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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

La narration d’une histoire permet de surpasser les préjugés politiques

Une leçon aussi importante pour les journalistes que pour les communicants politiques.

The Columbia Journalism Review et The George T. Delacorte Center for Magazine Journalism ont réalisé une expérimentation outre-Atlantique avec l’aide d’une psychologue spécialisée en cognition.

Ils proposèrent à des volontaires représentatifs de l’électorat américain de lire un long article (6 000 mots) mis en ligne sur deux sites d’information fictifs, l’un d’obédience républicaine (The Patriot) et l’autre de conviction démocrate (The American Progressive). Les participants durent lire le reportage sur l’un des deux sites choisi en fonction de leur opinion politique.

L’article, publié originellement dans The California Sunday Magazine, lui, n’était pas fictif et n’avait pas été rédigé spécialement pour cette étude. Il a trait au maladroit complot ourdi par deux marginaux pour kidnapper et tuer un policier de Las Vegas afin d’affirmer un message politique anti-gouvernemental. Son enjeu, pour le lecteur, est de déterminer si la police, en les arrêtant, mit un terme à une menace extrémiste ou piégea deux hères sans réel danger.

L’objectif des chercheurs était d’analyser l’influence de la source médiatique sur la perception par les participants du reportage, lequel est porteur d’une certaine charge politique. Or il s’avéra que les lecteurs des deux partis accordèrent la même crédibilité à l’article et à son auteur quel que soit le site sur lequel il avait été publié.

La présentation de l'article sur l'un des deux sites web fictifs créés pour l'étude - (CC) The Columbia Journalism Review

La présentation de l’article sur l’un des deux sites web fictifs créés pour l’étude – (CC) The Columbia Journalism Review

La principale explication de ce phénomène est passionnante : elle tient à la nature et à la longueur de l’article en jeu. Les longues histoires sont beaucoup plus persuasives que toutes les autres formes de contenu. Elles suscitent en effet une forte empathie chez le lecteur, parfois malgré lui, pour le(s) personnage(s) dont elles racontent l’expérience. Le lecteur est transporté dans l’univers que l’histoire lui conte et est absorbé dans une réalité alternative qui est plus prégnante, durant sa lecture, que sa propre existence.

Des histoires captivantes centrées sur un ou plusieurs personnages neutralisent ainsi notre tendance naturelle à remettre en cause une information qui va à l’encontre de nos convictions. Elles ont donc un impact très différents d’articles centrés sur des faits et/ou données chiffrées. Dans les histoires, comme je l’ai déjà souligné sur Superception, l’émotion prime sur la raison. C’est pourquoi elles constituent “un antidote à la polarisation politique”.

Naturellement, il y a une limite à ce phénomène : si une histoire est trop ouvertement politique, elle nous fera réagir prioritairement en fonction de nos émotions idéologiques. Pour être efficace, la dimension persuasive d’une histoire ne doit pas l’emporter sur sa vocation narrative.

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