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Les médias d’information vont-ils tous devenir des agences de presse ?

Ezra Klein, l’ancien “wonderboy” du Washington Post qui a créé le site Vox.com consacré à la contextualisation de l’actualité, défend cette idée dans un éditorial.

Il y explique que les médias d’information vont de plus en plus publier leurs contenus, au-delà de leurs seules plates-formes fixes et mobiles, sur Facebook Instant Articles, Apple News, Snapchat, Facebook Video, Twitter Video, YouTube, Flipboard et d’autres services qui n’existent pas encore à ce jour.

Selon le fonctionnement que nous connaissons avec le RSS depuis la nuit des temps numériques, la publication de la production éditoriale des journalistes sur ces différents services sera automatisée par le système de gestion de contenus de leur média.

Cette pratique transformera les médias d’information en agences de presse : ils diffuseront des contenus identiques sur un grand nombre de plates-formes qu’ils n’ont pas créées et qu’ils ne contrôlent pas. Ezra Klein fait le pari que cette mutation sera mature dans trois ans.

(CC) Kathleen Donovan

(CC) Kathleen Donovan

Il explique qu’elle permettra aux médias d’information de toucher une audience beaucoup plus vaste et diversifiée. En revanche, elle limitera leur capacité d’innovation en les obligeant, comme les agences de presse aujourd’hui, à produire des contenus fonctionnant sur toutes les plates-formes.

Reuters n’aurait par exemple pas pu réaliser “Snow Fall“, un reportage multimédia sur une avalanche qui fut spécifiquement conçu pendant six mois par une équipe de 16 personnes du New York Times pour ses plates-formes propriétaires. De même, le développement de nouvelles fonctionnalités (annotations, contenus interactifs…) sur les sites web des médias d’information aura de moins en moins d’intérêt lorsque la majorité de l’audience desdits médias sera touchée sur d’autres plates-formes.

La réflexion d’Ezra Klein reprend la stratégie – alors révolutionnaire – qu’avait présentée il y a quatre mois Jonah Peretti, le fondateur et patron de BuzzFeed.

Ainsi que je l’expliquais à l’époque, le moteur de cette révolution est la publicité native :

La publicité native se distingue par le fait qu’elle se fond dans le support concerné (site Internet, réseau social, application mobile…) en termes de forme et d’emplacement, tous deux identiques à ceux des contenus non-commerciaux – qu’il s’agisse de textes, photos ou vidéos. Elle n’a donc pas besoin de résider sur son site d’origine pour être performante et peut être, comme tout contenu, diffusé sur d’autres plates-formes.

A contrario, l’écrasante majorité des sites Internet se financent depuis leur création en commercialisant des bannières. Or les internautes doivent visiter le site qui les héberge pour les voir. C’est pourquoi l’intégration des contenus sur les réseaux sociaux constitue une telle menace pour eux. (…)

BuzzFeed a pris conscience que ses publicités natives n’ont pas besoin d’être vues sur son propre site pour être efficaces. Il leur suffit d’être vues. Dans ce sens, l’accès aux audiences des réseaux sociaux représente un gain net pour lui et non un danger comme pour les autres médias. Ces derniers vont devoir tôt ou tard évoluer dans le même sens que BuzzFeed.

La stratégie de ce dernier confirme l’un des credo que je proclame depuis la création de Superception : dans le nouveau paysage médiatique créé par la révolution numérique, les contenus font plus que jamais la différence car il n’y a plus ni publics ni canaux de diffusion captifs“.

Ezra Klein, qui ne fait aucune référence à la publicité native dans son éditorial, est donc l’un des premiers représentants d’un média à prendre la suite de Peretti. Mais l’évolution qu’il présente ne sera pas aussi simple qu’il l’affirme.

En effet, c’est parce que BuzzFeed est l’un des pionniers de la publicité native (le site n’a jamais vendu de bannières aux annonceurs) qu’il peut tirer parti de l’audience plus large et diversifiée que lui procurent les réseaux sociaux tout en monétisant sa production éditoriale. Ce ne sera pas le cas des médias qui, eux, fondent encore leur modèle publicitaire sur les bannières.

2 commentaires sur “Les médias d’information vont-ils tous devenir des agences de presse ?”

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Bonjour,

En effet, Ezra Klein aborde le modèle opérationnel des agences de presse sous l’angle de la diffusion de leurs contenus et non de la monétisation de ceux-ci parce que leur modèle de rémunération n’est pas reproductible pour une écrasante majorité de médias.

Bien à vous.

Xophe

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