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Toute vérité n'est que perception

Le pleurnicheur, l’étudiante et le sous-vêtement (acte II)

Le représentant démocrate de l’Etat de New York Anthony Weiner a donné une conférence de presse la nuit dernière. L’histoire dont je vous entretenais il y a quelques jours s’est révélée à cette occasion encore plus abracadabrantesque qu’elle ne l’était déjà.
Durant cette conférence, Weiner changea complètement de positionnement, avouant des communications sur Internet avec six jeunes femmes et l’envoi de photos de son anatomie à ses correspondantes : “Vendredi soir dernier, j’ai tweeté une photo de moi que je voulais envoyer dans un message privé pour faire une blague à une habitante de Seattle. Lorsque j’ai réalisé que j’avais posté cette photo sur Twitter, j’ai paniqué, je l’ai supprimée de mon compte et j’ai dit que j’avais été piraté. J’ai ensuite maintenu cette version, ce qui fut une erreur que je regrette énormément.” Weiner affirma aussi n’avoir eu aucune relation physique en dehors de son mariage – c’est donc apparemment un scandale sexuel sans sexe. Ne considérant avoir enfreint aucune loi ni aucune règle de la Chambre des Représentants, il se déclara résolu à ne pas démissionner – “c’est à mes concitoyens de décider de mon avenir”. Interrogé sur l’âge de ses contacts féminins, il avoua qu’il devait se fier à ce qu’elles disaient d’elles-mêmes sur les réseaux sociaux pour garantir qu’elles n’étaient pas mineures. Il souligna qu’il n’avait jamais eu l’intention d’échanger sur Internet avec des mineures. Voilà pour le contenu de sa conférence de presse.

Anthony Weiner lors de sa conférence de presse du 6 juin 2011

Sur la forme, cette conférence fut étonnante : après un propos liminaire de trois minutes, Weiner décida en effet de répondre aux questions des journalistes pendant près d’une demi-heure, retenant souvent ses larmes et continuant de fouler aux pieds les règles les plus élémentaires de la communication de crise. Voici en effet un responsable politique qui ambitionnait publiquement les plus hautes fonctions (Maire de New York) et qui a menti aux journalistes (et à ses concitoyens) pendant plusieurs jours. Dans ce contexte, il était évident que la séance de Q&A n’allait pas être cordiale. Weiner finit d’ailleurs par quitter la salle alors qu’un participant lui demandait : “Etiez-vous en pleine érection sur la photo ou pouvez-vous faire mieux ?” (sic)

Un minimum de bon sens aurait dû dicter à Weiner de faire une déclaration publique puis de ne pas prendre de questions à l’instar de ce que firent les responsables politiques qui eurent à affronter une situation comparable dans le passé. On peut néanmoins percevoir une forme de courage et de dignité dans le choix de Weiner de se soumettre jusqu’au bout aux conséquences de ses actes, lesdits actes n’étant d’ailleurs pas les plus graves qui aient été reprochés à des hommes politiques dans l’histoire américaine. Ainsi, l’affaire Weiner est-elle probablement l’exemple le plus extrême du fait que le camouflage est pire, ainsi que je l’écrivais il y a quelques jours, que la faute elle-même.

A cet égard, on ne peut qu’être confondu devant la stratégie employée par Anthony Weiner : une révélation complète de ses fautes dès le début de l’affaire aurait à coup sûr empêché qu’elle ne prenne une telle ampleur. Aujourd’hui, la chasse à l’homme médiatique et politique est ouverte (enquête exigée au sein de la Chambre des Représentants pour savoir s’il a utilisé des moyens publics dans ses égarements en ligne, investigations médiatiques pour vérifier ses dires…). Rien ne garantit donc à Weiner que cette affaire soit terminée malgré ses aveux et excuses, première étape vers une rédemption si chère aux Américains. En premier lieu, les vidéos des mensonges de Weiner dans plusieurs émissions de télévision ces derniers jours vont hanter sa réputation pour longtemps. En outre, d’autres photos et échanges d’emails tout aussi (ou plus) gênants ou des révélations sur l’âge réel de ses correspondantes pourraient émerger. S’il peut rester en poste, Weiner risque donc de mettre longtemps à s’en remettre et il est fort probable qu’il doive affronter un challenger dans une primaire l’année prochaine pour le renouvellement de son mandat – pourtant déjà le septième consécutif – de représentant de l’Etat de New York à la Chambre des Représentants.

In fine, le plus étonnant dans cette affaire est son origine : une erreur vénielle de la part de Weiner dans l’utilisation de Twitter – au lieu d’envoyer un message privé à une personne (Direct Message), il envoya une réponse publique (@XXXX). Sans ce dysfonctionnement, il est possible que les relations épistolaires virtuelles de Weiner aient perduré beaucoup plus longtemps avant d’être exposées au grand jour. C’est évidemment l’erreur d’utilisation de Twitter la plus médiatique de la jeune histoire du média social.

Le paradoxe, pour Weiner et Twitter, est que la mésaventure du premier pourrait constituer la meilleure publicité (involontaire) pour le nouveau service de partage de photo (pics.twitter.com) lancé par le second la semaine dernière !

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