’industrie du divertissement vidéo (que je n’ose plus appeler “industrie de la télévision”).

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