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Toute vérité n'est que perception

DSK : on purge la série B

On est loin du vaudeville à la Feydeau dans le dossier du Sofitel de Manhattan mais l’enjeu de l’interview de DSK ce soir sur TF1 est bien de commencer à purger cette affaire.

Dominique Strauss-Kahn a donc choisi le journal de 20 heures de Claire Chazal pour évoquer l’affaire du Sofitel – et peut-être plus si affinités, j’y reviendrai. Son objectif est de commencer à purger l’effet produit par cette histoire dans la perception que les Français ont de lui.

Pour qu’il y ait purge, il faut qu’il y ait catharsis. Pour qu’il y ait catharsis, il faut qu’il y ait interrogation ontologique et pas seulement superficielle. Car, au-delà de ce qui s’est réellement passé dans la suite 2806 – qu’on ne saura d’ailleurs jamais – et des excuses que DSK va ou non présenter aux socialistes et aux Français en général ce soir, je pense que ce qui intéresse vraiment lesdits Français est de comprendre pourquoi un homme aussi brillant et promis selon les sondages à un avenir aussi éminent a eu une relation sexuelle au cours d’une rencontre de sept minutes avec une jeune femme.

Pour qu’il y ait interrogation ontologique, il faut qu’il y ait questionnement perçant – pas seulement sur l’affaire de New York, incidemment, mais aussi sur la relation de DSK avec les femmes, sur les accusations de Tristane Banon, sur les propos d’Aurélie Filipetti… Or Claire Chazal est une intervieweuse qu’on peut qualifier – sans lui faire injure – de bienveillante.

(CC) Francois Planche

(CC) Francois Planche

DSK a eu raison, symboliquement, de choisir une intervieweuse et il est tout à fait compréhensible qu’il n’ait pas sélectionné la plus acide. Il joue une partie très importante ce soir et il est logique qu’il se donne toutes les chances de passer cette étape de sa rédemption avec succès. Mais, s’il n’est pas vraiment interrogé, si les Français ont l’impression que Claire Chazal ne se fait pas leur interprète (ce qui est son rôle premier lorsqu’elle interviewe ses invités) et que DSK bénéficie d’un traitement privilégié (ce qui serait pire que tout en termes de perception étant donné ce qui a déjà été révélé sur lui à l’occasion de cette affaire), son passage sur TF1 sera un coup pour rien, voire une initiative contre-productive. Et c’est d’autant plus vrai que cette interview – sa première depuis son arrestation – sera scrutée et commentée comme aucune autre. Il lui sera par la suite quasiment impossible de corriger la première impression qu’il va donner ce soir au sujet de cette affaire.

Claire Chazal devra donc forcer sa nature pour que DSK puisse révéler la sienne. C’est, paradoxalement, le meilleur service qu’elle pourra lui rendre.

Même si les questions sont pertinentes, il reviendra alors à DSK d’accomplir la part décisive de l’interview : adopter la bonne attitude et trouver les moyens de se faire comprendre. Il devra pour ce faire adopter la conduite (sans jeu de mots) inverse de celle pour laquelle Carols Ghosn avait opté il y a quelques mois lors de la vraie-fausse affaire d’espionnage au sein de Renault. Il avait alors choisi de s’expliquer face à Laurence Ferrari – probablement une attirance irrésistible pour son patronyme – qui est un peu plus incisive que Claire Chazal. Mais, si Ghosn avait exprimé ses regrets, son attitude autoritaire et son langage corporel avaient anéanti l’effet de ses paroles. La perception était alors que ses propos n’étaient pas sincères.

Comme le dit Jacques Séguéla, la télévision s’écoute avec les yeux. L’attitude compte donc plus que les mots. Sur un sujet aussi sensible qu’une accusation de viol, les émotions montrées par DSK ce soir feront donc la différence.

DSK doit aborder son interview avec Claire Chazal non pas comme un rendez-vous politique mais comme un entretien intime. Le plus grand risque qu’il court en effet n’est pas d’être trahi par ses émotions mais d’être trahi par son absence d’émotions.

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