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Toute vérité n'est que perception

Obama invente le prompteur photos

Le photographe officiel du Président américain est à son image ce que son prompteur est à ses paroles.

Longtemps héros d’une grande partie de la presse, le Président américain est aujourd’hui de plus en plus vu comme un censeur. Cette perception est nourrie par les poursuites judiciaires sans relâche dont son Administration a accablé plusieurs reporters (lire ici), les révélations sur l’espionnage des citoyens conduit à grande échelle par la National Security Agency et les entraves qui s’accumulent pour les journalistes de la Maison-Blanche.

En effet, Barack Obama s’expose beaucoup moins que ses prédécesseurs aux questions des journalistes politiques (lire ici) mais aime à échanger en “off” avec de grands éditorialistes qu’il invite dans le Bureau ovale et à s’exprimer dans des médias généralement réservés aux stars d’Hollywood (lire ici). Il accrédite ainsi l’idée qu’il refuse de rendre des comptes aux “médias-teurs” du peuple qui l’a élu. Ce n’est que forcé par une crise qu’il accorde une série d’interviews, généralement télévisées et millimétrées (quelques minutes par grande chaîne qui comportent très peu de risques d’une réelle mise en danger), pour se sortir de l’ornière.

Le Président, l’un des plus admirés pour ses talents de communicant avant son accession à la Maison-Blanche, donne aujourd’hui l’impression d’avoir besoin, dans ses échanges avec les journalistes, du célèbre prompteur qui ne le quitte pas lors de ses discours. Il proscrit toute improvisation, voulant raconter sa chanson de geste sans la moindre contrainte.

Il a d’ailleurs fini par appliquer cette approche à… ses gestes. C’est ainsi qu’il est en train d’inventer le concept de prompteur pour photos. Ses images sont aussi chorégraphiées que la moindre de ses allocutions est composée. Dans les deux cas, le Président chasse le naturel en espérant que ses électeurs reviendront au galop.

Barack Obama et Joe Biden photographiés dans le Bureau ovale par Pete Souza - (CC) United States Government Work

Barack Obama et Joe Biden photographiés dans le Bureau ovale par Pete Souza – (CC) United States Government Work

Ce prompteur photos s’appelle Pete Souza, le photographe officiel de Barack Obama. Il chronique l’activité du Président américain, qu’il est le seul à pouvoir suivre, et met en ligne ses clichés sur le site Internet de la Maison-Blanche comme sur les principaux réseaux sociaux.

La combinaison d’un accès exclusif au Président et d’un accès illimité aux internautes a une conséquence explosive : elle est en train de tuer le photojournalisme présidentiel. Les médias sont obligés d’utiliser les clichés de Pete Souza, lesquels sont naturellement approuvés par l’équipe de communication du Président. La Présidence Obama est devenue un roman-photo.

Cette pratique est à l’origine d’une nouvelle polémique sur la relation entre Barack Obama et les médias américains qui fait suite à celle déclenchée il y a moins d’un an par un événement relativement anodin (lire ici). Cette fois, les représentants de la presse présidentielle ont écrit à Jay Carney, le responsable des relations presse du Président, pour lui reprocher de “remplacer le journalisme indépendant par des communiqués de presse visuels” dans le cadre d’une “restriction arbitraire“.

Naturellement, une telle approche est légitime dans le cas de photos – telles que celle montrant Obama et son équipe en train de suivre l’intervention contre la résidence d’Oussama Ben Laden en 2011 – qui ne pourraient être prises par un autre photographe que celui de la Maison-Blanche.

Mais, dans tous les autres cas, elle illustre le fait que la relation d’Obama aux médias n’est cohérente ni avec la promesse faite à ce sujet lors de son élection (“je dirigerai l’Administration la plus transparente de l’Histoire“) ni avec une époque dans laquelle la transparence et l’accès direct aux acteurs de l’actualité sont devenus la norme sur les réseaux sociaux.

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