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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Les journalistes, des hamsters ?

C’est ce qu’affirme l’autorité américaine de régulation des communications, la Federal Communications Commission (FCC), dans un rapport paru il y a quelques jours.

“Alors que les effectifs des rédactions diminuent, le travail des journalistes évolue. Ils doivent généralement faire face à des échéances roulantes pour mettre des articles en ligne sur le site Internet de leur journal avant et après avoir rédigé leurs articles pour son édition papier”.

(CC) cdrussorusso

L’aspect positif de cette évolution est que les journalistes ont désormais la possibilité de produire des versions courte et longue de leurs articles et d’actualiser la version mise en ligne sur le web en fonction des derniers développements de l’actualité. Mais ces nouvelles responsabilités et la nécessaire maîtrise des nouvelles technologies qu’elle requiert sont chronophages. En outre, certains journalistes, note le rapport, remplacent le reportage à l’ancienne par la recherche sur Internet.

C’est pourquoi la FCC considère que ce roulement des échéances finit par faire ressembler le journalisme à la proverbiale roue dans laquelle les hamsters passent une partie de leur temps. Ce qui compte, en effet, dans la roue des hamsters n’est pas la vitesse mais le mouvement permanent, l’action sans réflexion. Appliqué au journalisme, cela se traduit par la panique de l’actualité, le manque de discipline et l’incapacité à dire “non”. Les journalistes se plaignent ainsi dans le rapport d’être désormais récompensés en fonction de la rapidité avec laquelle leurs articles peuvent générer du trafic sur le web et non plus de la profondeur de leur reportage.

Le paradoxe de ce rapport est que la FCC n’a aucun moyen de changer réellement le cours de l’évolution qu’elle déplore. Elle n’a en effet autorité que sur les chaînes de radio et télévision détenues par les journaux américains, pas sur leurs activités de presse écrite. Elle ne pourrait donc intervenir que pour limiter l’impact sur les rédactions des fusions entre médias audiovisuels et médias écrits.

Pour ma part, je ne suis pas totalement convaincu que la FCC ne confonde pas le mal et le symptôme. Le mal est l’incapacité partielle de la presse écrite à s’adapter au nouveau contexte économique, industriel et éthique créé par Internet. Le symptôme réside dans les mesures malthusiennes – dont certains peuvent générer l'”hamstérisation” relevée par la FCC – que prennent les groupes de presse écrite pour guérir le mal qui les affecte. Le rapport de la FCC ne me semble donc pas assez approfondir l’aspect le plus important du sujet qu’il traite.

La FCC serait-elle, elle aussi, “hamstérisée” ?

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