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Toute vérité n'est que perception

Comment être magique… chaque jour

Dans l’avant-propos de Disney War, qui retrace la guerre au sommet de l’entreprise entre Michael Eisner et Roy Disney en 2003-2004, James B. Stewart raconte la journée au cours de laquelle il incarna Dingo à Disney World. Probablement la meilleure manière de comprendre ce qu’est vraiment la “magie Disney”.

Au début de son enquête au sein de l’entreprise, l’équipe Disney proposa à James Stewart une immersion au sein de l’univers de la marque en lui faisant jouer le rôle du meilleur ami de Mickey. Ce que Stewart nous raconte dans son livre à propos de cette expérience est étonnant.

Dingo – (CC) Keiichi Inoue

Alors qu’il s’attendait à simplement enfiler son costume et aller jouer son rôle, il fut longuement coaché par une spécialiste de la personnification des héros de Disney avant d’être introduit dans le parc d’Orlando en Floride. Elle lui apprit à incarner Dingo et même à réaliser parfaitement l’autographe du héros maladroit – sa signature doit être la même dans tous les parcs pour accréditer l’unicité du personnage. Les employés de Disney qui incarnent les héros des dessins animés dans les parcs doivent donc être fidèles, au moindre détail près, à leur personnage fictif. Aux yeux des enfants qu’ils vont rencontrer dans le parc, les héros qu’ils incarnent sont, selon les mots de la coach de James Stewart, “de plus grandes stars que toutes celles que vous connaissez dans notre monde d’adultes”.

Cette mise en scène découle de la vision de Walt Disney pour des parcs véhiculant une image idéalisée de l’Amérique : tout y est plus beau, plus propre, plus sûr et plus drôle que dans la vie réelle. Le génie de Walt fut aussi de réaliser que ce ne sont pas seulement les enfants qui veulent s’échapper du monde réel et que les adultes seraient aussi désireux de croire à cette illusion l’espace d’une journée. Or, comme pour tout illusion, le moindre détail peut rompre le charme et ramener les visiteurs sur terre. C’est pourquoi tout est millimétré dans les parcs Disney… jusqu’à la signature des héros à quatre pattes. C’est ainsi que Disney a su créer une perception universelle et est devenu synonyme, dans la culture mondiale, d’univers magique.

Mais la magie Disney ne fonctionne pas à sens unique : Stewart raconte qu’il avait les larmes aux yeux lorsque, jouant le rôle de Dingo, il voyait des enfants timides et apeurés s’approcher de lui et leur visage s’illuminer soudainement lorsque son Dingo leur accordait un moment d’attention. Ce sont ces moments, explique-t-il dans le livre, qui font que la magie Disney fonctionne également pour les employés de l’entreprise.

Créer ainsi une perception aussi forte et aussi cohérente à travers le monde constitue un exemple d’une culture corporate ayant irrigué aussi bien l’intérieur que l’extérieur de l’entreprise. Les luttes intestines à sa tête eurent malheureusement raison d’une partie de cette magie qui est aujourd’hui portée par les créations de Pixar, un studio dont Disney échoua à voir le potentiel avant de le racheter pour une fortune.

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