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Toute vérité n'est que perception

Drame de Ferguson : perception, mémoire et non-lieu du grand jury au bénéfice du policier

L’analyse des déclarations à la justice américaine des témoins de la mort, le 9 août dernier, de Michael Brown, jeune noir désarmé tué par un policier blanc, met en exergue le fonctionnement de la mémoire.

Le grand jury du tribunal de Clayton (Missouri) devait déterminer si des preuves suffisantes étaient réunies pour porter des accusations criminelles contre le policier. Comme on le sait, il décida de ne pas intenter de poursuites contre Darren Wilson.

Indépendamment du rôle des réseaux sociaux dans les émeutes qui ont résulté de ce drame et de l’annonce de cette décision – rôle que j’ai abordé dans cet article -, ce qui m’intéresse aujourd’hui est le travail de mémoire des témoins de la scène.

Deux journalistes de la chaîne publique de télévision américaine PBS ont décortiqué la soixantaine de témoignages (soit plus de 500 pages) recueillis par le grand jury.

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Comme le montre le tableau reproduit ci-dessus, les incohérences abondent dans les récits des déposants. Elles concernent des éléments aussi importants que la position des mains et l’activité corporelle de Michael Brown lorsque Darren Wilson fit feu sur lui.

J’ai déjà expliqué sur Superception qu’un souvenir n’est pas la reproduction de l’événement mémorisé mais sa recréation*. En effet, notre cerveau ne peut pas stocker toutes les informations qu’il doit traiter. Il résume et stocke l’essentiel de nos expériences en formant par exemple des associations entre différents souvenirs pour se faciliter la tâche. Or le rappel de nos souvenirs est influencé par notre humeur et notre environnement du moment. En outre, nos nouvelles expériences affectent les connexions neuronales de notre cerveau et, partant, influencent nos souvenirs.

C’est pourquoi plusieurs personnes peuvent avoir un souvenir différent du même événement sans forcément se tromper ou faire preuve de mauvaise foi. La mémoire est affaire de perception.

* Comme à chaque fois que j’évoque des concepts neuroscientifiques, je prie les spécialistes de ces sujets d’excuser la simplification et la synthèse excessives de mes écrits.

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