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La sidérante culture du risque sidéral d’Elon Musk

Démonstration avec SpaceX, son entreprise vouée à la conquête de la planète Mars.

Quartz lui consacre un article très intéressant. On y découvre tous les risques qu’Elon Musk a pris au cours de son développement, révolutionnant par là même la culture de l’industrie spatiale.

Considérez ces trois exemples :

  • les moteurs à propergol solide sont unanimement favorisés pour les fusées car ils sont moins coûteux et plus faciles à exploiter. Mais ils sont plus difficiles à contrôler une fois mis en marche et donc plus dangereux pour les vols habités. Pour ceux-ci, les moteurs à combustible liquide sont utilisés même s’ils rendent les fusées qu’ils propulsent plus délicates à réaliser. Visant la colonisation de Mars dès la fondation de SpaceX en 2002, Elon Musk a décidé de concevoir toutes ses fusées avec du combustible liquide (kérosène et oxygène) malgré les risques induits par ce choix ;
  • toujours dans l’optique d’accomplir des vols répétés vers Mars, le facteur coût fut dès l’origine au centre des préoccupations du génial entrepreneur : il lui faut en effet diminuer par au moins dix le coût des fusées par rapport au standard du marché. Cet impératif l’a conduit à privilégier une réalisation en interne et/ou un achat sur étagère de presque tous les composants, à l’inverse de la stratégie adoptée par ses concurrents qui acquièrent ou réinventent au prix fort ces éléments. Ce faisant, Musk a remis en cause l’approche des agences gouvernementales qui réglaient les factures de leurs fournisseurs sans leur donner d’objectif économique. Cette pratique supprimait l’une des plus fortes incitations à l’innovation. SpaceX réalise par exemple des poignées de trappe à partir de pièces de verrous de cabinets de toilette (soit une économie unitaire de 1 470 dollars). Plus étonnant, Elon Musk, appliquant la culture de l’industrie informatique dont il est originaire, met en oeuvre une méthode de conception itérative. Il teste ses innovations lors de vols de prototype plutôt que de se fier au très coûteux processus de développement classique dans lequel les vols ne sont lancés qu’une fois tous les risques éliminés. Inutile de dire que cette politique n’a cessé de décontenancer les ingénieurs de la NASA. Il se peut qu’elle ait aussi produit les échecs successifs des trois premiers vols des fusées de SpaceX. Mais elle a permis à cette dernière de progresser très rapidement et d’enchaîner depuis lors les succès, devenant notamment la première entreprise privée à envoyer une fusée en orbite et à la ramener sur Terre en bon ordre ;
La capsule Dragon de SpaceX près de la station spatiale internationale - (CC) Stuart Rankin

La capsule Dragon de SpaceX près de la station spatiale internationale – (CC) Stuart Rankin

  • l’étape suivante du développement de SpaceX constitua l’occasion pour Elon Musk de prendre un nouveau risque sidéral. L’Entreprise devait démontrer qu’elle pouvait arrimer sa capsule Dragon (voir la photo ci-dessus) à la station spatiale internationale en la télécommandant depuis son centre d’opérations terrestre. Une fausse manœuvre pouvait détruire non seulement ladite capsule mais aussi endommager de manière irrémédiable la station d’une valeur de 150 milliards de dollars. Musk proposa à la NASA de conjuguer les deux tests ultimes programmés pour Dragon – l’approche de la station et l’arrimage – dans un seul vol afin, toujours, de réaliser des économiques substantielles. La nervosité des dirigeants de la NASA fut à la hauteur du risque encouru. D’ailleurs, des problèmes de radar obligèrent les équipes de SpaceX à reprogrammer en plein vol les senseurs de Dragon pour éviter une collision avec la station ou un abandon de la mission. Celle-ci fut un succès complet.

Au final, les risques pris par Elon Musk ont donc payé en démontrant la capacité d’innovation, la performance économique et le professionnalisme de SpaceX. La meilleure preuve en est la sélection par la NASA de la start-up et de Boeing pour acheminer des astronautes vers la station spatiale internationale.

Mais, alors que, aux dires mêmes de la NASA, les deux industriels réaliseront des missions indiscernables, le montant du contrat de SpaceX est de 2,6 milliards de dollars alors que celui de Boeing s’élève à 4,2 milliards. Cet écart, qui ne passe pas inaperçu outre-Atlantique en période de disette budgétaire, met en lumière l’efficacité respective des deux entreprises.

Ce contrat ne représente qu’une étape préliminaire sur la feuille de route audacieuse qu’Elon Musk a fixée à SpaceX, ambition qui devrait les mener sur Mars d’ici vingt ans.

2 commentaires sur “La sidérante culture du risque sidéral d’Elon Musk”

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“devenant notamment la première entreprise privée à envoyer une fusée en orbite et à la ramener sur Terre en bon ordre”

C’est la capsule qu’ils ont ramenée (pour l’instant).

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